Pour Carlos von Hardenberg, spécialiste des marchés frontières et émergentes chez Franklin Templeton, les marchés frontières devraient à nouveau intéresser les investisseurs, notamment les institutionnels qui sont encore complètement à l'écart de la classe d’actifs. «Les marchés frontières vont continuer à connaître des mouvements erratiques, compte tenu notamment des incertitudes sur le dollar et sur l’endettement chinois. Mais c’est précisément dans cet environnement qu’il est intéressant de rechercher des opportunités», a souligné le 15 juin Carlos von Hardenberg, de passage à Paris.Ces deux dernières années, la stratégie de Templeton dédiée aux marchés frontières, le Templeton Frontier Markets Fund, géré par Mark Mobius et Carlos von Hardenberg, a vu ses actifs divisés par deux pour se stabiliser récemment autour de 850 millions de dollars. La stabilisation semble se confirmer et Carlos von Hardenberg relève un regain d’intérêt encore timide des institutionnels pour des mandats sur ces marchés. Il faut dire aussi que la stratégie lancée fin 2008 a connu de belles années et affiche une progression de plus de 60% depuis son lancement alors que l’indice de référence chute de près de 4%.Et selon Carlos von Hardenberg, les raisons de revenir sur les marchés frontières sont multiples, notamment des valorisations souvent très bon marché, des perspectives de croissance souvent très prometteuses, par exemple pour l’Afrique subsaharienne, des politiques de dividendes de plus en plus fréquentes et des corrélations très faibles avec les autres marchés frontières ou encore les marchés émergents. D’où l’intérêt de tels investissements dans une perspective de diversification.Actuellement, le Templeton Frontier Markets Fund, qui compte autour de 80 lignes, est investi à environ 30% sur l’Afrique, 40% sur l’Asie et moins de 10% sur l’Amérique latine. Parmi les principales expositions figurent notamment le Vietnam, à hauteur de 15% en avril dernier, le Kuweit (11%), l’Arabie saoudite (10%), le Pakistan qui vient de retrouver son statut de pays émergent dans l’indice MSCI des émergents (8%) et le Nigeria (7%). Sur le plan sectoriel, les banques se taillent la part du lion, avec un pourcentage de 33%, largement devant la distribution (15%) et les télécoms (14%).Last but not least, Carlos von Hardenberg souligne que la recherche sur les marchés frontières reste encore très peu fournie alors que Franklin Templeton dispose de dizaines de spécialistes qui suivent depuis plusieurs années l'évolution de ces marchés...