La taxe sur les transactions financières (TFF), sur laquelle un groupe de pays européens travaille depuis plusieurs années, est toujours officiellement à l’ordre du jour. Mais entre la perspective du Brexit et les hésitations de plus en plus manifestes de la Belgique, elle semble de plus en plus à l’agonie, écrit le quotidien Les Echos. Si les discours des responsables politiques font preuve de détermination sur le sujet, le quotidien économique souligne que le projet ne connait aucunes réelles avancées. De fait, la réunion des ministres des Finances de jeudi dernier, prévue sur le sujet, a été annulée. La Belgique, très réticente sur le sujet, craint par exemple que cette taxe ne pénalise les fonds de pension. Ainsi, elle vient d’exiger que le Luxembourg et les Pays-Bas participent à ce projet de TTF, une façon d’admettre que la Belgique craint la concurrence de ces territoires au plan financier. Or ces deux pays qui sont pourtant opposés à cette taxe. De fait, selon Les Echos, la concurrence entre les places financières pourrait, au final, tuer le projet de TTF.
La deuxième version de la MIF (directive du marché des instruments financiers), qui entre en vigueur d’en moins d’un an, va coûter plus de 2,5 milliards d’euros à l’industrie financière pour sa mise en œuvre, estime le consultant Opimas, cité dans le Financial Times fund management. Les principales sociétés de gestion d’Europe devraient dépenser chacune en moyenne 10,3 millions d’euros pour s’assurer qu’elles se conforment à la MIF.
A la suite de la crise financière, les pressions émanant des instances de régulation sur le plan international, puis celles induites en Suisse par l’acceptation de l’initiative Minder contre les rémunérations abusives ou encore l’influence exercée par les sociétés qui donnent des consignes de vote en vue des assemblées générales («proxy advisors») ont modifié en profondeur la manière dont les sociétés rétribuent leurs dirigeants, rapporte Le Temps. Ainsi alors que la part des rémunérations variables atteignait en moyenne plus de 60% du salaire fixe avant la crise – avec un pic qui a même atteint 80% en 2008 –, cette proportion est redescendue aux alentours de 20% à partir de 2009, pour ne plus remonter que faiblement ensuite, indique une analyse présentée jeudi à Zurich par le cabinet de conseil Hostettler & Company (HCM). Son analyse repose sur les données fournies par 80 banques en Suisse, cotées en Bourse ou non. Autre observation: les rémunérations sont désormais exposées à davantage de «risques» pour ceux qui en bénéficient. Ainsi, les délais d’attente de l’ordre de deux à trois ans qui prévalaient avant la crise se sont allongés jusqu’à quatre ou cinq ans. De plus, les programmes de rémunérations octroyées sur le long terme sont toujours plus souvent versés sous la forme d’actions qu’en cash.
Credit Suisse pourrait se voir condamné à payer un dommage de quelque 150 millions de francs dans le cadre d’une enquête du ministère public genevois. Ce dernier reproche à la banque d’avoir «violé les devoirs les plus élémentaires de surveillance et pourrait l’accuser d’avoir contrevenu à la législation sur le blanchiment d’argent», selon Le Matin Dimanche, qui cite une lettre à un tribunal. L’affaire concerne deux anciens employés de la banque qui ont fondé leur propre société de gestion de fortune en 2008. Ils ont tenté de cacher d’importantes pertes et ont, selon le Ministère public, commis des centaines d’actes répréhensibles avec des comptes du Credit Suisse durant sept ans. La poursuite pénale se concentre sur les deux anciens employés et non contre le Credit Suisse, a assuré la banque, contactée par l’agence AWP. Comme la procédure est en cours, elle s’est refusée à tout autre commentaire.
Après l’annonce de l’acquisition de BHF-Bank par Oddo & Cie en 2016, l’agence de notation Fitch avait attribué aux deux entités une «perspective positive» (en février 2016 pour Oddo & Cie et en septembre 2016 pour BHF-Bank), estimant que Oddo & Cie serait renforcé par une augmentation de sa clientèle en Allemagne et que BHF-Bank bénéficierait des synergies prévues tant sur les revenus que sur les coûts. Fitch a confirmé la semaine dernière cette perspective positive, soulignant les avancées réalisées dans le processus d’intégration. Oddo & Cie et BHF-Bank avaient tous deux démarré l’année 2016 avec une «perspective stable». Concernant Oddo & Cie, Fitch considère que la direction a respecté ce qui avait été annoncé au moment de l’acquisition, et notamment le fait que les ratios de fonds propres ont été restaurés. Il est également fait état des mesures mises en œuvre au sein de BHF-Bank pour redresser la rentabilité et de la mise en place rapide d’un fonctionnement intégré. Fitch estime que l’intégration de BHF-Bank dans le groupe Oddo bénéficiera à sa clientèle, à sa stratégie et à ses revenus et que BHF sera de nouveau rentable dès 2017.
L’Autorité des marchés financiers (AMF) a invité les clients de la plateforme eu.bancdebinary.com (qui vend surtout des options binaires) à contacter dans les meilleurs délais la société Banc de Binary Ltd, propriétaire du site. En effet, la CySEC, le régulateur financier chypriote, a annoncé que Banc de Binary Ltd, entreprise régulée à Chypre et proposant des services d’investissement via le site internet eu.bancdebinary.com a décidé de renoncer à son agrément. Plus précisément, la CySEC a annoncé le 11 janvier 2017 que Banc de Binary Ltd avait décidé de renoncer à son agrément par courrier en date du 9 janvier 2017 avec date d’effet le 15 janvier 2017. En conséquence, l’agrément de cette société étant désormais caduc, elle n’est plus autorisée à commercialiser ses produits. Le régulateur chypriote précise dans son communiqué que Banc de Binary est néanmoins tenue de respecter les obligations résultant de la fourniture de services d’investissement pendant trois mois à compter du 15 janvier 2017, période durant laquelle le prestataire reste sous la supervision de la CySEC. Dans ces conditions, l’AMF recommande aux clients ayant ouvert un compte auprès de cette plateforme d’écrire sans tarder, par courrier recommandé avec accusé de réception, à Banc de Binary Ltd et d’adresser une copie de ce courrier à la CySEC, afin de demander la clôture de leur(s) compte(s) et le remboursement de leurs soldes éventuels.
Coface et le groupe BPCE ont annoncé lundi la signature d’un accord de distribution nationale dans l’assurance-crédit. « Les solutions d’assurance-crédit conçues et gérées par Coface sont maintenant commercialisées auprès de la clientèle d’entreprises des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne », soulignent les deux groupes. Ces accords de distribution sont une bonne nouvelle pour Coface, qui est confronté à des vents contraires dans son activité et ne gère plus depuis le 1er janvier les garanties publiques à l’export, transférées à Bpifrance.
Le courtier en assurances Siaci Saint Honoré est l’actionnaire de référence et partenaire d’une nouvelle société de courtage panafricaine. Créée en janvier 2017, la société Oléa « se concentre dans un premier temps sur les métiers du courtage direct, le servicing auprès de courtiers non implantés sur le continent et le courtage de réassurance à l’international », selon un communiqué publié aujourd’hui.
L’action UniCredit abandonnait plus de 5% ce lundi à la mi-séance après la publication d’informations de presse et du document de référence de son augmentation de capital à venir. Selon ce document, la banque italienne prévient que son ratio CET1 transitoire est attendu à la fin décembre à environ 8%, ce qui le placerait environ deux points de pourcentage en dessous des exigences de la BCE pour 2017. Ce déficit traduit notamment le décalage temporel entre son augmentation de capital et les provisions massives qu’UniCredit va inscrire au quatrième trimestre pour apurer son bilan.
Le Crédit Agricole Brie Picardie a annoncé vendredi avoir financé 62 000 dossiers en 2016 pour un montant total record de 4,9 milliards d’euros (+17,1% sur un an) sous la forme de nouveaux crédits à moyen et long termes. Son produit net bancaire consolidé s’est néanmoins érodé de 1,2% à 602,1 millions d’euros, alors que son résultat net a baissé de 12,6% à 167,9 millions en raison notamment d’un effet défavorable de plus de 15 millions sur les actifs d’impôts différés. Son ratio de liquidité à court terme s’établit à 100 % à fin décembre 2016, pour une exigence minimale fixée à 70 % pour 2016 et à 80 % pour 2017.
La filiale d’Allianz spécialisée dans les services d’assistance a annoncé vendredi avoir conclu un accord de coopération exclusif en Europe avec le service d’autopartage car2go. Depuis le 1er janvier 2017, les clients car2go reçoivent ainsi une assurance responsabilité civile d’Allianz chaque fois qu’ils louent un véhicule via car2go. La particularité de ce partenariat réside dans le fait que la couverture d’assurance a été adaptée en fonction de la structure tarifaire «à la minute» utilisée par car2go.
En marge du récent forum de Davos, le directeur général de Goldman Sachs, Lloyd Bankfein, a critiqué le Premier ministre britannique, Theresa May, en reprochant à cette dernière de ne pas donner à la City suffisamment d’atouts afin qu’elle puisse concurrencer efficacement d’autres centres financiers européens dans la perspective du Brexit, indiquait hier le Financial Times en se référant à des personnes proches de ces conversations.
HSBC Trinkhaus a levé le mois dernier des fonds propres durs (Core Tier 1) par le biais d’obligations subordonnées. Cependant, la banque se prépare à l’éventualité de devoir prendre de nouvelles mesures afin de renforcer encore son capital dans la perspective d’un durcissement des règles de Bâle 3, «étant donné que chaque groupe de travail à Bâle s’attache à mettre en place de nouvelles règles», a déclaré samedi dans un entretien au Börsen-Zeitung Paul Hagen, directeur financier de la filiale allemande de HSBC.
L’association française des investisseurs pour la croissance (Afic) appelle à la suppression de l'ISF et au rétablissement du régime d'attribution d'actions gratuites mis en place par la loi Macron afin de relancer la croissance et l'emploi.
Deux anciens dirigeants d’Och-Ziff ont été accusés d’avoir orchestré un système pour remporter des contrats de hedge funds dans au moins cinq pays africains en payant des «dizaines de millions de dollars» de pots de vin à des dirigeants gouvernementaux. La Securities and Exchange Commission (SEC) a déposé une plainte au civil accusant Michael Cohen et Vanya Baros de violer le «Foreign Corrupt Practices Act» et d’avoir donné une image inexacte de leurs opérations africaines aux investisseurs sur cinq ans à compter de 2007. Les pays concernés sont la Libye, le Tchad, le Niger, la Guinée et la République démocratique du Congo.
L’AMF a publié hier une analyse sur l’activité des acteurs du trading à haute fréquence sur les valeurs du CAC 40, qui se veut avant tout «descriptive» pour reprendre les termes de son communiqué. Le régulateur français s’est intéressé à leur présence dans le carnet d’ordres, leur consommation de liquidité et leurs changements de comportement en période de stress intense.Pour l’AMF, les acteurs du trading à haute fréquence sont un soutien important à la liquidité en temps ordinaires. Ils sont présents plus de 90% du temps à la meilleure limite (meilleur prix proposé à l’achat ou à la vente) et représentent en moyenne 80% de la quantité présente aux trois meilleures limites du carnet d’ordres. Ils entrent progressivement dans le carnet d’ordres et participent ainsi à réduire le spread (écart entre les prix offerts à l’achat et à la vente) en début de journée mais se retirent nettement du carnet en amont d’annonces attendues pouvant impacter les cours. En moyenne les traders à haute fréquence consomment plus de liquidité qu’ils n’en apportent et plus particulièrement durant les périodes durant lesquelles la volatilité est plus élevée. Le stress global du marché a un impact négatif sur la liquidité et se traduit toujours par une chute de la quantité proposée aux meilleures limites pour l’ensemble des participants de marché. Les périodes localisées de stress intense sont marquées par une présence accrue des traders à haute fréquence. En particulier après les annonces, leur part de marché et leur consommation de la liquidité augmentent fortement.
UBS a surpris favorablement ce vendredi en annonçant un bénéfice net de 738 millions de francs suisses (690 millions d’euros) au quatrième trimestre. Le consensus établi par Reuters tablait sur un chiffre de seulement 339 millions de francs suisses à comparer à un montant de 949 millions au quatrième trimestre 2015, qui intégrait cependant un produit fiscal de 715 millions. Sur l’ensemble de l’exercice 2016, la banque suisse a enregistré un bénéfice net de 3,3 milliards de francs suisses, après 6,2 milliards en 2015.
Au lendemain de la publication de bons résultats annuels, Santander a levé hier 1,5 milliard d’euros de dette senior non préférée à 5 ans, à un spread de 120 points de base au-dessus des swaps. Il s’agit de la première opération du genre pour la banque espagnole, qui a annoncé son intention d'émettre 14 milliards d’euros de ce type de dette cette année, et 12 milliards en 2018. Ces instruments permettront au groupe de respecter les exigences de fonds propres imposées aux banques systémiques.
La banque britannique a annoncé une nouvelle provision de 3,1 milliards de livres mais son stock pourrait encore être insuffisant pour absorber le choc.
Barclays prévoit de déménager son siège pour l’Union européenne (UE) de Londres à Dublin après la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, a déclaré hier à Reuters une source informée du projet. Un porte-parole de Barclays a déclaré à Reuters que la banque considérait plusieurs options, l’une d’elles étant d’agrandir ses bureaux de Dublin, où travaillent actuellement une centaine de personnes.
Les banques françaises assurent être en ordre de bataille pour mettre en œuvre le dispositif de la loi Macron qui doit permettre aux particuliers de changer plus facilement d'établissement. «Les banques sont prêtes pour lancer ce nouveau service de mobilité bancaire», écrivait hier la Fédération bancaire française (FBF) au sujet de ce mécanisme qui entrera en vigueur le 6 février. «Le client n’a plus qu’une opération à faire. Il lui suffit de signer un mandat de mobilité à sa nouvelle banque et de lui fournir les coordonnées bancaires du compte dans sa banque d’origine», explique la FBF, pour qui tous les processus sont d’ores et déjà en place.
Samuel Rosenberg et Sébastien Lafosse, deux directeurs des ventes chez Natixis à New York, auraient quitté la banque, rapportait hier Bloomberg de personnes proches du dossier. Samuel Rosenberg était en charge des ventes de dérivés actions pour les Amériques. Sébastien Lafosse supervisait la distribution des produits structurés sur le même secteur, sous la direction de Samuel Rosenberg. Contacté, Natixis n’a pas souhaité commenter.
Le Parlement a adopté hier, par un vote du Sénat, le projet de loi autorisant l’approbation de l’accord multilatéral sur l'échange automatique des déclarations entre pays, qui vise à renforcer la lutte contre la fraude et l’optimisation fiscales des entreprises. L’accord rentre dans un volet du plan d’action de l’OCDE dit «BEPS» (Base Erosion and Profit Shifting, terme anglais désignant l’optimisation fiscale), dont les 15 préconisations prévoient une déclaration annuelle, pays par pays, pour les multinationales au chiffre d’affaires égal ou supérieur à 750 millions d’euros. Ces déclarations (répartition des bénéfices du groupe, des impôts, informations sur la localisation et l’activité des entités, etc.) seront ensuite échangées entre administrations fiscales concernées via l'échange de renseignements entre États.
Les activités de Deutsche Bank en Allemagne gagneront en importance au fil des ans, en partie en raison de la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne, a estimé hier le directeur général de la banque, John Cryan. «Ce n’est pas un secret. L’Allemagne deviendra plus importante pour nous dans les années qui viennent», a déclaré le dirigeant lors d’un événement organisé par le groupe à Berlin. «Notre activité sur notre marché intérieur, avec nos clients allemands, constitue clairement notre grande force», a affirmé John Cryan.