Noyés cette semainesous le flot de nouvelles liées au départ du Ministre Emmanuel Macron, les financiers français n’ont pourtant pas manqué une toute autre actualité : celle du sérieux croche-pied administré au projet réglementaire européen Priips. La semaine dernière, plusieurs associations professionnelles s'étaient en effet insurgées contre les normes d’application proposées par la Commission européenne qui compliquent beaucoup trop à leur goût leur relation avec les épargnants. Mais ce jeudi, c’est une commission du Parlement européen qui a qualifié ces normes de «trompeuses» et viciées et a voté à l’unanimité pour les renvoyer à la Commission européenne pour révision. Reste à savoir si l’ensemble du Parlement bruxellois suivra cet avis, celui-ci devant voter en séance plénière dans les jours qui viennent. Dans une moindre mesure, le ministère français des Affaires sociales a lui aussi fait parler de lui… dans les couloirs des caisses de retraite françaises. Selon une information de l’Agefi, le gouvernement compte réformer la gestion financière d’une série de caisses de régimes de retraite complémentaire. Le ministère préparerait un décret devant entrer en vigueur de façon progressive dès le 1er janvier prochain. Et ce projet de texte cristallise déjà les inquiétudes car il restreint les marges de manœuvre des caisses en matière d’investissement.Elles pourront toujours regarder avec intérêt les ETF, dont la progression en Europe ne cesse de se confirmer après un nouveau record en juillet à 539 milliards de dollars d’encours, ou bien encore s’intéresser à la gestion modélisée qui, a-t-on appris aux Universités d’été de l’Asset Management de Dauphine organisées avec Convictions AM, commence à se développer en France, encouragée par la faiblesse des taux. Toujours en France, Amundi s’est de nouveau montré très actif en matière de communication ISR. Le leader européen de la gestion a annoncé avoir été la première société de gestion à obtenir le tout nouveau label d’Etat lié à l’investissement responsable. Quatre fonds ont reçu le « sceau » délivré par AFNOR Certification, l’un des deux organismes dédiés.En Suisse, les banques privées continuent de souffrir. Qu’elles s’appellent Lombard Odier, Edmond de Rothschild (Suisse) ou Pictet, les résultats nets semestriels qu’elles ont publiés sont en repli. La raison ? Un franc suisse beaucoup trop fort face au dollar ou à la livre sterling et des marchés financiers plutôt chahutés. La déconvenue sera peut-être passagère car la plupart affirment que leur collecte d’argent frais reste positive. Mais pour Martin Hess, le responsable de la politique économique au sein de l’Association suisse des banquiers (ASB), la place bancaire suisse ne manque quand même pas de signaux négatifs. Le nombre d’établissements ne cesse de diminuer via une forte consolidation et le nombre d’emplois créés en Suisse par les banques est en recul. Pour Martin Hess, cela signifie que les établissements bancaires helvétiques n’arrivent plus à exporter leurs services à partir de leur base nationale. Besoin peut-être d’un nouveau ministre de l’Economie ?