Julius Baer chute en Bourse après une nouvelle provision de 130 millions d’euros
Julius Baer n’a pas fini de décevoir les investisseurs. Cotée à Zurich, la banque suisse vient de publier des résultats en demi-teinte pour les quatre premiers mois de l’année, qui devraient conduire à une performance au premier semestre inférieure à celle de 2024. La réaction des marchés ne s’est pas fait attendre. Le titre a plongé de 4,85% en Bourse pour clôturer à 54,56 francs suisses.
Sur la période, la collecte nette est néanmoins positive, à 4,2 milliards de francs suisses. Les principaux pourvoyeurs sont localisés en Asie (Hong Kong et Singapour) et en Europe occidentale (le Royaume-Uni et l’Allemagne). Cette collecte est venue contrebalancer l’effet négatif lié au taux de change entre le franc suisse et le dollar. Cependant, les actifs sous gestion ont baissé de 6%, à 467 milliards de francs suisses, par rapport à la fin de l’année 2024.
Si la marge brute ajustée s'élève, sur les quatre premiers mois de l’année, à 87 points de base contre 80 pb au second semestre 2024, cette hausse est à imputer à la progression de la collecte. Enfin, le ratio de fonds propres ordinaires de catégorie 1 a gagné 1% par rapport à la fin 2024 à 15,2%. Près de la moitié de cette hausse est liée à la vente de son activité de gestion de fortune brésilienne à Banco BTG Pactual pour un peu moins de 100 millions d’euros.
Les suites de l’affaire Signa
Cependant, la principale annonce ne réside pas dans la performance financière de Julius Baer mais dans une nouvelle provision. En effet, la banque privée suisse a intégré dans son compte de résultat une charge nette totale de 130 millions de francs suisses. Cette dernière provient de l’augmentation des provisions pour pertes sur prêts sur certaines positions du portefeuille de prêts hypothécaires, ainsi que pour le reste du portefeuille de prêts de la dette privée. Cette augmentation est due à «une application de critères plus prudents sur la qualité du crédit et l’adéquation de la relation de gestion de patrimoine», selon la banque.
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Cette mauvaise nouvelle fait suite à l’affaire Signa. Une provision de 586 millions de francs suisses sur l’exposition au groupe immobilier autrichien avait été passée en 2024 et l’activité de dette privée avait été liquidée. Côté perspectives, le groupe nouvellement dirigé par Stefan Bollinger prévoit un bénéfice net sur le premier semestre 2025, inférieur à celui réalisé au cours du premier semestre 2024.
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