Le secteur immobilier a toujours le vent en poupe. Selon la dernière enquête de CBRE (« 2016 EMEA Investor Intentions Survey »), près de la moitié (48%) des investisseurs immobiliers interrogés de la région EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique) envisagent une augmentation de leur volume d’acquisitions par rapport à l’an dernier. A l’inverse, 15% seulement des sondés envisagent d’être moins actifs. En outre, 43 % des investisseurs envisagent également une augmentation de leurs cessions, « ce qui laisse présager un marché immobilier dynamique et liquide dans la région en 2016 », notent les auteurs de l’étude. Pour autant, malgré cet engagement envers l’investissement immobilier, la baisse de l’appétence pour le risque de la part des investisseurs constitue un changement notable, souligne l’étude de CBRE. Ainsi, « après trois années d’attractivité en berne, les actifs ‘prime’ ou ‘core’ sont de retour », avance CBRE. De fait, le pourcentage d’investisseurs qui considèrent les actifs « prime » ou « core » comme étant les plus attrayants du marché a augmenté de 29% l’an dernier à 41% en 2016. Selon l’étude, cette tendance « s’explique en partie par l’inquiétude des investisseurs concernant l’environnement économique ». Interrogés sur ce qui peut constituer la plus grande menace pour le marché immobilier en 2016, 31 % des investisseurs ont en effet répondu la faiblesse de l’économie mondiale tandis que les difficultés économiques locales se positionnent à la deuxième place (14%).S’agissant du choix du pays le plus séduisant pour l’investissement immobilier, les divergences entre investisseurs sont particulièrement marquées, note CBRE. L’Allemagne a été le pays le plus cité avec 17% des réponses. Suivent le Royaume-Uni (15,1%), l’Espagne (10,2%), les Pays-Bas (9,9%), la France (9,2%) et la Pologne (9,2%). L’enquête met en également en exergue le très fort regain d’intérêt pour l’Europe centrale et orientale (CEE). Pris dans leur ensemble, les marchés CEE ont en effet vu leur attractivité passer de 6% en 2015 à 23% en 2016. CBRE explique cette tendance par « la poursuite de la recherche de rentabilité de la part des investisseurs ».Au niveau des villes, Londres conserve son statut de ville la plus recherchée (15,1 % des investisseurs). Toutefois, « l’écart se réduit avec les autres villes », observent les auteurs de l’enquête. Madrid arrive en deuxième place avec 12,2%, suivie par Paris (11,6%), Berlin (10,8%), Amsterdam (7,3%), Varsovie (7%), Milan (4,7%), Budapest (2,9%), Prague (2,4%) et Munich (2,4%). Autre enseignement notable : parmi les secteurs traditionnels, les bureaux continuent d’être le type d’actifs le plus recherché avec 37% des réponses. L’immobilier résidentiel connaît toutefois le plus fort regain d’intérêt, passant de 5% en 2015 à 12% en 2016. Enfin, « le secteur du commerce se tient également bien et l’amélioration de la confiance des consommateurs et de leurs dépenses a permis une hausse des investisseurs privilégiant l’immobilier commercial, de 22% en 2015 à 27% en 2016 », souligne CBRE.Enfin, quête de rendement oblige, le secteur « alternatif » suscite de plus en plus d’intérêt. Ainsi, 56% des investisseurs interrogés disent avoir déjà investi dans un ou plusieurs secteurs alternatifs et 57% s’intéressent à un ou plusieurs de ces secteurs. Les prêts immobiliers sont le segment qui connaît actuellement la pénétration du marché la plus forte avec plus de 30% des investisseurs déjà engagés dans ce secteur et 22% cherchant à y investir.