Longtemps délaissées par les investisseurs étrangers, les actions chinoises s’ouvrent lentement au monde, une évolution qui en fera à terme une classe d’actifs incontournable, a indiqué à Reuters Helen Zhu, responsable de la gestion fondamentale sur les actions Chine chez BlackRock. Il faut distinguer un marché «offshore», déjà ouvert aux capitaux étrangers mais assez petit, et un marché «onshore», soit domestique, bien plus volumineux et toujours relativement fermé, même si les choses commencent à bouger, explique-t-elle.Encore sous-représentée dans l’univers des actions, la deuxième économie du monde ne pèse que moins de 3% dans le principal indice actions global de MSCI. «D’ici trois à cinq ans, on devrait être plus proche de 10%», dit Helen Zhu. La Chine se taille déjà la part du lion dans l’indice MSCI des marchés émergents avec un poids compris entre un quart et un tiers qui pourrait, lui aussi, gonfler considérablement pour atteindre la moitié dans quelques années, toujours selon la spécialiste de BlackRock. L’une des raisons en est l’inclusion par MSCI des actions chinoises de catégorie A, qui sont celles cotées sur le marché «onshore» et sont libellées en yuans, dans ses indices de référence depuis le 1er juin. La première vague de cette mesure, repoussée à plusieurs reprises par le fournisseur d’indices, concerne 226 actions.Il s’agit d’une étape importante vers l’ouverture des Bourses chinoises aux marchés mondiaux, même si la première vague ne concerne que 5% du marché «onshore», explique Helen Zhu. «C’est le début d’un parcours très significatif et très symbolique», dit-elle. «A cause du contrôle des capitaux et d’autres héritages, ce marché massif et très liquide n’a jamais été intégré dans les indices de référence. D’ici à trois, cinq ou sept ans, selon les prévisions des uns et des autres, nous assisterons à un changement significatif du régime de la composition des indices régionaux et globaux."Un autre élément capital mais sous-estimé, selon Helen Zhu, concerne les actions de groupes détenus en majorité par l’Etat et dites non échangeables, vestiges de la préhistoire, pas si éloignée, du système financier chinois. Le gouvernement prévoit en effet de mettre à l’essai la conversion de ces titres cotés à Hong Kong en actions échangeables, première étape vers leur intégration dans les indices, explique-t-elle.