Les entreprises européennes sont incitées à accroître leur levier financier
Plusieurs facteurs devraient favoriser une augmentation de l’effet de levier financier de la part des entreprises européennes, estiment dans une étude parue vendredi les analystes d’UBS. Si la faiblesse des taux d’intérêt est depuis plusieurs années intrinsèquement favorable à l’endettement, quatre nouveaux catalyseurs militent pour un recours plus fréquent à cette politique de financement.
Le premier est lié à l’écart de rendement entre dividendes et dette obligataire des entreprises en catégorie investissement dans la zone euro. Sur des échéances de dette comprises entre 5 et 7 ans, cet écart reste toujours positif à hauteur de 190 points de base (pb), mais il avait atteint 260 pb à son plus haut de l’été 2016. La réduction de cet écart devrait s’accélérer en raison de l’annonce probable en septembre d’une limitation des rachats d’actifs de la BCE, «avec une mise en œuvre effective à partir de janvier 2018 sur une période de 6 à 9 mois», avance la banque helvétique.
Le deuxième élément favorable provient du rebond visible des bénéfices des entreprises, ce qui devrait stimuler la confiance des dirigeants en faveur d’une politique d’endettement plus agressive. Après six années sans croissance significative, les bons résultats du premier trimestre 2017 ont entraîné une révision à la hausse des bénéfices des sociétés de 5,4% en moyenne pour l’ensemble de l’exercice.
Par ailleurs, si certaines entreprises ne s’endettent pas pour croître, «il y a un risque que d’autres le fassent à leur place», comme l’atteste le rebond des opérations de fusions et acquisitions en Europe depuis le début de cette année, même si ce mouvement reste moins prononcé qu’aux Etats-Unis. Enfin, les investisseurs en actions et sur le marché du crédit ont commencé à réorienter une partie de leurs flux d’investissement vers des sociétés ayant un niveau d’endettement plus élevé.
Les secteurs qui semblent les mieux placés pour accroître leur ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation sont les biens de consommation durables, la distribution et la construction. A l’échelle des sociétés, un tri qualitatif et quantitatif fait ressortir la compagnie aérienne IAG, l’énergéticien Fortum, le groupe de restauration collective Sodexo, le géant de l’agroalimentaire Nestlé et l’entreprise de services diversifiés à l’industrie DCC.
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