Déjà à la une des préoccupations en 2016, le dossier du conseil automatisé et, plus généralement, de l’ensemble des outils utilisés dans ce domaine, va continuer de faire l’objet de toutes les attentions, notamment du côté des régulateurs. A quelques encablures de la nouvelle année, l’Organisation internationale des commissions de valeurs (OICV ou Iosco en anglais) a proposé une version actualisée de son rapport sur les outils de conseil automatisés dont les premières conclusions avaient été publiées en 2014.Compte tenu des évolutions rapides observées sur ce marché, l’OICV a jugé utile de mener une nouvelle enquête auprès de ses membres dans le courant de l’année 2016 afin d’analyser ses premières conclusions à l’aune des derniers développements. Selon des estimations du groupe Aite, les dépenses globales consacrées aux initiatives dans la gestion de fortune digitale devraient tripler d’ici à 2019, passant de 4 milliards de dollars en 2015 à 12 milliards de dollars en 2019. «En conséquence, le développement continu des outils de conseil d’investissement automatisés appelle une surveillance continue pour comprendre son impact sur la fourniture de conseil en investissement à la clientèle retail», écrit l’OICV. D’autant plus qu’il est très probable que les outils technologiques affectent la plupart voire tous les éléments de la chaîne de valeur du conseil, y compris l’analyse du profil client, l’allocation d’actifs, la sélection de portefeuilles, l’exécution des ordres, le rebalancement des portefeuilles ou encore l’analyse des portefeuilles.Au premier trimestre 2016, les ETF et les fonds d’investissement constituaient l’essentiel des produits d’investissement proposés par les fournisseurs de conseil automatisé. Toutefois, relève l’OICV, plusieurs régulateurs ont observé l'émergence de nouveaux produits et/ou stratégies d’investissement, potentiellement beaucoup plus risqués. Si cette tendance se confirme et si sont proposés des produits plus complexes et/ou spéculatifs, les régulateurs pourront être amenés à prendre des mesures pour protéger les investisseurs.Parmi ces produits complexes figurent notamment les options binaires ou encore les fameux contrats CFD (contracts for difference) qui font l’objet d’un rapport spécifique que vient également de publier l’OICV (Report on the IOSCO Survey on Retail OTC Leveraged Products). Ce texte identifie les différents risques liés au marketing et à la vente de produits OTC complexes à effet de levier et analyse les mesures prises par les régulateurs pour répondre aux défis que constituent ces produits.A noter enfin que l’OICV a publié un document de consultation sur les pratiques en matière de routage des ordres et sur les mesures incitatives dans ce domaine qui peuvent influencer le traitement des clients par les intermédiaires. La consultation est ouverte jusqu’au 21 février 2017.