En mai dernier, les organismes d’assurance publiaient leurs rapports SFCR (Solvency and Financial Condition Report) pour la seconde année consécutive. Le réassureur SCOR et la société de conseil en actuariat, Galea, ont procédé à une analyse de la communication financière à partir d’un panel de 300 entreprises d’assurance françaises représentant plus de 95% du marché de l’assurance directe en termes de chiffre d’affaires. Pour la partie résultats des placements, ils ont observé que le résultat financier est présenté par les trois-quarts des acteurs avec un détail par classes d’actifs mais avec un niveau d’explications et de commentaires « relativement disparate ». Par exemple, certaines entités précisent uniquement l’évolution des plus-values latentes et non le résultat de l’année. Au niveau des points améliorations, ils constatent que des informations supplémentaires sont apportées dans plusieurs rapports : • communication sur le respect de la revalorisation minimum réglementaire, • commentaires sur les perspectives futures du portefeuille, • présentation du détail des frais financiers. Certaines entités présentent également la contribution de chacune des poches d’actif au résultat total. Dans le chiffre d’affaires, les actuaires ont pu constater une hausse importante des UC, leur part passe de 18% à 27% pour les bancassureurs, de 6% à 8% pour les acteurs retraite, de 23% à 26% pour les assureurs vie et de 15% à 18% pour les groupes. Dans les portefeuilles des institutionnels, les actuaires observent qu’environ 50% des actifs sont investis sur des obligations. Pour les mutuelles, la poche obligataire est inférieure à 40% des encours. En revanche, les mutuelles sont les plus exposés en immobilier avec 7 à 8% d’encours. Pour les IP, leur part en obligations est environ de 45%. Les mutuelles et les IP ont le plus recours aux OPCVM. Les investissements en actions sont faibles, représentant au maximum 3,8% des actifs pour tous les groupes. Les actuaires ont cherché également à comparer les assureurs français au marché européen. La France constitue le deuxième marché en taille d’actifs en Europe derrière le Royaume-Uni et juste devant l’Allemagne. Mais la France compte le plus grand nombre d’entreprises (450) loin devant l’Allemagne (350) et le Royaume-Uni (250). Les obligations d’États restent le principal investissement des compagnies en Europe avec 31% du total. Les obligations d’entreprises forment le deuxième support d’investissement avec 29% du total qui tend à égaler les obligations d’États. Les actuaires notent cependant quelques disparités: L’Espagne, la Belgique, l’Italie et le Portugal conservent plus de 49% de leur investissements en govies. Les pays Nordiques (Danemark, Finlande, Norvège et Suède) ont quant à eux la part la plus faible de govies, situées entre 11 et 14%. Les investissements en corporate restent relativement homogènes en Europe entre 19 et 40%. Les OPCVM (non transparisés au bilan) sont le 3ème support d’investissement avec 19% des encours. L’investissement en action est modéré avec 4% en moyenne et une certaine disparité (1-9%). L’immobilier reste un investissement mineur avec 2% en moyenne des placements. Par ailleurs, sur les autres sujets de reporting, Galea a notamment comparé les attentes de l’ACPR publiées en février 2018 avec les rapports remis.