La donnée, voilà un des sésames que le secteur de la gestion d’actifs tente de maîtriser depuis quelques années. Les grands groupes comme Axa IM ou Amundi se sont dotés d’équipes et de moyens devant leur permettre de mieux maîtriser l’ensemble des informations dont ils disposent. Mais quid des acteurs de petite taille ou de taille moyenne? «Nombreux sont ceux qui aujourd’hui sont attirés par le potentiel de l’Intelligence Artificielle, le Big Data ou d’autres sujets innovants mais ces projets de recherches sont l’apanage des grandes sociétés et ne reflètent pas toujours la réalité de terrain. Le reste du secteur a beaucoup de retard sur les sujets élémentaires liés à la donnée. Il y a un véritable problème au niveau de la complétude des bases titres et de leur centralisation par exemple. J’ai eu un client dont l’usage du référentiel titres était impossible : il n’était en mesure de ne traiter que deux ratings d’agence sur trois, saturé par les solutions de contournement et par la médiocrité des contrôles», explique le consultant David Laup. Comment alors aider le secteur financier à faire évoluer ses outils technologiques et se mettre au diapason des meilleurs standards ? C’est avec cette idée en tête et la volonté de sortir d’un secteur du conseil trop consensuel que le jeune consultant a lancé la société Virtual Beehive en 2016. Son secteur de prédilection sera alors la gestion d’actifs puisqu’il est passé auparavant par le gestionnaire d’actifs OFI AM, avant de rejoindre BI-SAM et d'étudier le rachat d’un autre cabinet de conseil en 2018. Il faut pourvoir bien quantifier et qualifier les données pour bien les utiliser et beaucoup ne parviennent même pas à ce stade « Bien sûr que les petits acteurs et ceux de taille moyenne ont envie de se lancer dans le machine learning ou s’adjoindre les services de data scientists. Mais avant de passer cette étape, il faut savoir qu’ils sont nombreux à avoir du retard par rapport aux autres secteurs sur la connaissance clients, la gestion des données, la gestion des risques, leur capacité à faire du prévisionnel. Ce sont des éléments de base : il faut pouvoir bien quantifier et qualifier les données pour bien les utiliser et beaucoup ne parviennent même pas à ce stade », déplore David Laup. La flambée des prix de la data ces dernières années n’aide en rien à la «mise aux normes» du secteur. Et l’impact est direct sur les mesures de performances, considérées encore par beaucoup comme un centre de coûts uniquement. «Le ticket moyen pour pouvoir se doter d’un bon outil est de 200.000 euros. Ca en rebute plus d’un», explique-t-il. Les asset managers utilisent encore des fichiers Excel, un outil certes puissant, agile et qui permet de rester autonome par rapport à un fournisseur de données, mais qui implique que «chaque société développe sa technique dans son coin. Du coup, il y a moins de maîtrise à l’heure où on devrait au contraire être plus dans le contrôle». Virtual Beehive compte aujourd’hui 18 collaborateurs et présente une offre matricielle avec trois grandes lignes de métier : les opérations du front et du middle office (assistants de gestion, MOA, chargés de production, etc); la gestion des données (data scientist, data management, etc) et le corporate finance (RH, pilotage des entreprises, M&A via un partenariat avec PE Build-Up…). La société a aussi élargi son expertise à une poignée d’autres secteurs hors finance comme l’automobile et la pharmacie. Parmi ses projets, David Laup cite l’ouverture prochaine d’un bureau à Dubaï pour couvrir l’Asie, ainsi qu’à Genève pour viser le secteur de la gestion de fortune. Il réfléchit également à l’acquisition d’une autre société d’ici quelques mois et pourrait s’ouvrir à d’autres compétences comme la cybersécurité. « L’idée de Virtual Beehive est d’être un Hub où serait logé toutes sortes de compétences au service de nos clients », explique le dirigeant. Cerise sur le gâteau, l’enregistrement de Virtual Beehive comme organisme de formation et le développement d’une structure de R&D avec comme illustration, le recrutement d’un doctorant en mathématique appliqué. Objectif : lancer dans quelques semaines un indice Quant original de gestion éthique spécialisé en finance islamique.
Le total des actifs sous gestion discrétionnaire des 500 plus importantes sociétés de gestion dans le monde s'élevait à 91.500 milliards de dollars fin 2018, en baisse de 3% par rapport à fin 2017, rapporte l’enquête annuelle de Willis Towers Watson Thinking Ahead Institute. L’actif géré médian s'établissait à 45,6 milliards de dollars en 2018, en hausse par rapport aux 44 milliards de dollars l’année précédente. Le cabinet d'étude rappelle que l’investissement est un secteur en évolution rapide : quelque 242 noms sur sa liste 2008 des 500 plus grands gestionnaires d’actifs ne figurent plus sur la liste 2018. Par contraste à la diminution des encours globaux, l’institut note que les actifs gérés dans le cadre de mandats environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) par les 500 plus grands gestionnaires d’actifs dans le monde ont augmenté de 23,3 % en 2018. BlackRock a conservé sa position de premier gestionnaire d’actifs dans le classement depuis 2009. Pour la cinquième année consécutive, Vanguard et State Street complètent le top trois. La croissance de l’actif sous gestion par région varie de -4,9 % en Amérique du Nord à 17,9 % pour le reste du monde. L’Europe a connu une baisse de 3,9 %. Les Etats-Unis représentent plus de 51% du marché. La part des 20 premiers gestionnaires dans l’actif total est passée de 43 % en 2017 à 42 % en 2018. Leur actif sous gestion total a diminué de 4,8 % pour s'établir à 38.600 milliards de dollars américains. Les gestionnaires américains ont gagné un membre dans le Top 20, T. Rowe Price. Il y avait 13 gestionnaires américains dans le Top 20, représentant 72,6 % de l’actif géré total. Les autres étaient des managers européens. Parmi les 20 premiers, la moitié d’entre eux sont des gérants de fortune indépendants, suivis des banques (7) et des assureurs (3), comme l’année précédente. Les catégories d’actifs traditionnelles d’actions et de titres à revenu fixe ont continué de constituer la majorité de l’actif : 78,0 % de tous les actifs (43,6 % d’actions et 34,4 % de titres à revenu fixe), avec une baisse de 5,6 % en 2018. Les placements passifs ont diminué de 3,4 %, dans un contexte où tous les principaux indices boursiers ont connu des rendements négatifs en 2018.
Quarante gérants-analystes et quarante milliards d’euros. C’est ce que représente l’équipe de gestion thématique de Pictet Asset Management près de 25 ans après le lancement du fonds biotech, le premier du genre.Son poids est conséquent pour une société qui gère 160 milliards d’euros et compte 350 professionnels de l’investissement. Aujourd’hui, l’équipe thématique gère 15 stratégies. Le plus gros fonds est le fonds Water, lancé il y a 20 ans, qui pèse 5 milliards d’euros. Les thématiques ayant connu le plus fort succès cette année sont Pictet Biotech, Pictet Global Environmental Opportunities, Pictet Smart City, Pictet Water et Pictet Global Megatrend Selection. La collecte a été de 500 millions d’euros. Interrogé sur le remplacement des départs ayant affecté l’équipe en marge d’une conférence dédiée à la gestion thématique de Pictet AM, Marc-Olivier Buffle, spécialiste produits senior chez Pictet Asset Management, a indiqué qu’ils avaient été «plus que remplacés». «Il y a cinq ans, lorsque je suis arrivé, l’équipe ne comptait que 17 personnes. Aujourd’hui, nous sommes 40». Cette augmentation a accompagné la croissance des encours, «qui ont triplé en cinq ans». Une gestion à impact Marc-Olivier Buffle a par ailleurs expliqué comment la gestion thématique de Pictet cherchait à avoir un impact environnemental. Et pour que l’impact soit le plus fort, Pictet AM s’efforce à chaque étape de gestation et de gestion des fonds d’intégrer cette dimension. La première étape est l’intention. «Par exemple, pour le fonds GEO, l’intention est d’investir dans des entreprises apportant des solutions aux problématiques environnementales avec un impact relativement faible», illustre-t-il. La deuxième phase est celle de la définition du concept. Il s’agit de décliner les choses de manière concrète «mettant en place un cadre théorique, pour savoir de quoi on parle et pouvoir définir un univers d’investissement». Arrive ensuite le stade de la recherche, qui s’appuie sur les 40 gérants, mais aussi sur 30 membres d’un comité consultatif, qui sont des experts dans leur domaine et se réunissent régulièrement. L’humain est primordial dans cette étape, car la recherche d’un impact nécessite d’aller plus loin que les données fournies par les fournisseurs spécialisés ou les indices. «Il faut être très pur, très rigoureux sur les entreprises qui peuvent faire partie du fonds», explique Hervé Thiard, directeur général de Pictet AM France. Des filtres positifs et négatifs sont appliqués. Côté positif, Pictet va prendre les meilleurs de la classe dans chaque secteur. Des exclusions classiques sont mises en place, ainsi que des exclusions spécifiques à chaque thème. Pictet intègre aussi des facteurs ESG dans la recherche. Cette démarche s’accompagne d’un actionnariat actif, «fondamental dans l’investissement responsable». Enfin, tout cela est restitué au sein d’un reporting.
En 2001, ni BlackRock ni Vanguard ne figuraient dans le Top 20 des gestionnaires d’actifs dans le monde et ces deux groupes américains sont désormais les deux plus grands gestionnaires d’actifs au monde. Quels sont les moyens pour les acteurs financiers européens (banques, assureurs, gestionnaires d’actifs) de combler l'écart de rentabilité avec leurs homologues américains?, s’interroge l’agence Moody’s. Le constat est le suivant : les sociétés américaines sont en tête de l’industrie mondiale de la gestion d’actifs, les 20 plus grands gestionnaires d’actifs américains détenant une part de marché de 35 % des actifs sous gestion mondiaux, tandis que les 20 premiers gestionnaires d’actifs européens doivent se contenter de 14 %. Les économies d'échelle via l’effet de taille sont l’explication numéro un avancée pour justifier l'écart de profit entre les gestionnaires d’actifs américains et européens. D’où vient alors ce manque d'échelle dans la gestion d’actifs européenne ? Moody’s suggère tout d’abord que la structure de propriété des gestionnaires d’actifs basés dans l’UE les a empêchés d’'étendre leur taille et de se diversifier en Europe. «En Europe continentale, de nombreuses sociétés de gestion d’actifs sont filiales de grands groupes bancaires ou d’assurance. Elles se sont appuyées sur des clients institutionnels captifs et ont profité des réseaux de succursales bancaires pour bâtir leur clientèle détail. Les cinq premiers gestionnaires d’actifs en France (3700 milliards d’euros), en Allemagne (2000 milliards d’euros), en Espagne (373 milliards d’euros) et quatre des cinq premiers en Italie (857 milliards d’euros) sont tous affiliés à des banques ou assurances», explique Moody’s. Le potentiel Ucits et AIF est sous-utilisé Selon Moody’s, ce lien fort entre les banques et les gestionnaires d’actifs en Europe a freiné la croissance des acteurs indépendants. A l’opposé, aux Etats-Unis, sur les 50 premiers gestionnaires d’actifs américains, 26 sont indépendants, y compris BlackRock et Vanguard. En outre, la fragmentation du marché bancaire européen a contenu l’expansion des gestionnaires d’actifs appartenant à des banques au-delà de leurs marchés principaux, note l'étude. Sur ce sujet de la fragmentation du marché en Europe, Moody’s souligne que les gestionnaires d’actifs américains ont moins de difficultés à accéder aux clients de 50 États que leurs homologues européens lorsqu’ils servent des clients de 28 États. En d’autres termes, il n’y a pas de marché unique en Europe, et ce facteur pèse sur l'écart de profit et d'échelle avec les États-Unis. «Comme pour les banques, la plupart des gestionnaires d’actifs de l’UE sont des acteurs nationaux qui s’appuient sur leur marché et leurs réseaux nationaux. Cela malgré l’existence de passeports de fonds OPCVM et FIA qui sont conçus pour permettre aux fonds établis et réglementés dans un État membre de l’UE d'être vendus dans toute l’UE sans qu’une autorisation supplémentaire soit nécessaire. Mais les procédures restent lourdes et le potentiel de distribution des fonds dans l’UE est sous-utilisé», souligne Moody’s, qui s’appuie sur les chiffres de la Commission européenne. L’institution indique que 70% des actifs sous gestion de l’UE sont détenus par des fonds d’investissement qui ne sont enregistrés que pour être distribués sur leur marché national. Seuls 37 % des OPCVM et 3 % des fonds d’investissement alternatifs (AIF) sont enregistrés pour distribution dans plus de trois États membres. Moody’s attend des nouvelles règles européennes en matière de distribution transfrontalière des fonds votées en juillet et devant être transposées en droit national d’ici le 2 août 2021 une baisse des charges et des coûts liés à la distribution des fonds en Europe. Ils devraient inciter également les gérants de fortune à vendre des fonds à l'étranger, selon l’agence. Trop de fonds et trop de sociétés de gestion en Europe Les gestionnaires d’actifs américains battent également leurs homologues européens en termes de rentabilité. Moody’s met en avant la marge d’EBITDA agrégée des 14 plus grands gestionnaires d’actifs publics et indépendants américains, qui dépasse celle des neuf plus grands gestionnaires d’actifs indépendants de l’UE (32,6% contre 29% à fin 2018). Selon Moody’s, l'écart de rentabilité s’explique par des coûts de distribution plus élevés en Europe et à plus petite échelle par rapport aux acteurs américains. «Les coûts de distribution en pourcentage du chiffre d’affaires sont beaucoup plus élevés en Europe. Les fonds sont principalement distribués par l’intermédiaire de réseaux bancaires en Europe, ce qui est coûteux pour les gérants de fortune indépendants. Aux États-Unis, les fonds destinés aux particuliers sont principalement vendus par l’intermédiaire de courtiers et de planificateurs financiers, tandis que le marché institutionnel fait appel à des consultants et que ces canaux sont plus concurrentiels. Les gestionnaires d’actifs américains dépendent beaucoup moins des réseaux de banques et d’assureurs captifs pour la distribution de leurs produits. Cela a favorisé le développement et l’adoption de nouveaux produits, y compris les fonds négociés en bourse (ETF) passifs», résume le rapport. Les ETF ont joué un rôle majeur dans l’avènement de BlackRock et Vanguard en tant que leaders mondiaux de la gestion d’actifs. Mais les banques européennes, qui dominent le secteur européen de la gestion d’actifs, n’ont pas intérêt à vendre des ETF. Une trop grande segmentation de la distribution des fonds a également contribué à répartir l'écart de profit et d'échelle entre les Etats-Unis et l’Europe. Quelque 62.500 fonds d’investissement sont recensés en Europe, contre environ 8.000 aux États-Unis, pour une taille moyenne de 264 millions d’euros et 2,5 milliards de dollars respectivement. Les différences dans les structures du marché des capitaux, les systèmes de retraite et les préférences des ménages en matière d'épargne ont également joué un rôle dans cet écart. «Avec un volume beaucoup plus important de dettes et de capitaux propres qui transitent par les États-Unis et une plus faible proportion de l'épargne des ménages investie dans les dépôts bancaires, l’industrie américaine de la gestion d’actifs a connu une croissance plus rapide et est devenue plus sophistiquée ", a déclaré Moody’s.
Alors que Hong Kong est secouée par un mouvement de contestation antigouvernementale de grande ampleur, les dirigeants d’entreprises présentes à Hong Kong craignent désormais une entrée en récession. Dans un contexte de défiance politique et institutionnelle, HSBC et Standard Chartered ont lancé jeudi dernier un appel au calme via des pages publicitaires dans les principaux médias de la ville. Si les entreprises locales et britanniques peuvent légitimement être inquiètes, à quel niveau sont exposées les sociétés de gestion hexagonales ? Dans l’ancien territoire britannique, la communauté de la gestion d’actifs française n’est pas très puissante. A côté de l’incontournable HSBC, la place hongkongaise est dominée par les grands noms américains et anglais de la gestion d’actifs. BlackRock, Fidelity, Schroders, Vanguard, Franklin Templeton ou encore Columbia Threadneedle figurent parmi les principaux acteurs de ce marché qui compte environ 2000 fonds ouverts. De fait, seules les grandes maisons de gestion françaises ont fait le choix d’y installer des filiales. Hong Kong compterait un peu plus de 8000 Français, sur un total de près de 8 millions d’habitants, selon le dernier recensement du département des statistiques, réalisé en 2016. La présence en termes d’entreprises est également restreinte: 750 sociétés ou filiales y sont présentes selon la chambre française de commerce.Parmi les entreprises enregistrées auprès de la Securities and Futures Commission (SFC), on ne retrouve qu’Amundi, BNP Paribas AM, Lyxor, Natixis IM, et plusieurs filiales d’Axa. Elles commercialisent de nombreux fonds ouverts, gérés soit localement, soit en Europe. Amundi propose par exemple 14 fonds abrités par sa branche hongkongaise, dont certains sont des répliques de stratégies de la filiale CPR AM, et 26 fonds gérés par ses équipes basées au Luxembourg, selon les données de la SFC. La filiale cotée de Crédit Agricole a également mis le pied dans le marché de l'épargne-retraite avec six fonds. BNP Paribas est le deuxième plus important pourvoyeur français du marché local des fonds, avec 38 véhicules de la gamme Parvest. La multiboutique Natixis IM commercialise de son côté des fonds des sociétés américaines Loomis Sayles et Harris Associates, en plus de quelques fonds des Français Seeyond et Ostrum AM. Axa s’est installé pour sa part sur le segment des fonds ouverts avec Axa Funds Management et Axa Investment Management. L’assureur français vend également près d’une cinquantaine de produits d’assurance-vie de ses filiales AXA China Region Insurance Company et AXA Wealth Management Hong Kong. Sur le petit marché des ETF listés à la bourse locale, Amundi y propose deux produits, représentant un peu plus de 500 millions de RMB d’encours (64 millions d’euros). Une goutte d’eau en face des géants BlackRock, Vanguard et DWS, qui représentent à eux seuls 25% des 150 fonds indiciels cotés. Parmi les rares acteurs indépendants, nous pouvons citer Gavekal Capital, la société de gestion cofondée à Hong Kong par l’économiste français Charles Gave, désormais dirigée par son fils Louis-Vincent. Elle gère 840 millions de dollars d’actifs dans cinq fonds ouverts et 353 millions de dollars en comptes gérés. L’influence de la France sur la communauté hongkongaise de la gestion d’actifs est également faible. On ne retrouve qu’un membre d’Amundi Hong Kong au sein du comité exécutif de la Hong Kong Investment Funds Association, perdu au milieu de nombreux asiatiques, anglais et américains. L’association est par ailleurs présidée par le directeur général de BlackRock Asset Management en Asie du Nord.Soulignons néanmoins que l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) et la SFC ont signé en 2017 un accord de reconnaissance mutuelle de fonds d’investissement entre les deux places. Les fonds ouverts des deux pays sont donc commercialisables auprès des investisseurs non professionnels sur chacun de ces deux marchés grâce à une procédure d’autorisation accélérée.
Allongé tranquillement sur un transat en sirotant un cocktail vous parcourez peut-être un magazine people scrutant les moindres faits et gestes des stars en cette période estivale. Ce que la presse à sensation ne dit pas, ou peu, c’est que les célébrités elles aussi se lancent parfois dans la finance !
La Suisse a eu GAM, le Royaume-Uni Woodford et la France H2O AM. En l’espace de quelques semaines, les interrogations sur la transparence et la liquidité des fonds ont eu une acuité toute particulière, rarement vue depuis la crise financière de 2008. Ce que ces «crises», différentes dans leurs origines, ont montré, c’est que ces sujets sont toujours aussi sensibles et ne sont pas vraiment réglés depuis 2008. La raison de cette sensibilité vient d’un phénomène bien identifié: l’ illiquidité d’un actif pose problème lorsqu’il est logé dans des fonds qui promettent une liquidité quotidienne. C’est le cas par exemple des fonds de petites capitalisations pour les actions, et des fonds high yield ou de dette privée pour les fonds obligataires. «Or dans un environnement actuel de taux très bas, certains gérants en recherche de rendement doivent se tourner vers des actifs plus rémunérateurs, soit via des actifs plus risqués (prime pour risque de crédit), soit via des actifs disposant d’une prime due à une liquidité moindre sur le marché (prime pour risque de liquidité), afin de rester attractifs.» note Theodore Stanton, Senior Manager chez Alpha FMC. Comme premier rempart, la loi a fixé des limites à ces poches dans les fonds Ucits. Dans le cas de H2O, son dirigeant Bruno Castres a d’ailleurs toujours affirmé que les poches de dette privée dans ses fonds était restées égales ou inférieures à 10%. De façon générale, lorsqu’un gérant est confronté à des sorties de la part de ses clients, quelles qu’en soient les raisons, tout le but de la manœuvre est d’atténuer les pertes pour les investisseurs présents, ces mouvements entraînant mécaniquement des coûts de réaménagement des positions dans les portefeuilles. Entre 2015 et 2018, le régulateur, l’AMF, ainsi que la loi Sapin 2 ont donné quelques outils aux gérants pour mieux faire face aux problèmes de liquidités, dans les fonds de droit français tout du moins. D’abord, des stress tests à réaliser, mais dont les professionnels jugent que les recommandations ne sont pas abouties. Le régulateur européen, l’Esma, devrait d’ailleurs donner ses guide lines en la matière cet été. D’autre part, une multitude d’autorisations jouant le rôle de «pare-feu": celle d’avoir recours au plafonnement des rachats («gates»); celle de mettre en place des préavis de souscription et/ou de rachat pour les clients ; celle de rembourser les investisseurs « en nature » («in kind»), c’est-à-dire directement en actifs du portefeuille, lorsque certains investisseurs professionnels le demandent et que certaines conditions sont réunies; celle de fermer les souscriptions, de façon partielle ou totale («soft» ou «hard» close), par exemple, pour limiter la taille d’un fonds lorsque son emprise sur son marché de référence devient trop importante; celle d’avoir recours au «swing pricing», c’est-à-dire ajuster la valeur liquidative du fonds à la hausse ou à la baisse et qui permet de renchérir le coût des rachats. Dans le cas de H2O, la société de gestion a supprimé très rapidement les droits d’entrée qu’elle avait mis en place auparavant et qui visaient à limiter la taille des fonds. Elle a aussi maintenu des procédures automatiques de swing pricing. Enfin, elle a dû déprécier en «mark to market " les titres concernés, en raison de l’importance des rachats. «Il faudrait obliger les fonds Ucits à faire du mark to market systématiquementà partir du moment où les fonds sont vendus à du grand public», juge un professionnel. La direction de H2O n’a pas fermé totalement ses fonds pour prouver que ses actifs étaient bien liquides. Une stratégie inverse de celle de Neil Woodford qui a lui, gelé les possibilités de rachats de son fonds. « Chaque cas de figure est différent. Le régulateur ouvre la porte à des alternatives augel d’un véhicule : gates, liquidity fees. Il est difficile d’empêcher un «run» sur un véhicule, mais l’idée est de pouvoir mieux le contrôler », explique François Dubrau, associé chez Cognizant Consulting. Après plusieurs milliards d’euros de décollecte en quelques jours, H2O affirme avoir stabilisé les rachats et assure même collecter de nouveau. «Ce que cela montre aussi, c’est la tromperie sur la sémantique des fonds Ucits, note un professionnel. Beaucoup des fonds de H2O ont été perçus comme des fonds patrimoniaux, alors que ces fonds ne sont rien d’autres que des hedge funds». La particularité de cet épisode réside aussi sur l’impact indirect que cela a eu sur le titre Natixis, actionnaire majoritaire de H2O. Perdre 14% en deux jours est un phénomène qui se voit rarement. L’AMF aura-t-elle à cœur de déclencher une enquête sur une éventuelle manipulation de cours? Natixis a de son côté assuré qu’elle avait avancé la date prévue pour l’audit de H2O qu’elle effectue habituellement. De nombreux investisseurs, qu’ils soient CGP ou institutionnels ont encore besoin d’être rassurés sur la qualité de la gestion des risques des deux sociétés, mais aussi sur les liens exacts qui unissent le financier allemand Lars Windhorst e t Bruno Crastes, le patron de H2O. Ce dernier l’a qualifié d’«homme talentueux», ayant donné accès à H2O à un réseau d’entreprises allemandes très rentables. «Nos liens sont purement d’affaires» s’est-il défendu, assurant que son siège au comité de conseil de Tennor (la société de Lars Windhorst) était de sa requête «pour travailler au mieux dans l’intérêt des clients de H2O» et qu’«aucun contrat» ne le liait à cette société.
La filiale de gestion du groupe BPCE, qui a doublé ses effectifs dédiés entre 2018 et cette année, propose deux nouvelles stratégies aviation et infrastructures et va lancer deux nouveaux fonds immobiliers au second semestre.
Le dernier plan de développement d’Allianz Capital Partners (ACP) prévoyait d’atteindre les 18 milliards d’euros d’actifs sous gestion en cinq ans. Cet objectif a été «pulvérisé» au bout de 2 ans et demi, pour reprendre l’expression employée par Jürgen Gerke, le directeur général d’Allianz Capital Partners, de passage à Paris il y a quelques jours. La structure a pris un virage stratégique majeur ces derniers mois. En janvier 2018, elle est ainsi devenue une filiale d’Allianz GI, l’une des deux principales filiales de gestion d’actifs du groupe Allianz avec Pimco. Une date qui a marqué pour elle le début de grands travaux devant la conduire à ouvrir son expertise sur le non coté (private equity, infrastructures et énergie renouvelable) à une clientèle externe à celle de la compagnie d’assurance. «Au départ, Allianz était réticent, mais nous avons réussi à la convaincre en lui montrant tous les avantages d’une telle ouverture», expliqueJürgen Gerke. ACP était en effet auparavant uniquement dédiée au compte propre de sa maison mère. Alors qu’elle pesait quelque 22 milliards d’euros d’encours début 2018, elle devrait «d’ici fin juin atteindre les 30 milliards et les 130 personnes», détaille Jürgen Gerke. ACP entre dans le dispositif de gestion des actifs alternatifs non cotés vers lesquels Allianz s’est dirigée. D’abord via l’immobilier puis progressivement vers le private equity, la dette et les infrastructures. Un ensemble qui pèse aujourd’hui 135 milliards, dont la moitié en immobilier. L’objectif est d’atteindre les 170 milliards à cinq ans. ACP vient donc d’ouvrir une nouvelle succursale au Luxembourg, depuis laquelle elle pilote son offre de fonds pour les clients tiers. Le premier a été lancé en mars dernier sur les infrastructures et vise à terme 500 millions d’euros d’encours. Selon Jürgen Gerke, un deuxième fonds est prévu pour l’année prochaine, avec des parts en euros mais aussi en dollars et probablement en livres sterling. De quoi attirer d’autres investisseurs, notamment «asiatiques et arabes». La société réfléchit aussi à une solution d’investissement dans le renouvelable, en combinant les expertises d’ACP et Allianz GI. Enfin, dans le private equity c’est un fonds de fonds qui fait partie des offres étudiées. Au final, toute la gamme d’ACP devrait être mise à disposition des clients tiers. Il y a beaucoup trop d’argent qui chasse beaucoup trop peu d’actifs L’objectif est d’arriver à 50 milliards d’euros sous gestion dans les 2 à 5 ans. Le dirigeant se veut confiant avec un rythme de collecte moyen de 4 milliards net par an pour le compte du groupe et un tiers environ de plus pour le compte de clients tiers: «on arriverait à 57 milliards sur 5 ans, explique-t-il, ce qui laisse de la marge en cas de ralentissement». Il assure cependant qu’arriver à ces chiffres d’encours n’est pas l’objectif en soi. « Ce qui est important, c’est de pouvoir acquérir les bons actifs qui vont performer avec un risque de downside limité et un rendement régulier ». En aucun cas il ne s’agirait de course à la taille. Au contraire. La filiale serait alors «au taquet», selon son dirigeant, car il arrive un moment où «gérer lorsqu’on est gros et qu’on ne fait pas de la gestion passive devient compliqué». Il qualifie même l’objectif de 50 milliards de «pas très ambitieux», car le marché serait en fin de cycle. «On ralentit de notre côté car on voit qu’il y a beaucoup trop d’argent qui chasse beaucoup trop peu d’actifs, et donc les prix ont explosé et les rendements se sont effondrés». Les équipes regardent par exemple une centaine d’opérations par an dans les infrastructures, mais seulement une douzaine sont proposées pour analyse approfondie à l’investisseur. La moitié d’entre elles passent et enfin seulement encore la moitié sont réellement financées après l’accord des opérateurs du projet. «Cela fait trois opérations par an seulement», précise Jürgen Gerke. Mais si ce sont les bonnes, c’est gagné». Les équipes se sont d’ailleurs retirées de plusieurs opérations ces derniers mois alors qu’elle étaient avancées dans le process de sélection, mais n'étaient pas convaincu in fine du business model des projets. Les investissements en private equity sont là pour environ 10 à 15 ans et les autres pour beaucoup plus longtemps (en général 30 ans). «Nous n’avons finalement encore jamais vu l’aboutissement d’un projet», sourit Jürgen Gerke. Opération la plus longue pour le groupe: celle de la participation au consortium de financement des travaux de canalisation et de gestion des eaux usées de Londres, qui comprend notamment la construction d’un tunnel de 25 km situé 35 mètres sous la Tamise. «C’est un investissement à 120 ans, mais Allianz existe depuis 125 ans! Nous y avons investi 5 milliards, mais nous sommes minoritaires», explique le dirigeant. Un leitmotiv du groupe dans de telles opérations, qui cherche plus à participer qu'à diriger.
On peut être européen de bien des manières, et toutes ne sont pas politiquement correctes. Du fédéralisme au souverainisme tempéré, la palette des opinions est aussi riche que le nuancier de la couleur bleue que l’Union a choisie pour se caractériser aux yeux des citoyens. Toutes ont en commun la foi en un projet politique radicalement original, d’ailleurs unique dans l’histoire du monde. 68 ans après que l’institution de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier l’a mise en branle, le terme de l’entreprise est toujours incertain; les vents contraires l’assaillent, menaçant l’équilibre même du navire; les Britanniques ont décidé de le quitter et les autres Européens hésitent sur la route à prendre. Pour certains, c’est l’instant où le vaisseau va s’échouer. Pour L’Agefi et son équipe au contraire, c’est maintenant que tout commence. Vieille dame alerte de 108 printemps, solidement campée sur son marché national qu’elle domine en matière d’informations financières professionnelles, L’Agefi a lancé lundi 27 mai un nouveau site – anglophone - d’information, Asset News, destiné à la communauté des investisseurs européens: parce qu’en dépit des vicissitudes, l’Europe de l’investissement émerge sous nos yeux; parce que le continent, bientôt privé du pouvoir d’attraction de la City, doit compter sur ses seules forces pour s’imposer comme espace financier d’envergure mondiale; parce que l’occasion est unique de promouvoir une finance continentale originale, dédiée, au-delà des aléas du marché, au financement de l’économie réelle ; parce que cette finance continentale doit trouver, pour l’informer et animer ses réseaux, des média capables de la comprendre parce que proches d’elle. L’Agefi entend être au premier rang d’entre eux. Assetnews.com s’adresse, via l’envoi d’une lettre quotidienne, à l’écosystème de l’investissement sur le continent: sociétés de gestion d’actifs, de banque, de gestion privée et de fortune, de gestion alternative et de capital investissement, investisseurs institutionnels, émetteurs, plateformes de distribution de fonds, régulateurs, associations de lobbying professionnelles, conseils et prestataires de la gestion d’actifs. Fort d’une rédaction anglophone, basée à Paris et appuyée par un réseau de correspondants, ce nouveau média aura sa production propre tout en proposant, en langue anglaise, la quintessence de la production des rédactions de L’Agefi relative à l’investissement sous toutes ses formes. De quoi donner à son contenu une qualité sans équivalent parmi les médias européens. Site de services, Asset News donnera aussi à ses lecteurs, au travers de ses événements, le privilège de nouer des contacts privilégiés avec celles et ceux qui construisent l’avenir de l’investissement en Europe. Car ils sont nombreux, ceux qui partagent ses ambitions et jugent nécessaire d’agir ensemble pour achever une Union des marchés de capitaux qui soit au service d’une finance durable. Telle est l’urgence en Europe, et L’Agefi n’aura de cesse qu’elle ne le cède à aucune autre.
La 21ème édition de la Conférence des investisseurs pour la croissance, organisée jeudi 16 mai par France Invest, portait notamment sur les stratégies de diversification des sociétés de gestion françaises pour s'étendre en Europe.
A l’occasion du classement Alpha League Table 2019, Meeschaert AM a enregistré la plus forte progression en un an et s’est placée pour la première fois dans le Top 10 avec un alpha moyen généré de 2,38%. Une occasion pour Guillaume Chaloin, responsable des gestions actions, de nous présenter la société et sa philosophe de gestion.
Have reforms to the distribution of financial services in the UK been successful? On Wednesday, the FCA launched a call for contributions to run until 3 June, to evaluate the impact of reforms introduced in this sector (RDR and FAMR), and to propose future improvements, AGEFI reports. The regulator is investigating potential dysfunction in parts of the market, and the existence of conflicts of interest, treatment which is not in the interests of consumers, and unclear communications. “Clients may be having trouble evaluating the costs of services, and may be paying too much for services they don’t need,” the document released yesterday says. The call for contributions comes at a time of many other changes to the legal framework surrounding the investment advising sector since 2016. The FCA has transposed several European regulations, such as MiFID II, PRIIPS and the insurance distribution directive (IDD). Nationally, the British regulator has also undertaken a study of investment platforms on the market. The Financial Services Authority (FSA), the predecessor of the FCA, undertook the Retail Distribution Review (RDR), which made a great splash at the time of its introduction in January 2013. At the time, the RDR represented a profound change to the way in which investment products were sold to end clients. Among the measures introduced, the regulator introduced changes to promote better training for those who recommend products. The RDR also moved to prohibit kickback payments paid by providers to advisers, by requiring them to negotiate advising fees directly with clients. Four years after the rollout of the RDR, an initial evaluation found that training levels had improved among those who recommend products, and that there was a more pronounced trend for clients to undertake more research before choosing a particular product. However, the study found a few instances in which the cost of advising had increased. In the wake of RDR, the British Treasury and the FCA in 2015 introduced the Financial Advice Market Review (FAMR), which aimed to find solutions to better adapt the functioning of the financial service advising market to the needs of consumers. The FCA will publish its final report in 2020.
Les sélectionneurs de fonds devraient investir davantage dans les gérants actifs, révèle une étude de Natixis Investment Managers publiée ce lundi 29 avril. La hausse de la volatilité et la présence d’incertitudes sur les marchés, couplées à une raréfaction des opportunités de génération d’alpha (3/4 des sondés) les motiveraient à payer davantage les sociétés de gestion actives pour sauver leurs rendements à long terme. L’étude, qui a été menée auprès de 200 sélectionneurs de fonds professionnels (banque privée, assurance, multigérants, plateformes de distribution), révèle que ceux-ci anticipent désormais une rentabilité à long terme moyenne de leur portefeuille à 7,7% (-70 points de base par rapport à 2018). La gestion active devrait donc permettre, selon les multigérants et gatekeepers interrogés, de limiter la baisse des rendements due à la hausse des taux d’intérêt (78%), la volatilité accrue sur les marchés actions (83%), et des«pressions exercées sur le rendement par des facteurs tels que l’assouplissement quantitatif des banques centrales, les perturbations géopolitiques et les guerres commerciales» sur la rentabilité des portefeuilles. Plusieurs bulles financières, non-détectées par les investisseurs individuels, sont en cours de formation selon la vaste majorité des sélectionneurs, qui citent dans l’ordre décroissant de risque les cryptoactifs, la technologie, les obligations, et l’immobilier. Parmi les stratégies actives du marché, seule la gestion alternative semble profiter de cette demande d’alpha à prix élevé. Les investisseurs interrogés ont en effet indiqué vouloir augmenter leur exposition aux fonds alternatifs de 1,2 point à 15,8%, et de réduire la part des fonds actions (43%, -1,2 point) et des fonds obligataires (31,7%, -0,2 point). La hausse de la part du cash (7,1%, +0,5 point) traduit également de la méfiance envers les marchés. Au sein des fonds alternatifs, deux classes d’actifs sont plébiscitées par les sélectionneurs. La part de fonds d’infrastructures devrait progresser pour 19% des sondés, et refluer pour 11% d’entre eux. L’immobilier devrait lui progresser chez 22% d’entre eux et se réduire chez 15%. La part des sélectionneurs non-investis dans les sous classes d’actifs alternatives demeure cependant importante (41% en infrastructure, 40% dans le private equity, 44% dans les commodités…). Au final, la gestion active devrait rester largement majoritaire dans les portefeuilles des sélectionneurs de fonds. Elle représente 72% de leur portefeuille actuel, et ne devrait perdre qu’un point d’ici trois ans. Deux-tiers des sélectionneurs estiment par ailleurs que la gestion active surperforme la gestion passive sur le long terme. Et, au sein de ceux investis dans des fonds passifs, la moitié a augmenté sa part de smart beta, qui représente un compromis entre gestion active et gestion passive.
Frédéric Bôl, qui a pris tout récemment les rênes de Swiss Life Asset Managers France, qui regroupe les activités de gestion d’actifs, logées dans Swiss Life Asset Management (France), et immobilières, jusqu’ici dans Swiss Life Reim (France), a bien l’intention de mettre cette nouvelle structure au service du développement des activités du groupe suisse en France. Et pourquoi pas avec une opération d’acquisition. «Nous n’excluons pas de faire de la croissance externe si des opportunités se présentaient et nous sommes en ordre de marche pour étudier de nouveaux dossiers. Le groupe a d’ailleurs très régulièrement fait de la croissance externe, surtout dans l’immobilier, ces dernières années», a déclaré à NewsManagers Frédéric Bôl, président du directoire de Swiss Life Asset Managers France. Le groupe a notamment acquis l’an dernier, au second semestre, la société immobilière allemande Beos. Mais en attendant, la croissance organique va se poursuivre. Au rythme de nouvelles opérations de portefeuille, comme celles réalisées récemment avec la SNCF et l’acquisition de Vesta pour 1,2 milliard d’euros et d’une partie du portefeuille de Terreïs pour 1,7 milliard d’euros. Les effectifs, regroupés à Paris depuis quelques semaines seulement dans les locaux de l’ex-filiale immobilière, s’élèvent à environ 220 et devraient atteindre 250 personnes d’ici à la fin de l’année. Avec des vagues successives de recrutements dans toutes les activités, dans les équipes de gestion, en compliance, en risque, sur le commercial, les ressources humaines, l’audit. A fin 2018, les actifs sous gestion s’inscrivaient à 47,1 milliards d’euros et devraient dépasser assez rapidement la barre des 50 milliards d’euros. Les actifs immobiliers s’élèvent à 15,3 milliards d’euros, et l’asset management à 31,8 milliards d’euros, dont 23 milliards d’actifs externes. «Après deux années de forte croissance en 2016 et 2017, l’année 2018 a plutôt été une année de consolidation», commente Frédéric Bôl. Parmi les objectifs, la partie immobilière, qui a collecté un peu plus de 1 milliard d’euros en 2018, devrait davantage mettre l’accent sur les produits grand public, avec une réorganisation en cours d’ici l’été en lien avec la compagnie d’assurance Swiss Life France, avec une offre globale OPCVM, SCPI, OPCI. «Nous souhaitons être plus efficaces auprès des relais grand public comme les CGP», souligne Frédéric Bôl. «Et nous réfléchissons bien évidemment au lancement de nouveaux produits». Autre projet 2019, l’ESG. «Nous allons déployer l’approche ESG et dans le cadre de cette initiative, la France jouera le rôle de centre de compétences pour tout le groupe», nous confie Frédéric Bôl. Avec une équipe dédiée en cours de recrutement qui devrait compter quatre ou cinq personnes et qui devrait être en ordre de marche d’ici à la fin de l’année. Le projet est déjà bien avancé, notamment sur l’immobilier avec une approche maison développée depuis une dizaine d’années, et la signature en juillet 2018 des UN PRI par le groupe Swiss Life, mais il est trop tôt pour communiquer sur des pourcentages précis d’intégration de l’approche ESG, précise Frédéric Bôl. Il est également question de favoriser le développement en Europe. «Dans l’immobilier, notre périmètre d’intervention comprend la péninsule ibérique, l’Italie, le Luxembourg et la Belgique. Nous venons de réaliser des transactions en Espagne et au Portugal. Et l’an dernier, en Italie, en Espagne, au Luxembourg et en Belgique.», explique Frédéric Bôl qui évoque également les produits paneuropéens proposés désormais par le groupe. «Nous venons de lancer le fonds luxembourgeois Swiss Life REF (LUX) European Hotel Fund, dédié à l’hôtellerie, qui a un objectif de taille de 1 milliard d’euros. Et nous sommes complètement impliqués dans cette nouvelle offre puisque la France est le centre de compétences du groupe pour ce secteur de l’hôtellerie, avec une équipe de cinq personnes», souligne le responsable. «Nous envisageons de lancer quatre autres fonds sur des thématiques différentes dans les prochains mois», ajoute Frédéric Bôl. Dans un environnement immobilier qui reste favorable. «Tant que les taux d’intérêt restent à leurs niveaux actuels, je ne vois pas de risque majeur sur l’immobilier. Sur le marché parisien des bureaux, les niveaux de prix sont élevés mais il n’y a pas de surchauffe et on observe une évolution favorable sur les loyers qui constituent un nouveau relais de croissance. Nous donnons donc la préférence à trois classes d’actifs: les bureaux à Paris, le résidentiel, et l’hôtellerie en France et en Europe.»
SIX Financial Information (SIX FI) est l’une des quatre activités du groupe SIX, l’opérateur boursier suisse. Cette filiale représente 40% des revenus du groupe et emploie plus de 1.000 personnes. Depuis quelques années, ce serait un euphémisme de dire que son activité a évolué. Poussé par l’empilement de nouvelles réglementations de protection et d’information aux investisseurs entre MIFID 2 et Priips mais aussi les changements de lois fiscales propres à chaque pays et en particulier aux Etats-Unis, SIX FI joue désormais dans la cour des grands fournisseurs d’information financière. Mais il a la particularité, contrairement à ses grands concurrents, de ne pas être américain et de ne pas fournir des services annexes comme le trading, la valorisation ou même les «chats». La filiale se concentre sur une activité: les données financières. Elle les agrège, les filtre, les normalise et les enrichit quotidiennement. Cette activité concerne toutes les classes d’actifs, soit un total de 32 millions d’instruments financiers dont 500.000 fonds. En France, elle est connue pour avoir racheté il y a quelques années Europerformance, une structure qui analyse la performance des fonds d’investissements. Parmi les évolutions réglementaires qui ont fortement touché l’activité de SIX FI, citons celle de la fiscalité américaine. On pense en général à Fatca, mais il existe aussi la fiscalité dite IRC (Internal Revenue Code) Section 871(m) qui concerne la retenue à la source des dividendes sur actions américaines pour tout produit financier qu’il soit américain ou non. Cette norme, entrée en vigueur cette année en Suisse et qui devrait arriver dans le reste de l’Europe fin 2021, stipule que tout établissement financier doit informer le fisc américain dès lors qu’un de ses produits détient un titre d’une entreprise américaine. C’est le cas par exemple d’un fonds international qui détiendrait une action Apple. Les dividendes versés doivent être déclarés et les banques ont l’obligation d’informer leurs clients non seulement sur les produits cash mais aussi sur les produits dérivés. «C’est d’une très grande complexité pour tout le monde», note Robert Jeanbart, directeur général de SIX FI de passage à Paris à la rédaction de L’Agefi. En Europe, MIFID 2 et Priips obligent aussi par exemple un émetteur à définir son marché cible et le profil de risque de son émission. Une obligation dont SIX a su tirer profit pour développer d’autres services. «Nous avons enrichi cette obligation légale par la création d’une plateforme centrale, une sorte de «hub», où un émetteur, un distributeur et un investisseur peuvent à travers cette plateforme valider plusieurs questions avant la réalisation d’une transaction», explique Robert Jeanbart. Des éléments laborieux et très manuels que la plateforme propose de faire à la place de ses clients assets managers ou banques. «Nous avons plus de 20 millions de types de documents réglementaires. C’est un chiffre gigantesque lié à la multitude d’instruments financiers mais aussi au fait qu’ils sont traduits dans 8 langues différentes», explique le dirigeant. Sans compter que si certains produits financiers sont voués à disparaitre car ils ont une durée de vie limitée (comme certains produis structurés), tout document doit rester disponible des années au cas où une procédure d’audit serait nécessaire. Le défi des données ESG Comme si cela ne suffisait pas, un autre défi est venu s’ajouter, celui des données ESG (Environnement, social et gouvernance), de plus en plus réclamées par les investisseurs pour mieux contrôler leurs risques ou se conformer à leurs législations. «Pour vous donner un exemple, nous répertorions de façon classique 32 millions d’instruments financiers qui vont chercher des données dans 1.800 sources d’informations financières. Sur l’économie verte, c’est potentiellement 300.000 sources d’informations supplémentaires », explique Robert Jeanbart. Le groupe a aussi développé un service spécialisé sur les sanctions financières et pénales qui touchent les entreprises et les personnes. Des sanctions souvent liées à des pays sous dictature comme l’Iran. «Mais parfois, les choses changent. Si par exemple demain les Etats-Unis décident que l’Iran n’est plus un pays sanctionné, il faut pouvoir mettre à jour rapidement nos bases de données», explique Robert Jeanbart. Ce service (appelé Sanctioned Securities Monitoring Service) à destination des banques a été lancé il y a 5 ans mais connaît un fort développement depuis peu. La société fait un important travail d’analyse et décortique notamment les organigrammes des sociétés pour retrouver ceux qui se cachent derrière des sociétés écrans. Un service qui pourrait bien intéresser les services fiscaux ou de police, mais jamais une telle demande n’est arrivée à SIX FI, affirme Robert Jeanbart. Tout l’enjeu pour SIX FI est de pouvoir définir quelles sont les sources d’informations fiables. Les réseaux sociaux, par exemple, n’en font pas partie. Et ensuite de compiler, trier, standardiser ces informations, comme la société le fait aujourd’hui pour les autres données. «Cela fait 30 ans que nous faisons de la donnée de référence. Avec l’avènement d’Internet, on nous disait que la donnée serait comme une commodité, qu’elle serait disponible gratuitement partout et que notre business ne pourrait pas durer. Aujourd’hui, l’information c’est juste le pétrole de l’économie. Tout le monde est tellement noyé dans l’information que l’on nous demande justement de la trier, la fiabiliser, de développer des infrastructures et des technologies qui vont pouvoir faciliter la vie de nos clients». La filiale compte encore de beaux jours devant elle...
Après avoir enregistré une collecte nette de 1 milliard d'euros, inférieure son objectif de 3 milliards d'euros, Aviva Investors France reste malgré tout à l'offensive
Inès de Dinechin at Aviva Investors France, the euro management expert unit of Aviva Investors, has been resolutely following the transformation strategy engaged in since 2017. “We are in continuity with the strategy implemented over the past two years, with the priorities being ESG, real assets, international development solutions,” the chairman of the board at Aviva Investors France announced on 18 April at a press conference. For the ESG portion, the group, which has about €386bn in assets under management, already has a strong presence in governance issues, and participated in nearly 17,000 general shareholders’ meetings last year, representing 98% of stocks in the portfolio. The firm is now deploying an integrated ESG approach, so that all managers will now have access to the analysis tools of the group. Aviva Investors France also last year created a dedicated team of three people to operate the approach, which has been developed by 40 employees at the group. Aviva Investors France is in a phase of deployment for the strategy in all asset classes, with an objective of €12bn invested under the SRI label in 10 funds, compared with seven labelled funds with €3.2bn in assets as of the end of 2018. “We aim to become one of the main players in socially responsible investment in the French market, and the label represents a major step in that process,” says Denis Lehman, CEO of Aviva Investors France. The firm will also offer several socially responsible products in the coming months, including a thematic fund dedicated to the energy transition, based on the United Nations Sustainable Development Goals (SDGs), and a green fund. Beyond its participation in general shareholders’ meetings, Aviva Investors France intends to become a more visible activist manager, and to take its business model beyond traditional management, to offer associated services, and to direct client savings into impact strategies, so as to influence market participants to develop regulations and practices in the industry. In real assets, the unit now includes private debt and real estate, as a French arm of the real assets unit at the group founded last autumn. It aims to become a “pan-European leader” in the sector. With this in mind, John Dewey, head of real assets and solutions, is planning to release several new products, including new funds investing in physical real estate, such as a green OPCI vehicle. There are also plans to create a corporate private debt fund to specialise in small and midcaps. The infrastructure fund has held its second closing with €210m, and is planning a final closing later this year. The infrastructure strategy may also get involved in special mandates which may represent several hundred million euros, says Dewey, adding that the activity in mandate form can be expected to grow in light of the appetite institutionals are showing for real assets. Unlike real assets, the development of international activities is nearly entirely new. Last year, net inflows (excluding money markets), which totalled €1bn, were 50% international. Out of assets of €109bn in assets management and distributed by Aviva Investors France as of the end of March, €3bn came from international sources, with about €1bn coming from Benelux, €1bn from Italy and Germany, and €1bn from the United Kingdom. International deployment covers nearly all of continental Europe in all asset classes. In this context, the affiliate of the British insurance group has a goal for 2019 to bring in €2.9bn in inflows. “We are more or less in line with this goal, and we are observing an acceleration in demand from foreign clients,” says Inès de Dinechin. In terms of personnel, “we are in a phase of consolidation, following growth of about 25% between 2016 and 2018,” says de Dinechin. Personnel, now totalling 140, may grow to about 150 this year due to the planned integration of Airef into the real assets unit, with 12 personnel and assets of €5bn.
Thomas de Saint-Seine, directeur général de RAM Active Investments, aborde dans un entretien à NewsManagers le développement de la société de gestion suisse, dans laquelle le groupe italien Mediobanca a pris une participation majoritaire au capital l'an dernier.
Millennials – those persons born between 1980 and 2000 – are convinced that sustainable investment is a necessity. This is what a survey found on millennials’ attitudes to responsible investment. The survey was conducted of 540 persons, 79% of whom were millennials and 56% of whom were based in the UK, during summer 2018 by Kepler Cheuvreux, a consultant, for First State Investments, an Australian asset manager. Asked about the small sample size, Sudip Hazra, head of sustainable research and responsible investment at Kepler Cheuvreux, replied that there were enough similarities in the responses from the 540 participants to suggest that the results would have been much the same with a larger number of respondents. Among the survey’s findings, First State Investments and Kepler Cheuvreux found that 57% of millennials believe that applying environmental, social and governance criteria can boost long-term returns. Half of the millennial respondents believe that SRI returns are lower, and 46% of them believethat SRI charges higher management fees. More than 80% of millennials surveyed (81%) said they were interested or very interested in sustainable or socially responsible products. Respondents also want more information on these products. And 78% of millennial respondents would choose an asset manager for its SRI skills. “Millennials don’t need to be convinced of how important sustainable investment is. That’s how they differ from older generations”, said Will Oulton, global head of SRI at First State Investments, after presenting the survey’s findings to the media. Oulton believes that greater clarity is needed on what constitutes sustainable business or not. He therefore has high hopes on the future European commission’s action plan on sustainable financefor distinguishing activities that are green/sustainable from those that are not. He believes this should even “help stop greenwashing”. A European SRI label is “needed” Oulton, the SRI head, believes that Article 173 of the French energy transition law – which requires French institutionals to disclose their carbon footprint – is a success than such legislation could soon emerge on a European scale. Oulton believes other initiatives are lending greater clarity to sustainable investment funds. MiFID II, for example, is encouraging financial investment advisors to ask their retail investors for their SRI preferences. SRI labels in Europe are another.Oulton assesses a standard European SRI label is necessary to complement local labels. Such an SRI label could be handed out by an institution such as Eurosif, the Australian manager sustainable investment head said. First State Investments sees lots of potential in the Sustainable Development Goals, but is focusing on just six of them. It possesses no methodology to assess the impact ofits funds. But in an attempt to do so, the fund manager is partnering with the Institute for Sustainability Leadership of Cambridge University. Oulton expects investor demand to increase for such corporate disclosures and, perhaps, a future regulation. The Australian asset manager has so far excluded only one sector – makers of cluster bombs and anti-personnel mines. A task force is looking into tobacco. As for coal, Oulton says that First State Investments has no exposure to companies involved directly in coalmining but that it carries minor indirect exposure through utilities companies. A new era in France On the French market, Eva Von Sydow, head of sales at First State Investments in Europe, has seen a shift in SRI attitudes over the past two years. “Ten or 15 years ago, we had clients who were looking for a sustainable fund, but showed no interest in what was inside the product and little interest in receiving fund reports. Nowadays, we fill out SRI due diligence questionnaires with questions on how to engage companies, a list of those we have met with, and how we voted at AGMs of companies invested in by First State Investments. If we have not convinced the companies to change after six months, we consider closing out our position. … Many clients, particularly from Nordic countries, have a blacklist of 50 to 100 companies that they don’t want in their portfolios”, she said. As of the end of December 2018, First State Investments had $143.8bn in assets under management.