Les petites capitalisations européennes risquent l’asphyxie
La troisième édition du panorama annuel des petites et moyennes valeurs, publiée hier par MiddleNext et la Financière de l’Echiquier (LFDE), dresse un bilan assez sombre à l’échelle européenne. Bien que ces valeurs affichent sur dix ans une surperformance boursière par rapport aux grandes capitalisations, l’appauvrissement de la cote a repris, après deux ans d’interruption. Le nombre de sociétés cotées a ainsi globalement baissé de 13% depuis 2007, passant de 6.349 à 5.498 entreprises, et sur le seul segment des «Small Cap» ce recul atteint 20%.
Les trois plus petits segments de la cote représentent pourtant la très grande majorité des sociétés cotées (80%) dans la région, mais elles ne pèsent que 6,8% de la capitalisation totale et moins de 5% des volumes de transaction. Si ce réservoir continue à se tarir, «les flux entrants vont naturellement diminuer au cours des dix prochaines années, entraînant inéluctablement la stagnation, puis la diminution des segments Large et Blue Chip», relève l’étude.
Grâce au soutien accordé à ses jeunes pousses, la Suède a évolué à contre-tendance, avec une progression de 74% du nombre de sociétés cotées sur dix ans et une évolution positive enregistrée sur l’ensemble des segments. «Le développement d’un cadre réglementaire et fiscal européen spécifique à l’investissement dans les entreprises cotées serait bénéfique aux investisseurs comme à l’ensemble de l’écosystème économique européen», estime Didier Le Menestrel, PDG de la Financière de l’Echiquier.
Sur le marché français, les petites capitalisations représentaient l’an dernier 79,3% du nombre de sociétés cotées (contre 84,6% en 2007), 4,8% de la capitalisation agrégée (5,9%) et 2,3% des volumes de transactions (3,2%). Les valeurs moyennes représentent en revanche désormais 10,8% des sociétés françaises cotées, contre 8,4% neuf ans plus tôt. La diminution de leur poids en capitalisation comme en volume est principalement liée à l’accroissement notable du segment des grandes capitalisations, qui repose uniquement sur la montée en puissance d’entreprises venant de segments inférieurs de la cote.
Selon Caroline Weber, directrice générale de MiddleNext, «la mise en œuvre de MIFID 2 devrait avoir pour principale conséquence de réduire drastiquement l’offre de recherche sur les ‘small cap’, mettant en danger les modèles économiques de nos sociétés de bourse locales».
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