Laurent Bassi, directeur des solutions de financement durable chez ING France
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Après avoir concédé un repli de 7% l’an dernier, les volumes d’émission en finance durable pourraient bien bénéficier d’un rebond en 2026, de 4% à 1.621 milliards de dollars précisément selon la recherche ING. Le record de 2021 à 1.854 milliard est certes encore loin, mais si « la croissance à long terme demeure irrégulière, le marché démontre une forme de résilience », plaide ING. Qui évoque un « cocktail durable » d’émissions dont la composition varie selon les zones géographiques et les types de produits.
La prévision a été établie en amont du déclenchement du conflit au Moyen-Orient, dont l’impact sur les volumes d’émission de financement durable « est très incertain », concède Laurent Bassi, directeur des solutions de financement durable chez ING France. Il observe un bon début d’année avec 257 milliards de dollars émis au cours des deux premiers mois, avant un ralentissement en mars. « La détermination des entreprises est constante malgré les incertitudes géopolitiques » assure Laurent Bassi. De fait, à ses yeux, « de puissantes tendances sous-jacentes soutiennent le marché », passant par le déploiement des énergies vertes ou des infrastructures liées au digital de plus en plus soucieuses de durabilité. « De nombreux émetteurs ont pris des engagements et continuent de les suivre » relève-t-il.
Confidentiel
Le banquier concède que l’estimation du marché, si elle permet de suivre une tendance, minimise les financements bancaires, un suivi précis n’étant possible que sur les émissions rendues publiques. « Seule la partie obligataire est mesurable car publique, quand nombre d’opérations de prêts restent confidentielles », précise le directeur d’ING France. Et dans le contexte de tensions internationales « on observe une tendance croissante à la discrétion de la part des emprunteurs, particulièrement ceux exposés aux Etats-Unis ». Et même si le marché américain a affiché la plus forte baisse des volumes l’an dernier « les Etats-Unis restent le premier pays au monde en termes de volumes d’émission durables, et c’est où sont les plus gros émetteurs, on aurait tendance à l’oublier ». Comme le rapporte ING, outre-Atlantique « la réduction des incitations fiscales et des financements, le démantèlement de certaines réglementations et l’abandon d’initiatives visant à rendre obligatoires les rapports climatiques et les mesures fédérales en matière de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI) ont incité les émetteurs à la prudence ».
Green
Le marché continue ainsi d’être porté par la zone Europe/Moyen-Orient/Afrique (EMEA) et en particulier par les instruments verts, financements tant bancaires qu’obligataires. Une persistance des volumes est attendue en 2026 dans cette région, tandis que la tendance devrait rester porteuse en Asie-Pacifique. Les obligations vertes et les prêts verts y ont le vent en poupe, « c’est une tendance mondiale de fond, qui devrait se confirmer cette année », souligne Laurent Bassi, sur fond de demande des investisseurs et souvent de cohérence avec le profil de l’entreprise émettrice. Le directeur des solutions de financement durable chez ING France prend l’exemple de Saint-Gobain, qui pendant une longue période a émis des obligations dites sustainability-linked ou « liés à la durabilité » c’est-à-dire engageant l’ensemble de l’entreprise vers des objectifs chiffrés de long terme, et qui les émet désormais sous un format dit green ou use of proceeds c’est-à-dire dont les produit sont affectés à des projets spécifiques éligibles aux considérations durables.
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