Allied Irish Bank taille drastiquement dans ses effectifs
Face à des pertes devenues abyssales, Allied Irish Bank (AIB) poursuit son plan d’austérité. La banque irlandaise, détenue à hauteur de 93% par le gouvernement, a annoncé mardi prévoir 2.000 suppressions de postes. Alors que la banque compte 13.750 employés en Irlande et 1.250 en Grande-Bretagne, cette coupe drastique représente 13,3% des effectifs.
La fusion avec la société de crédit immobilier EBS, prévue dans le cadre de la réorganisation du secteur orchestrée par l’Irlande et annoncée le 1er avril dernier, n’entraînera pas de nouvelles coupes dans les effectifs, a toutefois précisé Bernard Byrne, directeur financier d’AIB. La marque EBS devrait parallèlement être conservée, a ajouté David Hodgkinson, son président.
Cette restructuration intervient après l’annonce d’une perte nette de 10,2 milliards d’euros au titre de l’exercice 2010, contre une perte de 2,3 milliards d’euros un an plus tôt. Le trou se révèle supérieur aux attentes des analystes, qui misaient sur 8,6 milliards d’euros selon un consensus Bloomberg. Alors que la crise financière a engendré des retraits massifs des actifs gérés depuis Dublin, les dépôts du groupe ont chuté de 30% l’an passé, à 52 milliards d’euros. AIB a vu ses actifs reculer de 174 à 145 milliards d’euros.
AIB doit également faire face à l’effondrement du marché immobilier, où les prix ont notamment chuté de quelque 60% dans le domaine commercial depuis 2007. Le groupe, qui a perdu 7 milliards d’euros de prêts dans le cadre du transfert à la National Asset Management Agency, la structure de défaisance nationale, a par ailleurs dû enregistrer des charges pour dépréciations à hauteur de 6 milliards d’euros, représentant en moyenne 5,2% des prêts clients. Selon AIB, un peu moins de 34% de ses prêts aux particuliers en République d’Irlande se révèlent soit sous surveillance, soit dépréciés.
La banque irlandaise a dans ce contexte vu son ratio tier one se dégrader de 7,2% à 4,3% à fin 2010, le ratio core tier one étant passé de 7,9 à 4%. Alors que l’Etat irlandais avait injecté 3,7 milliards d’euros dans AIB en fin d’année dernière, le résultat des stress tests du secteur, annoncé fin mars et intégrant un matelas de précaution, a fait apparaître un besoin de capitalisation de 13,3 milliards d’euros pour la banque irlandaise.
Plus d'articles du même thème
-
La stratégie de TotalEnergies paie à tous les étages
Le pétrolier a confirmé ses objectifs à l'horizon 2030 et donné de la visibilité au-delà. Il annonce aussi une hausse de son dividende de 5% par an sans renoncer à ses ambitions dans l’électricité. -
Les paris sont lancés sur le futur directoire de la BCE
Les deux tiers des postes seront renouvelés d’ici à fin octobre 2027. Les tractations vont probablement s’accélérer en vue d’accords précédant l'élection présidentielle françaises. Pas sûr qu’elles aboutissent cependant avant le départ effectif d’Isabel Schnabel le 3 janvier prochain. -
La ruée vers le Luxembourg grippe les ouvertures de contrats d’assurance-vie
Suscitant un attrait croissant auprès des épargnants français, l’assurance-vie luxembourgeoise voit affluer les souscriptions. Mais les assureurs peinent à suivre le rythme, entraînant un allongement des délais d’ouverture des produits d'épargne.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
- Le nouveau cadre SFDR se précise mais des désaccords demeurent chez les professionnels
- Le Crédit Agricole lance avec Amundi son offensive dans le capital naturel
- La France recule au 29ᵉ rang mondial du classement retraite de Natixis IM
- L’Europe lance un Pacte des investisseurs institutionnels européens pour la tech européenne
- Les assureurs ont orienté leurs achats vers la dette longue en 2025
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : Andy Burnham au défi de reconquérir sa base
Les militants du Labour veulent donner sa chance au Premier ministre, dont les débuts à Downing Street sont appréciés. Mais il va devoir présenter rapidement des résultats concrets pour convaincre -
Guerre des nerfsAu procès de Rachida Dati, une défense au bazooka face à de lourdes réquisitions
Les avocats de l'ancienne ministre accusée de corruption dans l'affaire Renault-Nissan ont tenté d'affaiblir la démonstration du PNF sur du lobbying supposé à Bruxelles -
Machine arrièreChoc fiscal : 37 milliards déjà, et ce n'est pas fini...
Selon le nouveau bilan des prélèvements obligatoires dressé par l'Institut Rexecode, les hausses d'impôts enregistrées depuis la dissolution ont déjà annulé la moitié des baisses menées depuis 2014. Sans parvenir à faire diminuer le déficit public pour autant