BNP Paribas restructure sa présence dans les Antilles
François Hollande sera attendu de pied ferme le 10 mai en Guadeloupe par certains salariés de BNP Paribas. Le syndicat FO de la filiale locale vient d’écrire au président français, qui doit inaugurer le Memorial Acte sur la traite et l’esclavage, pour l’alerter sur les projets de la banque. Le groupe a en effet décidé il y a plusieurs mois de fusionner ses filiales en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane sous la bannière BNP Paribas Antilles-Guyane, avec à la clé des suppressions de postes et des fermetures d’agences.
La nouvelle entité, banque de plein exercice, aura son siège à la Martinique.
Selon le pointage des syndicats, les regroupements de moyens devraient donner lieu à 149 suppressions de postes, dont environ 60 en Guadeloupe et 22 en Guyane. Une partie des fonctions serait désormais assurée à partir de la métropole. Les départs devraient s’étaler sur trois ans, à travers un plan de départs volontaires qui prévoit une vingtaine de mises à la retraite. En parallèle, 21 postes seraient créés dans l’activité de banque privée. Le projet prévoirait également la fermeture de 6 agences.
«BNP Paribas maintient son activité dans ces départements. La réorganisation se fera dans le respect du pacte social du groupe, qui ne prévoit pas de départs contraints», indiquait-on hier au siège de la banque à Paris. Dans les DOM-TOM, le groupe conservera une filiale séparée à la Réunion.
A l’échelle locale, les coupes envisagées sont relativement lourdes. La banque compte 34 agences dans les trois départements, et y emploie un peu plus de 500 personnes, pour un total de bilan de 1,7 milliard d’euros environ, selon les comptes sociaux déposés au Balo. L’état dégradé du marché du travail dans les DOM-TOM peut expliquer que le plan de départs soit étalé sur trois ans. Dans le secteur bancaire, LCL et la Société Générale ont aussi annoncé sur place des réorganisations qui se traduiront par des suppressions de postes se comptant plutôt en dizaines.
BNP Paribas cherche ainsi à baisser sa structure de coûts. Les filiales sont profitables, avec 1,7 million de résultat net cumulé pour la Martinique et la Guadeloupe en 2013, selon les derniers comptes publiés, mais la charge du risque y est notoirement plus élevée qu’en France métropolitaine. Le poids des crédits à la consommation dans l’activité, et le secteur des professionnels, expliquent ce décalage.
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