iShares veut capter l’appétit des Européens pour les fonds obligataires datés
La forte hausse des taux dope la collecte des fonds obligataires datés et en tant que premier fournisseur d’ETF au monde, BlackRock compte bien en profiter. «Depuis le début de l’année, en Europe, on a vu près de 100 milliards d’euros de flux entrants sur le segment obligataire, dont environ un tiers ont été orientés vers des fonds à échéance : c’est la deuxième classe d’actifs la mieux vendue, derrière les actions mondiales», a souligné Bettina Mazzocchi, responsable d’iShares et de Wealth au FraBeLux chez BlackRock lors d’une conférence de presse. Depuis août, iShares propose ainsi ce type de stratégies en format ETF sous la marque « iBonds » : quatre véhicules ont été cotés durant l’été, avec des échéances à 2026 et 2028, et cinq autres viennent d’être ajoutés, tous sur des émetteurs investment grade. Il s’agit de deux ETF datés de fin 2025 – l’un en euros (ticker IB25) et l’autre en dollars (ticker ID25) –, de leurs équivalents à fin 2027 (tickers IB27 et ID27), ainsi que d’un ETF sur les bons du Trésor américain de maturité 2025 (ticker IT25).
BlackRock n’est pas novice en la matière : il gère depuis une dizaine d’années ce type d’ETF outre-Atlantique. Si le succès de la gamme – riche de plus de 30 produits – était jusque-là mitigé, la donne a changé sous le nouveau régime monétaire : en douze mois, ces ETF ont collecté plus de 13 milliards de dollars pour 23,7 milliards d’encours, sur un marché total de quelque 43 milliards. C’est cette recette que veut dupliquer le gérant côté européen, sans se fixer d’objectifs chiffrés. «Les ETF iBonds ETF sont conçus pour arriver à maturité comme une obligation, se négocier comme une action et offrir de la diversification comme un fonds, le tout dans une enveloppe ETF efficiente en termes de coûts et transparente», résume Brett Pybus, co-responsable mondial des ETF iShares Fixed Income chez BlackRock, cité dans un communiqué.
Plusieurs typologies d’investisseurs sont ciblés : les petits institutionnels sous contraintes de passif, qui peinent à accéder aux titres qu’ils souhaitent dans un marché obligataire de gré à gré ; les gérants obligataires qui peuvent ainsi se concentrer sur leur valeur ajoutée qu’est la lecture de la courbe des taux ; et le marché de la distribution, pour proposer une alternative aux livrets réglementés ou aux fonds à échéance traditionnels. Les plateformes digitales, dont l’offre de fonds est centrée sur les ETF, en sont ainsi des destinataires naturels. BlackRock, qui a déjà collecté une centaine de millions d’euros en un mois, compte poursuivre l’élargissement de sa gamme. «Nous allons créer une courbe, en créant de nouveaux points [d’échéance] en fonction du delisting des autres», se projette Arnaud Gihan, responsable iShares & Wealth pour la France. Un ajout des émetteurs high yield n’est pas non plus exclu.
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