Branle-bas de combat dans les bureaux de recherche, écrit le quotidien Les Echos. Les négociations avec les sociétés de gestion vont en effet bientôt reprendre pour fixer pour l’année 2019 les termes des contrats d’utilisation de l’analyse financière et les prix afférents. L’entrée en vigueur de la directive européenne MiFID II a bouleversé le modèle économique des courtiers, la recherche étant devenue payante, et a eu des conséquences dommageables pour la profession. En 2017, la plupart des courtiers ou bureaux d’analyse indépendants ont ainsi dû diviser leurs prix par deux ou trois, voire plus, pour être compétitifs. Pour rester référencés chez leurs clients gérants afin de ne pas perdre leurs flux de tradings, des courtiers – surtout des Américains – ont même fait du dumping, ce qui a eu un effet déflationniste. Alors que va s’ouvrir un nouveau round de négociations, « nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle baisse des budgets alloués à l’analyse financière », commente dans le quotidien économique Matthias Desmarais, directeur de la recherche chez Oddo BHF. D’autant que certaines sociétés de gestion avaient signé leurs contrats très tôt en début d’année, avant que les prix ne chutent à l’été. Ces dernières vont donc vouloir renégocier les contrats sur ces niveaux. Par ailleurs, « en 2018, la performance de certains fonds n’a pas été forcément très bonne. La collecte n’est pas toujours au niveau espéré. Pour préserver leurs marges, les sociétés de gestion pourraient chercher à réduire plus encore leurs frais », ajoute-t-il.