Elisabeth Borne a engagé mercredi la responsabilité de son gouvernement sur le projet de loi de finances (PLF) pour 2023, comme le prévoit l’article 49.3 de la Constitution française, conduisant les oppositions de gauche et d’extrême droite à annoncer le dépôt de motions de censure concurrentes vouées à l’échec. Cette arme constitutionnelle n’avait pas été utilisée pour le budget depuis 30 ans. Près de 3.400 amendements ont été déposés sur la seule première partie du PLF 2023, celle des recettes, et l’examen de ce texte, ainsi que celui du projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2023 à 2027, également entamé la semaine dernière, ont fait l’objet de débats houleux dans l’hémicycle. La Première ministre a indiqué, sans préciser lesquels, qu’une centaine d’amendements, y compris certains émanant de l’opposition, seraient conservés dans le budget 2023 par le gouvernement. De son côté, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a laissé entendre que l’article 49.3 pourrait de nouveau être utilisé avant la fin de la semaine pour le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), dont l’examen en séance doit commencer jeudi à l’Assemblée.