Dans un entretien accordé aux Echos, Odile Renaud-Basso, la directrice générale du Trésor, prend ouvertement la défense de la Loi Sapin II qui prévoit, notamment de donner aux pouvoirs publics la possibilité de bloquer ou restreindre temporairement les rachats sur les contrats d’assurance-vie. « J’entends parfois que l’on donne des pouvoirs exorbitants aux autorités. Ce n’est pas le cas ! », se défend ainsi la directrice générale du Trésor. « Ce pouvoir nouveau donné au Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) est très circonscrit et encadré. Il ne pourra s’exercer que dans des circonstances tout à fait exceptionnelles, afin de prévenir des risques représentant une menace grave et caractérisée pour la stabilité financière, et pour une période de trois mois renouvelable, soit six mois au maximum », ajoute Odile Renaud-Basso. A ses yeux, « cette mesure a pour objet d’éviter de faire face à des retraits massifs, par exemple en cas de remontée brutale des taux d’intérêt ». « C’est aussi une manière d’assurer une égalité de traitement, pour éviter de faire une différence entre les épargnants les plus avertis et les autres. Il ne faut en aucun cas y voir une remise en cause des contrats. Les pouvoirs donnés au HCSF sont donc une mesure de protection des épargnants en cas de choc extrême », insiste Odile Renaud-Basso.