Alors que l’EIOPA (European insurance and occupational pensions authority) a lancé hier une consultation publique des régulateurs nationaux portant sur la mise en pratique des aspects clés de Solvabilité 2 (lire par ailleurs), l’AFG a publié, pour sa part, mercredi, la deuxième édition du baromètre semestriel AFG-Kurt Salmon sur l’état de préparation des sociétés de gestion à la directive. Le baromètre met en évidence une amélioration des connaissances des sociétés et de leur adaptation à cette nouvelle réglementation, malgré le décalage d’un ou deux ans attendu pour son entrée en vigueur, initialement prévue en 2014. Corollaire de cet engagement, une étude réalisée par Ernst & Young souligne que les sociétés de gestion européennes dans leur grande majorité espèrent bien gagner des parts de marché auprès des assureurs grâce à Solvabilité II.Selon le baromètre AFG-Kurt Salmon, les sociétés de gestion sont davantage mobilisées, 92% des répondants estimant bien connaître la réforme, contre 80% en 2012. Ce point de vue se reflète également dans leur implication dans des groupes de travail de place et au sein des travaux menés en interne.Le projet semble bien pris en main par les sociétés de gestion, qui s’estiment pour les trois quarts en ligne avec leur calendrier initial. Malgré le décalage de la Directive, 40% des répondants ont maintenu leur planning initial et 35% ont revu les priorités du projet. Ils mettent l’accent en priorité sur l’adaptation de leur reporting et leurs outils de calculs. Seuls 25% ont provisoirement gelé les travaux.Les sociétés de gestion ont mieux pris conscience des opportunités de développement auprès des investisseurs institutionnels, les deux tiers d’entre elles (65%) considèrant cette réforme comme un levier de développement majeur auprès des investisseurs institutionnels.88% souhaitent proposer des produits ou services ad hoc à leurs clients assureurs dans le cadre de Solvabilité 2, contre 62% l’été dernier. Plus de 50% souhaitent développer une offre de gestion, soit via la création de fonds « solvabilité 2 friendly », soit sous la forme d’offre de gestion sous contraintes de SCR. La quasi-totalité des sociétés de gestion envisagent de proposer un service de fourniture de données : 95% contre 80% il y a 6 mois. Environ 50% d’entre elles souhaitent produire des calculs de SCR sur les portefeuilles (mandats et OPCVM).Les besoins clients ont effectivement évolué depuis l’été 2012 : si les assureurs demandent toujours des données d‘inventaires de portefeuilles (97% des répondants), les sociétés de gestion sont davantage sollicitées sur les calculs de SCR (74% contre 62% il y a 6 mois), aussi bien dans les produits en vie, qu’en phase d’appel d’offres.Pour répondre à ces besoins, les sociétés de gestion ont poursuivi leurs efforts d’adaptation ces derniers mois, surtout au niveau de leurs reportings ainsi que de leurs systèmes d’information. Elles ont enrichi leurs référentiels, notamment sur les données de couvertures, et décidé d’effectuer les calculs de SCR pour 75% d’entre elles.Si les sociétés de gestion sont maintenant en mesure de répondre aux besoins ponctuels de leurs clients en termes de données et de calculs, leurs processus ne sont toutefois pas encore industrialisés. Les adaptations sont en cours et prennent en compte le report de l’entrée en vigueur de la Directive à début 2015 voire 2016.