BNP Paribas mise sur la croissance interne en Allemagne
S’agit-il d’un contre-feu, pour mettre définitivement fin aux rumeurs concernant un rapprochement entre BNP Paribas et Commerzbank ? Cela y ressemble, en tous cas. Ce mardi, le président de BNP Paribas Allemagne, Lutz Diederichs, a organisé un briefing avec la presse pour préciser la stratégie germanique du groupe bancaire. «La progression de l’activité sera basée seulement sur une croissance organique» a-t-il déclaré. Bien sûr, Lutz Diederichs dit «ne pas pouvoir exclure un rachat au cours des dix prochaines années», mais «aucune acquisition en Allemagne n’est programmée pour l’instant». Une prise de position en ligne avec celle du gouvernement allemand, qui, souhaitant démentir des articles de presse lui prêtant l’intention de vendre à BNP Paribas sa participation de 15,6% dans Commerzbank, a déclaré ne pas vouloir brader celle-ci. Autrement dit, aucune cession n’aura lieu tant que la banque ne sera pas définitivement redressée, ce qui n’est pas encore le cas.
Investir sur la gestion de fortune
La croissance de BNP Paribas en Allemagne sera donc interne. Les objectifs n’en sont pas moins ambitieux. Dans le cadre du plan stratégique à échéance 2020, les revenus de BNP Paribas en Allemagne devraient atteindre 2 milliards d’euros à cette échéance, a indiqué Lutz Diederichs, contre 1,5 milliard en 2016. Cela correspond à une progression annuelle moyenne de 8%. Le plan 2020 ne prévoit pas de telles progressions dans les autres pays européens. Elle serait basée en Allemagne sur une forte croissance de l’activité notamment dans la gestion de fortune. «Nous voulons investir fortement dans la gestion de fortune, et nous tourner vers les clients à haut niveau et très haut niveau de richesse», a indiqué le patron de BNP Paribas Allemagne. Mais pas question de multiplier le nombre d’agences : «nous n’en ouvrirons pas», a-t-il déclaré.
Le groupe bancaire ne part pas de rien. «Sur les cinq dernières années, BNP Paribas a essayé d’accroître son exposition à l’Allemagne via sa banque digitale Hello Bank et a activement travaillé pour accéder au marché des PME allemandes», relève ainsi le courtier Jefferies. Mais les objectifs fixés ne seront pas atteints facilement. «Le marché bancaire allemand demeure un environnement difficile et est sujet à l’une des pressions concurrentielles les plus féroces», souligne Natixis.
Plus d'articles du même thème
-
Malgré un bond de ses profits, HSBC déçoit sur sa croissance
La flambée du résultat net de la banque britannique au troisième trimestre ne suffit pas à convaincre des investisseurs déçus par la performance dans la gestion de fortune. -
L’IA générative s’interpose de plus en plus entre la banque et ses clients
L’IA générative devient partie intégrante des prises de décisions des clients bancaires et les usages évoluent vite, bousculant les modèles d’affaires des banques de réseaux généralistes. Si elles n’intègrent pas rapidement des agents IA dans leurs parcours, ces derniers pourraient devenir de nouveaux concurrents. -
A son tour, Barclays annonce des suppressions d’emplois sous couvert d’IA
La banque britannique, pénalisée par le trading obligataire, publie des résultats trimestriels en demi-teinte. Elle annonce un nouveau programme de rachat d’actions à hauteur de 500 millions de livres sterling.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
Contenu de nos partenaires
-
Quatre élèves sur dix victimes de violences sexuelles en CE2 : le rapport alarmant de l'Education nationale
Publiée par le service stastistique de l'Education nationale, cette étude inédite donne une idée de l'ampleur des violences subies par les enfants au sein même des établissements scolaires français -
La Fabrique de l'OpinionPour mieux gouverner, il faut placer l’économie au centre de l’action publique
« Le décalage entre efforts et résultats, c’est bien ceci que pointent les Français quand ils se plaignent simultanément d’un excès de prélèvements et d’un manque de services publics : un double déficit d’efficacité et d’efficience » -
Outre-Manche, une autre idée du luxe
Le maroquinier DeMellier qui affole les adeptes du quiet luxury ouvre sa première boutique à Londres. Une étape cruciale pour cette Maison britannique qui a fait de ses sacs, de leur fabrication européenne et d’un engagement solidaire durable, les piliers d’une réussite internationale.