53 ans, diplôme d’expertise-comptable/commissariat aux comptes, maîtrise sciences de gestion, DEA finances de la faculté de sciences économiques, IAE, ESC Bourgogne.
« Je suis né en mai 68, cela influe probablement sur mon côté hyperactif », glisse Emmanuel Millard pour remonter à la source d’un parcours certes foisonnant et dont la nomination, en début d’année, à la présidence de l’association nationale des Directeurs financiers et de contrôle de gestion (DFCG) constitue « une étape naturelle ». Emmanuel Millard souligne en effet avoir, après une solide formation académique, cultivé « [s]a polyvalence dans le monde multiculturel de la direction financière », en France et à l’international, dans la banque d’affaires ou l’audit, dans le privé comme le public. En faisant ses gammes chez Arthur Andersen, GE Capital ou JPMorgan, puis comme chef de mission « Performance de la gestion publique et des opérateurs de l’Etat » au ministère du Budget. Il sera ensuite directeur financier, des achats, des affaires juridiques et du contrôle interne d’Universcience, l’Epic (Etablissement public à caractère industriel et commercial) regroupant la Cité des sciences et de l’industrie, la Géode et le Palais de la découverte.
Emmanuel Millard rejoint en 2017 le monde associatif, où il « s’épanoui[t] pleinement, c’est passionnant car ce secteur a besoin de se structurer et de se professionnaliser », aux commandes financières et supports d’abord de l’acteur de l’urgence sociale et médico-sociale Coallia, et depuis mars dernier au sein du Réseau des écoles de la 2e chance - Hub de la Réussite, écosystème de formation et d’insertion des décrocheurs ou réfugiés.
« La présidence de la DFCG est une synthèse de tous ces métiers, de toutes ces expériences professionnelles. J’ai eu la chance de choisir mes postes. D’un secteur à l’autre, ils m’ont permis d’acquérir la flexibilité, la souplesse indispensables au dirigeant financier », pointe-t-il. De la diversité naît ainsi l’unité, la cohérence.
L’ancien banquier ne compte pas s’assagir et fourmille d’idées pour permettre à l’association de « poursuivre sa mission d’intelligence collective, de rayonnement des professions de financiers d’entreprises qui sont au front de la crise ». La DFCG doit notamment « donner le tempo en matière de RSE (responsabilité sociétale des entreprises, NDLR). Il nous faut par exemple travailler sur la mixité et l’inclusion au sein des directions financières ». Ce thème fera l’objet d’un nouveau Prix décerné par la DFCG « pour récompenser les entreprises qui assument la diversité ». Ce ne sera pas la seule innovation de palmarès en 2021 puisque, aux côtés des Prix traditionnels « DAF* de l’année » et « Jeune financier », Emmanuel Millard dévoile celui de la « Finance solidaire et responsable », destiné à mettre en lumière les sociétés se donnant les moyens, par un cahier des charges, de respecter des critères par exemple d’achats ou de financement durables. Pour compléter le festival, le président de la DFCG confie la naissance des Prix du « Contrôle de gestion » et du « DAF en PME ».
Toujours pour renforcer son action au cœur de la société, la DFCG va davantage se tourner vers les étudiants, passant par la prochaine signature d’une convention avec le réseau des Instituts d’administration des entreprises (IAE). Emmanuel Millard est d’ailleurs depuis avril dernier administrateur de l’IAE Paris (tout comme de l’Université Panthéon-Assas UFR Sciences économiques). Et depuis 2018 chargé de cours en master 2 audit, finance et contrôle de gestion de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Autre vœu du décathlonien de la finance, le développement des partenariats. Il annonce la signature à venir d’une convention avec le Conseil supérieur de l’Ordre des experts-comptables pour « montrer que la communauté financière avance dans le même sens », plaide l’ancien commissaire aux comptes. Qui, nourri de son expérience, souhaite en outre « rapprocher public et privé. Il faut favoriser les passerelles pour les cadres du secteur privé. »
Tous ces projets ne sauraient priver le président de la DFCG de retrouver avec plaisir les salles de cinéma et de théâtre. « J’aurais aimé être comédien. Qui sait, je pourrais un jour racheter un théâtre, ou en être administrateur », se projette Emmanuel Millard. Un nouveau rôle pour le caméléon de la finance.
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