BNP Paribas s’apprête à reprendre ses émissions de CoCos
Les banques européennes sont à la manœuvre sur le marché des obligations contingentes convertibles (CoCos). Après plusieurs semaines de fermeture, liées à l’aversion pour le risque provoquée par la crise grecque, le compartiment enregistre depuis quinze jours un fort regain d’activité. Selon des sources internes citées par Bloomberg, BNP Paribas s’apprêterait en effet à emboîter le pas à RBS, Barclays et UBS en émettant des titres «additional tier 1» (AT1).
La banque française devrait lancer son opération à la suite d’une réunion avec les investisseurs, qui se tient ce mardi. A l’instar de ses consœurs, qui ont placé 6,25 milliards de dollars d’AT1 ces deux dernières semaines, BNP Paribas émettra des titres libellés en devise américaine, une première pour la banque. Les obligations présenteront, tout comme la souche inaugurale en euros placée en juin dernier, une structure permettant une dépréciation partielle et temporaire si le ratio de solvabilité CET1 du groupe descend sous 5,125%.
En février, à l’occasion de la présentation de ses résultats annuels, BNP Paribas avait dans un premier temps indiqué vouloir reprendre ses émissions d’AT1 à hauteur de 500 millions d’euros par an en moyenne en 2015 et 2016, et qu’elle placerait en outre 2 à 3 milliards de dette tier 2. Une guidance finalement ajustée, lors du road-show de présentation de sa souche AT1 de 750 millions d’euros, à une fourchette annuelle d’émission de 1 à 2 milliards d’euros d’ici 2019.
«Compte tenu des 645 milliards d’euros (633 milliards à fin juin, ndlr) d’actifs pondérés du risque (RWA), des émissions de 6 milliards d’euros ou plus d’AT1 d’ici la fin 2018 ont du sens pour atteindre le quota de 1,5% des RWA», notait CreditSights début juin. Outre un ratio CET1 minimum, complété par différents coussins spécifiques composés de fonds propres durs, les banques doivent en effet disposer selon Bâle III de deux couches de capital supplémentaires formées de titres AT1 et Tier 2.
Au-delà des contraintes baloises se profile également la nouvelle réglementation du TLAC (Total Loss Absorbing Capacity), qui forcera les grands établissements financiers à détenir entre 16% et 20% des RWA en instruments de capital ou de dette «bail-inable». Le Conseil de stabilité financière publiera en novembre la version définitive du TLAC, qui doit s’appliquer au plus tôt à partir de 2019 aux banques systémiques.
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