Le Nasdaq a déposé une proposition auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), visant à supprimer le plafond actuel de 25.000 positions, et les limites d’exercice sur les options liées aux principaux ETF Bitcoin et Ethereum au comptant.
Ces règles sont une contrainte qui concerne avant tout les hedge funds, les teneurs de marché et les grands gestionnaires d’actifs.
Si les autorités réglementaires donnent leur accord, la modification s’appliquerait à l’ETF iShares Bitcoin Trust de BlackRock (symbole IBIT) et à son ETF Ethereum (ETHA). À terme, les options sur les fonds gérés par Grayscale, Bitwise, Fidelity, ARK21Shares et VanEck verraient également leurs limites relevées.
Une contrainte devenue obsolète
Dans son argumentaire, le Nasdaq estime que les ETF Bitcoin et Ethereum ont désormais atteint un niveau de liquidité suffisant pour assumer un marché d’options plus profond et flexible. Les limites de position, initialement conçues pour éviter les risques de manipulation sur des actifs peu liquides, constitueraient aujourd’hui un frein au bon fonctionnement du marché.
Il s’agit d’un potentiel changement qui permettrait aux acteurs institutionnels, de déployer des stratégies de couverture plus sophistiquées, notamment lors des phases de forte volatilité.
En effet, pour les investisseurs professionnels, les options sont un outil central de gestion du risque : couverture contre les corrections brutales, stratégies de portage, arbitrages de volatilité ou allocation dynamique de portefeuille.
Or, les limites actuelles sur les options d’ETF crypto peuvent rendre ces stratégies difficiles à exécuter, en particulier lors des épisodes de stress de marché. Dans ces moments-là, la liquidité peut se raréfier sur différentes dates de contrat et plateformes d'échange, ce qui fait grimper les coûts de transaction et limite la flexibilité des grands acteurs.
Les ETF Bitcoin, nouvelle porte d’entrée institutionnelle
Depuis leur approbation début 2024, les ETF Bitcoin au comptant se sont imposés comme l’outil privilégié d’exposition au Bitcoin pour les investisseurs américains. En un peu plus d’un an, ces produits ont attiré des dizaines de milliards de dollars de flux nets, redessinant la structure de la demande.
En effet, selon le formulaire 13F de la SEC, en 2024, près de 2 000 investisseurs institutionnels étaient exposés aux ETF Bitcoin, représentant environ 30 %. Les fonds spéculatifs et les gestionnaires d’actifs ont été les principaux acteurs de ces investissements, tandis que les grandes banques ont joué le rôle de teneurs de marché et de gestionnaires d’actifs, contribuant ainsi à la croissance des ETF crypto.
Les avoirs en ETF Bitcoin détenus par ceux-ci ont considérablement augmenté, passant de 13 milliards de dollars au premier trimestre 2024 à plus de 33 milliards de dollars à la fin de l’année dernière.
Ces flux massifs ont contribué à améliorer la liquidité sous-jacente des ETF, mais aussi à renforcer leur rôle de pivot entre les marchés cryptos natifs et la finance traditionnelle.
Conséquences pour les options ETF Ether
Les ETF Ether pourraient connaître une croissance similaire si la SEC approuve la demande du Nasdaq. L’intérêt pour l’exposition à Ethereum s’est accru à la suite du lancement des ETF Ether au comptant.
Les options sur ETF Ether présentent souvent une volatilité plus élevée que les produits liés au Bitcoin. Cela attire les traders de produits dérivés expérimentés qui privilégient les positions importantes. Des limites plus élevées permettraient une exécution plus précise des stratégies et une liquidité accrue. Le Nasdaq estime que ces changements contribueraient à un environnement de trading plus équilibré.
Implications réglementaires au-delà des options
Au-delà de l’aspect purement technique, la décision de la SEC sera scrutée comme un signal réglementaire fort. L’approbation des ETF Bitcoin au comptant a marqué une reconnaissance implicite de la maturité du marché crypto. La manière dont les autorités traiteront désormais les produits dérivés associés, conditionnera l’intégration complète des actifs numériques dans l’architecture financière américaine.
La SEC examinera la proposition du Nasdaq, et une période de consultation publique sera organisée. Si elle est approuvée, elle pourrait accroître la liquidité des ETF crypto, resserrer les spreads et simplifier les opérations de couverture et de négociation pour les investisseurs institutionnels.
Cette approche pourrait simplifier la mise en conformité des sociétés de courtage tout en favorisant une plus large adoption des produits dérivés liés aux cryptomonnaies.
Au 28 août, les produits cotés avaient attiré environ 234 milliards de dollars depuis le début du mois, toutes classes d’actifs confondues. Depuis le 1er janvier, leur collecte nette approche désormais 1.766 milliards de dollars, selon Trackinsight.
Dans cette tribune pour L'Agefi, Emmanuel Millard, président de l’ICFOA et secrétaire général du groupe Endrix et Phu Dao-Le Flécher, maître de conférences à l’Université Evry Paris-Saclay et commissaire aux comptes reviennent sur les enjeux de la nouvelle réglementation française des cryptoactifs pour les entreprises.
Sur le réseau social X, le ministre des Comptes publics, David Amiel, a assuré que les Français "peuvent continuer à investir, comme aujourd'hui, dans les indices les plus diversifiés".
27 août 2026 à 7:21 AM
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Réjane Reibaud
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