Bruxelles reprend à zéro le chantier des stress tests
Les ministres européens des Finances ont beau essayer de séparer le problème du risque souverain de l’assainissement du secteur bancaire, les faits sont têtus et les ramènent une fois de plus à l’imbrication entre crise financière et crise de l’euro. La série de tests de résistance des banques, qui doit avoir lieu au premier semestre pour publication à l’été en fournit un nouvel exemple. L’appréciation du risque souverain sera une des clés de la discussion sur la «méthodologie» à adopter.
L’an dernier, les autorités de supervision avaient décidé de ne pas appliquer de décote sur les titres détenus dans le «banking book». Mais les problèmes de solvabilité en zone euro, associés à la décision de faire participer prioritairement les investisseurs privés à toute restructuration de dette souveraine en zone euro, pourraient justifier un changement de doctrine. «Faut-il encore ne prendre en compte que le risque situé dans le portefeuille de négociation?», s’est interrogé hier le Commissaire au marché intérieur à l’issue d’un Conseil des ministres des Finances largement consacré à cette question.
Michel Barnier a également souhaité hier que les prochains tests soient «plus rigoureux et plus crédibles encore» que ceux de 2010. Les résultats irlandais, en particulier (Bank of Ireland avait réussi son test) avaient été démentis par les faits. La nouvelle Autorité bancaire européenne (ABE) devrait pallier le manque de surveillance des superviseurs qui a prévalu jusqu’à présent. Mais aura-t-elle la capacité à s’imposer face à des autorités nationales plus chevronnées ?
Autre sujet délicat: les tests de liquidité. Leur principe semble acquis, mais pas la publicité qui en sera faite. «Il y a des arguments pour et des arguments contre», a commenté le ministre allemand Wolfgang Schäuble. En dépit du suivi que sont censés faire les superviseurs nationaux, la liquidité du marché interbancaire reste de facto assurée depuis 2008 par la BCE.
Enfin, comment se feront les éventuelles recapitalisations? «Quand les résultats seront publiés, il reviendra aux superviseurs d’apporter des réponses crédibles et sérieuses de réorganisation et de restructuration», a dit hier Michel Barnier.
Les négociations s’annoncent extraordinairement complexes et politiques. Pas moins de quatre institutions sont impliquées: l’ABE, la Commission, la BCE et les administrations du Trésor, via le Comité économique et financier.
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