Ils font beaucoup parler d’eux, malgré une présence encore extrêmement modeste sur le marché de la gestion de fortune. Les robo-advisors font l’objet de l’attention grandissante de la part des médias et des professionnels de la gestion de fortune. Si l’on s’en tient aux robo-advisors dans leur acception limitée de gestionnaire automatique, on constate leur forte croissance, mais pour une part encore infinitésimale de l’ensemble du marché, souligne Le Temps. Ainsi, selon la société Chappuis Halder, fin 2015 ces algorithmes géraient à peine une vingtaine de milliards de dollars, pour l’essentiel auprès des leaders américain comme Betterment ou Wealthfront, suivi de très loin par d’autres acteurs à l’étranger, contre 74.000 milliards pour l’ensemble des fonds sous gestion. Les très faibles volumes sous gestion impliquent ainsi une grande difficulté à dépasser le seuil de rentabilité.Cela dit et malgré les imperfections des modèles utilisés, Akimou Ossé, analyste quantitatif et associé gérant de la société QuantPlus, estime qu’il faut aussi prendre en compte les frais de gestion, «qui sont nettement moins élevés chez les prestataires les plus agressifs et qui peuvent donc avoir un impact significatif sur le résultat final». Par exemple, si l’on prend une estimation très conservatrice des frais prélevés dans la gestion privée en Suisse ou à Genève, qui s’échelonne entre 1 et 2% par an de la masse sous gestion, ils sont à comparer au 0,35-0,5% demandé par Betterment, au 0,25% de Wealthfront, au 0,36%-0,57% de Schwab ou encore Vanguard, avec 0,4%. «Si l’on sait que la plupart de ces systèmes utilisent des ETF, au faible coût de gestion, l’investisseur peut épargner de 2 à 4% de frais par an, conclut Akimou Ossé. Ce facteur est d’autant plus important si l’on tient compte du fait que la plupart des gérants actifs peinent à battre le marché de façon consistante. Toutefois, conclut l’analyste, cette nouvelle industrie est encore trop jeune pour savoir sur quoi elle débouchera, et qui tirera son épingle du jeu.»