Monte Paschi lance un projet de recapitalisation
Le risque d’insolvabilité était trop grand pour Monte dei Paschi di Siena (MPS). Juste avant la publication vendredi soir des résultats des tests de résistance menés par l’Autorité bancaire européenne (EBA), la troisième banque italienne a dévoilé un plan de sauvetage à financement privé qui devrait lui permettre d'échapper à une liquidation et aider Rome à stabiliser le secteur bancaire du pays. «La banque aura un nouveau bilan», a déclaré son administrateur délégué, Fabrizio Viola. Ce plan prévoit une augmentation de capital de 5 milliards d’euros et la cession de créances douteuses pour 9,2 milliards d’euros.
Ces créances seront cédées à un véhicule ad hoc qui serait garanti par des investisseurs privés, y compris le fonds de sauvetage du secteur bancaire italien, Atlante. Ce véhicule achèterait les prêts non-performants de la banque à 33% de leur valeur nominale, puis tenterait de récupérer son investissement en émettant des obligations qui leur seraient adossées, dans le cadre d’un ambitieux programme de titrisation.
MPS a signé un accord préliminaire avec des banques italiennes et internationales pour souscrire à son augmentation de capital qui devrait être bouclée «d’ici à fin 2016». Ce sauvetage, mis au point par JPMorgan Chase et Mediobanca, a été approuvé par son conseil d’administration qui a préalablement rejeté une offre concurrente de recapitalisation de la banque suisse UBS.
Les tests de l’EBA, qui visaient à mesurer la capacité des 51 plus grandes banques de l’UE à résister à un choc économique théorique sur trois ans, ont fait ressortir que dans le pire des scénarios, la banque italienne présenterait un ratio de fonds propres durs (CET1) négatif de 2,44%. Les analystes ont fixé un seuil officieux de succès correspondant à un ratio de fonds propres durs de 5,5%, plancher retenu lors des tests conduits l’an dernier.
Allied Irish Banks est le seul autre établissement européen affichant un ratio inférieur à ce seuil, à 4,31%. UniCredit, première banque italienne, présenterait dans ce scénario extrême un ratio CET1 de 7,1%. Elle a dit qu’elle verrait avec la Banque centrale européenne (BCE) s’il lui fallait «prendre de nouvelles mesures de renforcement de son capital». Les deux plus grands groupes bancaires allemands, Deutsche Bank et Commerzbank, font partie des 12 banques jugées les plus fragiles, avec la britannique Barclays.
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