Atos profite de l’abondance de liquidités sur l’Euro PP
Atos fait une entrée remarquée sur le marché de l’Euro PP. La société de services informatiques a placé au début du mois d’octobre 300 millions d’euros d’obligations, réalisant ainsi le plus gros placement privé de l’année et le plus important depuis les 350 millions levés durant l’été 2015 par TIGF. Un financement opportuniste, alors que le groupe disposait d’une trésorerie nette de 412 millions d’euros à fin juin 2016, qui visait à profiter des conditions favorables qu’offre actuellement ce marché.
Atos a pleinement bénéficié de l’impatience des investisseurs à déployer leurs ressources disponibles dans un contexte généralisé de pénurie de dossiers. La forte demande a permis à Atos, et à ses deux arrangeurs, le Crédit Agricole et CM-CIC, de sélectionner les investisseurs sur le seul critère de la rémunération demandée.
D’une maturité de 7 ans, les titres ont ainsi été placés à un coupon serré de 1,44%, soit avec un spread de 145 points de base sur les taux mid-swaps. «Nous avions ce niveau de spread en tête, compte tenu de l’attractivité actuelle de ce marché. Nous avons aussi saisi l’opportunité d’une fenêtre de marché favorable avec des taux mid-swaps à 7 ans passés sous zéro le jour du pricing», explique Elie Girard, le directeur financier d’Atos. Les obligations, cotées en Bourse, ne contiennent aucun covenant.
«Au-delà de l’émission initiale, il existe, si on souhaite les activer, des mécanismes, comme le reverse enquiry ou le tap, permettant d’accroître le montant de l’émission jusqu’à des niveaux benchmark (500 millions d’euros)», ajoute Elie Girard. L’Euro PP démontrerait ainsi sa capacité à absorber des opérations d’une taille similaire à celle du marché public, dans des conditions financières relativement proches. Les 600 millions d’euros d’obligations publiques mais non notées émises par Atos en juillet 2015, d’une maturité de 5 ans, affichent un spread de 114 pb.
«Pour avoir fait les deux types d’émissions, publique et privée, et être tout à fait satisfait des prix obtenus dans les deux cas, le processus de l’Euro PP se révèle extrêmement efficace, moins formel qu’une émission publique», reconnaît Elie Girard, en économisant par exemple l’organisation de road-shows. La cotation du groupe en Bourse et l'émission inaugurale de 2015 ont aussi faciliter les discussions avec les investisseurs.
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