Le marché du crédit traverse une passe délicate, écrit L’Agefi ce matin. Les fonds crédits européens ont ainsi accusé des sorties de capitaux de 1,4 milliard d’euros au cours de la semaine dernière représentant 2,6% des actifs totaux sous gestion du segment. Or, de tels niveaux n’avaient jamais été enregistrés que ce soit en termes de montant net absolu ou en termes de pourcentage des encours, le précédent record datant d’août 2015, lorsque les sorties nettes des fonds euro avaient atteint 1,07 milliard, ou 2,2% des actifs. JPMorgan estime même que 83% des fonds suivis ont été victimes de retraits qui touchent l’ensemble des fonds (traditionnels, ETF ou short duration). Elles atteignent désormais 3 milliards d’euros depuis le début de l’année, soit près de la moitié des sorties enregistrées sur l’ensemble de l’année 2017. «Cette tendance devrait se poursuivre. De manière générale, il existe une forte corrélation entre flux et rendements totaux, avec des pertes, et même parfois des performances légèrement inférieures à celle des marchés actions, entraînant des retraits de fonds de la part des investisseurs particuliers», estime JPMorgan. La performance a une nouvelle fois été négative au cours de la semaine dernière, avec un portage insuffisant pour compenser la hausse de rendements. Le segment investment grade (IG) a reculé de -0,1%, soit -0,7% depuis le début de l’année, l’ensemble des secteurs étant dans le rouge, notamment la dette hybride corporate (-0,8%), qui avait pourtant été l’un des plus performants l’an dernier, ainsi que le high yield (HY) qui à -0,5%, résiste cependant un peu mieux que la dette financière. «La hausse des rendements d’Etat devrait conduire à un retournement de la recherche de rendement des investisseurs, qui cesseront d’utiliser des stratégies short duration comme produits de substitution au cash, ce qui devrait conduire à un écartement de spreads de 45 pb à un niveau de 350 pb», ajoute JPMorgan.