Bpifrance veut doubler l’accès des PME aux garanties publiques à l’export
Un an et demi après le protocole signé à l’été 2015, Bpifrance a enfin accueilli, le 2 janvier dernier, les 240 salariés du pôle de garanties publiques à l’export, une arme économique logée depuis 1946 au sein de la société Coface. Sa nouvelle filiale baptisée Bpifrance Assurance Export complète l’offre publique française d’accompagnement des entreprises, en fonds propres et en prêts. «C’est le septième métier de la banque», a pointé hier Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, lors d’une conférence de presse.
«Le budget est en croissance après un reflux de la présence commerciale (ces dernières années, ndlr), assure le dirigeant. Dans les polices d’assurance crédit nous voulons revenir au contact des PME (…) et doubler les accords d’assurance avec les PME et ETI» dès 2017. L’an dernier, 58 PME ont bénéficié d’une garantie publique à l’export, sur un total de 144 polices signées. Cette année, Bpifrance Assurance Crédit veut aussi accompagner «30%» de PME et ETI supplémentaires dans l’assurance prospection, «75%» de plus en caution et préfinancement et «50%» de plus en assurance change, ajoute Christophe Viprey, directeur exécutif de la filiale et ancien responsable de l’activité chez Coface.
D’ici à 2019, il prévoit une «hausse des encours à due proportion pour les PME-ETI», sachant que ces dernières représentent seulement 4% des crédits garantis par l’Etat. Un millier de ses 12.000 clients s’arrogent 96% des 75 milliards d’euros d’encours sous garantie publique, en raison du poids des commandes militaires et aéronautiques (Airbus, etc). La France comptait seulement 125.000 PME exportatrices en 2015, soit trois fois moins que l’Allemagne, rappelle aussi Bpifrance.
Sa filiale travaille donc à des produits et procédures plus simples pour les petites entreprises. Elle va aussi s’appuyer sur les antennes régionales de sa nouvelle maison mère, et sur son réseau naissant de correspondants à l’étranger pour séduire les importateurs potentiels de produits français. En octobre, un premier chargé d’affaires s’est installé à Varsovie. Singapour, Dubaï et Abidjan suivront bientôt. Pour compléter ce dispositif limité, 2017 sera l’année des «roadshows» à travers le monde, précise Nicolas Dufourcq. Bpifrance compte aussi s’appuyer sur les antennes internationales de l’Agence française de développement et de sa filiale Proparco.
La garantie de l’Etat, désormais gérée directement par Bpifrance, permettra en outre de baisser de 10 points de base en moyenne le taux des crédits export accordés par les banques commerciales françaises, assure Christophe Viprey. Reste à savoir si ces dernières joueront le jeu avec les PME exportatrices. Bpifrance a du coup lancé sa propre offre de crédits fournisseur et acheteur. «Nous avons un pipeline d’un peu moins d’un demi-milliard d’euros», assure Nicolas Dufourcq. La production 2016 (50 millions d’euros décaissés) reste toutefois deux fois inférieure aux objectifs annoncés il y a quelques mois.
La banque publique espère enfin obtenir «dans les prochaines semaines» l’autorisation de proposer des crédits acheteurs à l’Iran, pour l’importation de biens français. Alors que ses concurrentes privées restent tétanisées par le risque de sanctions américaines, malgré la levée de l’embargo international, «j’aimerais beaucoup que Bpifrance soit la première banque française [à y aller, ndlr],» indique Nicolas Dufourcq. Quitte à faire une entorse à sa logique de co-financement au côté des acteurs privés, «le temps que les choses s’aplanissent».
Plus d'articles du même thème
-
Les marchés de capitaux s’orientent vers un millésime 2026 hors norme
Les Etats-Unis, alimentés par les cotations et des levées de fonds historiques dopées à la tech, dominent plus que jamais le marché mondial des capitaux qui progresse de 62 % à 610 milliards d’euros. En Europe, les IPO peinent à transformer l’essai. Les convertibles signent leur résurrection. -
Fonds européen de défense : transformer une complexité en avantage industriel
Faire de cet outil européen, puissant mais exigeant, un avantage industriel réellement accessible aux entreprises, et notamment aux PME, impose d'en maîtriser la logique, estiment Solenne Desprez-Braun et Serge Monturet, du cabinet F.Initiatives. -
Abivax confirme son statut de biotech française préférée de Wall Street
La société a levé 800 millions de dollars aux Etats-Unis via l'émission de nouveaux certificats de dépôt qui ne pèsent pas sur le cours de l'action en dépit de la décote offerte.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
Je t'aime, moi non plusProcès Le Pen : Entre juges et politiques, un divorce déjà consommé
Les magistrats de la Cour d’appel de Paris sont sous forte pression tant leur décision changera le cours de l’élection présidentielle. Fragilisée par le scandale Lyhanna, la justice risque d'être sous le feu des critiques jusqu'en 2027 -
L'envie d'avoir envie« Le combat d’un père » : Edouard Philippe se lâche et se lance
Le candidat Horizons à la présidentielle promet des « efforts partagés » pour préparer « la France de nos enfants » -
EditoLe pied-de-nez de l’Iran à l’Amérique
Embourbé dans un conflit dont il ne voit pas l’issue, Donald Trump est là où il ne voulait pas être. Tout l’inverse de l'Iran, qui est là où l’Amérique, ne voulait pas qu’elle soit : conforté dans un rôle d’acteur régional incontournable