Une étude de l’organisation britannique ShareAction portant sur les 75 plus grandes sociétés de gestion au monde montre que 47% d’entre elles, gérant 45.000 milliards de dollars, ne disposent d’aucune politique interdisant les investissements dans les compagnies produisant des armes controversées bannies par les traités internationaux sur les armes. Parmi les 53% des sociétés de gestion disposant de règles sur les investissements dans les armescontroversées, ShareAction pointe du doigt le fait que plusieurs gestionnaires limitentleur définition d’armes controversées aux armes à sous-munitions et aux mines anti-personnelles. Les armes de destruction massive(biologiques, nucléaireset chimiques) apparaissent bien moins fréquemment dans les exclusions. Autre point relevé par le rapport de ShareAction, 76% des 75 plus grandes sociétés de gestion au monde indiquent avoir une politique en matière de droits de la personne couvrant l’ensemble de leurs encours. Ce chiffre inclut 4% de gestionnaires ayant émis une documentation spécifique concernant leur politique dans ce domaine tandis que les 72% restant l’incluent dans leurs approches ESG globales. L'étude de ShareAction montre que 9% des gestionnaires étudiés couvrent les problématiques liées aux droits de la personne seulement au travers de mandats ou de fonds dédiés, notamment ESG. 15% des sociétés de gestion ne disposent d’aucune politique sur le sujet. L’organisation estime qu’au total, 61% des gestionnaires étudiés ont une approche faible ou inexistante sur la question de l’engagement avec les compagnies sur les droits de la personne. Aussi le rapport de ShareAction souligne-t-il que 72% des gestionnaires n’ont aucune discussion concernant les standards internationaux en matière dedroits de la personne et du travail avec les entreprises dans lesquelles ils investissent ni ne les excluent si elles violent ces standards. Seulement 28% des sociétés de gestion suivies ont une politique d’engagement avec les entreprises soit sur le plan des droits de la personne soit sur le plan des droits du travail. 24% excluent ces compagnies en cas de violations de ces droits. L'étude note également que84% des gestionnaires n’ont pas de politique d’exclusion d’obligations souveraines émises par des pays faisant l’objet de sanctions internationales pour abus des droits de la personne. Huit des 13 gestionnaires obligataires étudiés (gestionnaires définis comme ayant plus de 60% d’encours sur le segment obligataire, ndlr) n’ont aucune politique dans ce domaine.En outre, 88% des 75 plus grandes sociétés de gestion au monde ne disposent d’aucune règle en matière de publication des noms des sociétés exclues de leurs portefeuilles. ShareAction estime que les gestionnaires américains se trouvent loin derrière leurs homologues européens et asiatiques sur les questions d’engagement sur les droits de la personne. Seulement 15% des sociétés de gestion américaines évaluées pour l'étude s’en préoccupent contre 78% des sociétés de gestion européennes et 33% des gestionnaires asiatiques étudiés. Selon ShareAction, les gestionnaires qui présentent les meilleures performances concernant les droits humains sontRobeco, APG Asset Management, PGGM, BNP Paribas Asset Management etLegal & General Investment Management. A l’inverse, l’organisation britannique pointe du doigt Fidelity Investments, J.P. Morgan Asset Management, Vanguard, BlackRock, State Street Global Advisors etCapital Group, pour leur manque d’engagement sur ces questions.
Fondée en 2014 par Fabrice Revol, Kirao Asset Management pèse aujourd'hui 800 millions d'euros d'encours. Elle se différencie par une gestion "sans dogme".
Les gérants les plus exposés aux valeurs de croissance de grande qualité et défensives ont affiché les meilleures performances au cours de la chute des marchés actions provoquée par la crise du coronavirus de ce premier trimestre, a constaté Lyxor, après analyse de l’univers des fonds en actions européennes gérés activement qu’il sélectionne. Les fonds croissance qualité/défensive de l’univers ont perdu entre 12,5 % et 14,5 %, tandis que les fonds value ont abandonné entre 32 % et 38 %. «Ces stratégies croissance qualité ont bénéficié de leur très faible pondération structurelle (voire de l’absence de pondération) sur les secteurs value cycliques, qui ont été les plus pénalisés dans la chute du marché, à l’image des financières ou de l’énergie», a expliqué Vanessa Bonjean, analyste de fonds senior chez Lyxor, au cours d’un point presse jeudi. «A l’inverse, elles investissent dans des sociétés de croissance visible, avec des positions de marché dominantes et une bonne visibilité sur leurs cash flows futurs, ce qui les rend moins dépendantes du cycle économique. On les retrouve surtout dans les secteurs de la consommation, de la santé, de la technologie et de l’industrie», poursuit-elle. Comgest Renaissance Europe a affiché la meilleure performance des fonds actions européennes suivis par Lyxor sur le premier trimestre, avec un recul de 12,5 %, alors que le MSCI Europe Net TR chutait de 22,6 %. Le fonds de Comgest a profité de son exposition à plusieurs sociétés de la santé et de l’agro-alimentaire, analyse Lyxor. Jupiter European Growth (-14,5 %) a bénéficié de la bonne tenue de ses positions dans le secteur de la santé, mais aussi d’autres dans la technologie ou l’édition. Malgré la sous-performance des petites capitalisations, Echiquier Agenor SRI Mid Cap Europe a résisté, perdant 14 %, grâce à son positionnement sur le segment croissance de grande qualité et de sa position importante en liquidités (18%) à l’entrée de la crise, lui permettant d’afficher un comportement défensif dans la chute du marché. Il n’y a pas eu de gros repositionnements Cette surperformance de la croissance par rapport à la value dans cette période de crise n’est qu’une accélération d’un phénomène déjà en place en 2019. L’indice MSCI Europe Growth a enregistré une baisse de 16,1% contre 29,2% pour l’indice MSCI Europe Value au premier trimestre, soit un différentiel de près de 13 points comparable à celui atteint en un an en 2019. Une autre dichotomie a été à l’œuvre pendant le premier trimestre: la dispersion des performances entre secteurs, avec une superformance des valeurs défensives par rapport aux cycliques. Ainsi, les secteurs cycliques de l’énergie, de la finance, de l’industrie et des matériaux de base ont-ils été le plus sévèrement touchés, tandis que les secteurs perçus comme plus défensifs de la santé, des services publics et de la consommation non cyclique ont mieux résisté, même s’ils ont affiché des pertes. Pour aborder les prochains mois, les gérants actions européens restent prudents, alors que l’incertitude de sortie de crise est totale, et que les comparaisons avec les autres crises sont peu pertinentes. «Sur les deuxième et troisième semaines de mars, on a vu les gérants les plus flexibles sur le marché européen profiter de la chute des marchés pour acheter des valeurs très décotées, mais cela est resté très marginal. Il n’y a pas eu de gros repositionnements. Et aujourd’hui, ils ne bougent pas», témoigne Vanessa Bonjean. «Ils scrutent minutieusement et ‘stress-testent’ les conséquences du fort ralentissement économique que nous vivons actuellement sur les croissances bénéficiaires des sociétés et la durée de cet impact», observe-t-elle. «On les sent très attentifs à la valorisation». En tout cas, Lyxor ne voit pas de retour massif sur les cycliques comme ce qui s’était produit au quatrième trimestre 2008. La duration US a été un facteur clé Côté obligataire, la dispersion, encore très importante au sein des fonds obligataire flexibles, a été amplifiée par les conditions de marchés exceptionnelles. «La divergence des fonds dans leur allocation à la duration US a été un facteur clé, les obligations d’état US ayant fortement surperformé les autres segments obligataires», souligne Philippe Mitaine, analyste de fonds senior. Plus classiquement, le niveau d’exposition des fonds aux obligations les plus risquées a aussi fait la différence, notamment les obligations les moins bien notées. «Bien qu’ayant réduit leur risque crédit jusqu’à début 2020, les fonds flexibles ont été néanmoins pénalisés par la chute de mars car ils avaient conservé une exposition à des obligations générant du portage dans le contexte de taux bas», note Philippe Mitaine. Pour les prochains mois, la prudence est aussi de mise chez les gérants obligataires. «Les gérants font face à des choix complexes, entre les secteurs moins cycliques qui sont plus résilients et des sociétés plus risquées qui sont actuellement dans l’œil du cyclone mais qui pourraient fortement rebondir. Cette période devrait donc renforcer l’importance de la sélection de valeurs pour les gérants», conclut Philippe Mitaine.
La baisse soudaine des marchés actions et obligataires de début mars, accompagnée d’une hausse subite de la volatilité, aura fait beaucoup de mal aux différentes stratégies des hedge funds. Selon le rapport trimestriel de Preqin, la classe d’actifs a enregistré une performance de -8,96% sur le mois, soit pire qu’en septembre (-6,66%) ou octobre (-8,10%) 2008, lors de la crise consécutive à la chute de Lehman Brothers. Néanmoins, au regard des marchés actions traditionnels, cette contre-performance reste relative. Sur le trimestre, les hedge funds auront bien résisté, avec une baisse limitée à 10,46%, contre -20% pour l’indice S&P 500. L’ensemble des régions est affecté, mais les hedge funds européens s’en sortent le mieux avec une performance négative de 8,61%. Les hedge funds exposés à l’Amérique du Nord, l’Asie-Pacifique et les marchés émergents perdent eux entre 12,31% et 13,83%. Seules les stratégies CTA, qui utilisent uniquement des contrats dérivés, ont délivré des performances positives ce trimestre. Les stratégies CTA discrétionnaires ont fait +7,18% et les fonds quantitatifs +2,41%. A l’inverse, parmi les plus gros perdants, on retrouve les fonds long-short actions (-12,57%), les fonds activistes (-16,84%), et les stratégies «event driven» (-17,27%). Les stratégies global macro ont particulièrement bien résisté, avec une perte limitée à 1,99% sur ces trois mois. Les plus gros hedge funds, avec des encours supérieurs au milliard de dollars, ont été les plus solides, avec une baisse de 6,81%. A l’inverse, les boutiques de moins de 100 millions de dollars d’encours ont perdu en moyenne 11,42% sur le trimestre. Les fonds de taille moyenne ont subi des pertes comprises entre 10% et 11%. Les investisseurs recherchent des stratégies défensives Les nouvelles conditions boursières semblent désormais favorables aux stratégies moins sensibles aux variations de marché, selon les analyses de Preqin. Ainsi, 61% des investisseurs ont publié,au sein de son outil Preqin Pro, des mandats comprenant des fonds long-short. De même, les fonds global macro sont présents dans 40% des mandats, et les fonds market neutral dans 27%. Néanmoins, l’industrie ne devrait pas réaliser une importante collecte dans les douze prochains moins. La majorité des investisseurs (68%) envisage d’investir moins de 50 millions de dollars dans la classe d’actifs, contre seulement 9% qui désirent y placer plus de 300 millions de dollars. Le trimestre aura par ailleurs été peu propice aux lancements de hedge funds, note la société de conseil. Seuls 87 nouveaux fonds ont été introduits sur le marché, bien loin des 235 du premier trimestre 2019. Les nouveaux véhicules sont principalement des fonds exposés aux actions (32%), mais aussi des fonds multi-stratégies (15%).
Le plus dur reste à venir pour certaines sociétés de gestion en Europe. Selon une note d’analyse d’UBS sur les sociétés cotées du secteur*, la crise boursière provoquée par le Covid-19 va peser plusieurs mois sur les revenus. La baisse des encours sur mars devrait mathématiquement réduire les gains issus des frais de gestion. Et si la situation se prolonge, une consolidation de l’industrie pourrait voir le jour, préviennent les analystes d’UBS. Selon leurs estimations, les sociétés de gestion européennes cotées prises dans leur ensemble devraient avoir subi une baisse de 10,6% de leurs encours au premier trimestre 2020 par rapport au trimestre précédent. Ce déclin serait principalement alimenté par les effets de marché (85%), la décollecte n’en représentant qu’une faible part (15%). Cependant, sur une analyse trimestrielle, elles ne devraient pas ressentir immédiatement une baisse de leurs revenus, car la moyenne des encours gérés sur la période a été égale à celle du dernier trimestre 2019, les valorisations boursières de début d’année ayant été élevées. C’est donc dans les publications de résultats du deuxième trimestre que la baisse devrait se faire ressentir. Dans le détail, la société la plus touchée par la décollecte au premier trimestre devrait être Jupiter AM, avec une décollecte équivalente à 4,7% des ses encours, suivie par Schroders (3,7% de ses encours) et Ashmore (3,4%). A l’opposé, Man Group, DWS et Amundi devraient présenter une décollecte inférieure à 1% de leurs encours (hors produits de trésorerie), selon les anticipations d’UBS. Sur ce trimestre, Amundi devrait particulièrement bien résister en termes d’effet marché sur ses encours avec une baisse anticipée de 7,4% (hors joint-ventures) alors que le Stoxx 600 a chuté de plus de 22%. L’importante base de clientèle institutionnelle (70% des encours), principalement investie dans l’obligataire et le monétaire, devrait permettre de réduire le risque de marché de l’entreprise française, qui possède un beta actions domestiques de 0,3, rappellent les analystes. Les encours devraient ressortir à environ 1.300 milliards d’euros (hors joint-ventures), soit une baisse d’environ 8% des encours totaux par rapport à décembre 2019. *Ashmore, Schroders, Amundi, DWS, Jupiter, Man Group, Std Life Aberdeen, Anima, Azimut, Banca Mediolanum, Banca Generali, Fineco, EQT AB
Les sociétés de gestion traditionnelles fortement endettées et lourdement exposées aux stratégies actions sont celles dont les encours sous gestion, l’Ebitda et les cash-flow subiront davantage de pression face à la hausse de la volatilité et la chute des marchés provoquées par la pandémie du coronavirus, estime Fitch Ratings dans une nouvelle étude. Alors que la plupart des sociétés de gestion traditionnelles continuent de dégager des flux de trésorerie positifs dans les périodes tendues, celles qui ont un endettement plus fort devraient avoir moins de flexibilité en cas d’une déroute plus forte des marchés. Ces dynamiques se sont déjà traduites par des dégradations de notes ou de sentiments par Fitch Ratings. Ainsi, les sociétés de gestion italiennes Anima Holding et Azimut ont chacune vu leur note BBB être placée sous surveillance négative. Les perspectives d’Invesco, dont la note a été confirmée à A-, ont été révisées de positives à stables. La note de Lazard Group a été dégradée à BBB+, avec des perspectives stables. Plusieurs éléments peuvent toutefois contrebalancer ces pressions, selon l’agence de notation: le fait que les sociétés de gestion traditionnelles ont des bilans légers et génèrent des flux importants de trésorerie, leur capacité à réduire les dépenses face au déclin des revenus de manière à maintenir leurs marges, des niveaux d’endettement bruts faibles, peu de dettes arrivant prochainement à échéance, d’importants niveaux de trésorerie et des niveaux de distribution des bénéfices élevés qui pourront ainsi être abaissés. Trois scénarios de stress Fitch a analysé le comportement d’un groupe de sociétés de gestion confrontées à trois scénarios uniformes de stress. Ces trois scénarios impliquent tous des baisses d’encours, dont une chute de 30 % des actions et un déclin de 20 % des obligations, une réduction de 5 % des taux de frais et des décollectes immédiates de 7 %. Les scénarios 1 et 2 prévoient une baisse de 10 % des frais hors frais de gestion et des autres revenus, tandis que le scénario 3 imagine une chute de 20 %. Le scénario 2 intègre aussi un choc de marché supplémentaire de 10 % sur toutes les classes d’actifs. Les plus grandes sociétés de gestion avec des modèles d’affaires et des stratégies d’investissement plus diversifiés seront mieux à même d’absorber le choc de la baisse des revenus. Les sociétés avec des stratégies de vente à découvert, comme Man Group, pourraient aussi contrebalancer certains des risques. Les gestionnaires ayant investi dans de nouvelles stratégies d’investissement sous la forme de capitaux d’amorçage seront plus affectés. Les marges d’Ebitda chutent pour chacun des scénarios, d’une moyenne 2019 de 38 % à environ 22 % pour le troisième scénario. Fitch note toutefois que les sociétés de gestion devraient être capables de réduire les coûts, notamment par le biais des bonus et des dépenses de distribution afin de compenser la compression des marges. D’importants niveaux de trésorerie Le déclin des performances et la décollecte devraient faire pression sur les sociétés de gestion les plus endettées et ayant une plus faible liquidité compte tenu du déclin de la trésorerie d’exploitation. De plus, si une société devait voler au secours de ses fonds, cela constituerait un poids supplémentaire sur la trésorerie, note Fitch. Les sociétés de gestion ont tendance à avoir d’importants niveaux de trésorerie, qu’elles pourraient utiliser pour des rachats d’obligations dans le cas des sociétés fortement endettées. La plupart des sociétés de gestion traditionnelles ont une certaine souplesse en matière de coûts et pourraient réduire les rachats d’actions, si nécessaire, ou diminuer les dividendes. AllianceBernstein, Franklin Resources, T Rowe Price, Azimut, Man et Schroders avaient toutes des positions de dette négatives au 31 décembre 2019, observe Fitch Ratings. Les plus grandes sociétés de gestion traditionnelles cotées aux États-Unis n’ont aucune dette venant à échéance en 2020, la majeure partie des échéances du secteur survenant après 2023. Les sociétés de gestion de la région EMEA ne subissent pas non plus de pressions de refinancement de la dette extérieure à court terme, l’essentiel de la dette arrivant à échéance après 2023.
La chute des marchés n’a pas fait que des victimes depuis mi-février. Certains fonds commercialisés en France et accessibles aux particuliers et institutionnels affichent de très belles performances depuis le début de l’année. Sans surprise, ce sont les fonds alternatifs axés sur des stratégies de volatilité et les fonds qui shortent le marché (avant l’interdiction de le faire dans certains pays) qui apparaissent dans le Top 5. Un fonds de BNP Paribas AM arrive en tête avec toutefois une stratégie différente, axée sur l’obligataire, le BNP Paribas LDI Solution Duration Matching All Maturities un fonds d’obligations mixtes long terme qui affiche plus de 56% de performance depuis le 1er janvier. Dans ce palmarès réalisé au 16 mars figurent par ailleurs un fonds d’Elan (Elan France Bear), un fonds d’Amundi (Amundi Volatility World) et un de Natixis (dont la gestion est sous traitée à son affiliée SeeYond, Seeyond Equity Volatility Strategies). Ces fonds affichent des performances variant de près de 50% à un peu plus de 23% au 13 et 16 mars. Concernant le fonds Elan France Bear, il se présente comme un fonds éligible au PEA, et cherchant à obtenir, via l’utilisation d’instruments financiers à terme, une performance comparable à l’indice CAC 40 Short quelle que soit son évolution, en étant investi dans son FIA maître, le FCP Sérénité PEA, et exposé au CAC 40 via des instruments hors-bilan. Il s’agit d’un fonds commun de placement (FCP) lancé le 26 mai 1989 par Rothschild & Co Asset Management Europe. En un mois, à partir de mi-février, il a bondi de plus de 50%. Même surperformance pour le fonds Theam Euro Long Vol de BNP Paribas AM, dont la stratégie vise une exposition positive à la volatilité implicite court terme des marchés actions de la zone euro. Il investit dans des instruments financiers à terme visant à répliquer les niveaux de volatilité observés en clôture ou proche de la clôture sur les marchés règlementés de dérivés actions de la zone euro. Les fonds du palmarès d’Amundi et de Natixis AM (devenu Ostrum AM) suivent aussi une stratégie de volatilité et sont tous deux des Sicav luxembourgeoises. Amundi Volatility World investit en zone euro, aux Etats-Unis et en Asie. Son prospectus indique que l’exposition du compartiment à la volatilité est analysée à l’aide d’une grille indicative de valeurs cibles correspondant à différents niveaux de volatilité des marchés actions de ces trois zones géographiques. Seeyond Equity Volatility investit principalement dans des instruments cotés offrant une exposition directe à la volatilité. Son prospectus précise qu’il utilise une approche active de l’indexation à la volatilité en exploitant le comportement indépendant de la volatilité en tant que classe d’actifs Top 5 des performances d’OPCVM disitribués en France depuis le 1er janvier: BNP PARIBAS LDI SOLUTION DURATION MATCHING ALL MATURITIES I CAPITALISATION (Obligations Mixtes Long Terme) : + 56.46 % ELAN FRANCE BEAR (Short index (bear) : + 48.94 % THEAM EURO LONG VOL I CAPITALISATION (Alternatif ‘Volatility Arbitrage’): + 39.20 % AMUNDI FUNDS VOLATILITY WORLD (Alternatif ‘Volatility Arbitrage’): + 26.33 % NATIXIS AM FUNDS SEEYOND EQUITY VOLATILITY STRATEGIES (EUR) (Alternatif ‘Volatility Arbitrage): + 23.97 % (au 13/03/2020)
Comme chaque année, le fournisseur d’indices S&P DowJones Indices a publié son étude SPIVA ( S&P Indices Versus Active Funds), très attendue par le secteur, sur la performance des fonds gérés activement par rapport à un indice élaboré par S&P. Selon cette étude 71 % des fonds actifs en Europe ont sousperformé en 2019 l’indice de référence de S&P, le S&P Europe 350 qui comporte 350 grandes valeurs européennes. Sur une base pondérée des actifs, l’indice de référence a surpassé les fonds de cette même classe de 1,5 %. On notera toutefois que S&P est partie prenante en tant que fournisseur d’indices et que les fonds se réfèrent à d’autres indices que le S&P Europe 350. Ceci étant dit, quelques autres conclusions sont intéressantes dans son étude. Ainsi, pour les fonds d’investissement en actions européennes le chiffre de sous-performance est de 78 % et 87 % sur un horizon de cinq et dix ans. S&P note que les gestionnaires de fonds actifs qui investissent dans un seul pays de la zone euro n’ont pas non plus réussi à surpasser leurs indices de référence sur une période d’un an. En particulier, les gestionnaires axés sur les actions françaises, italiennes, néerlandaises ou espagnoles ont enregistré une sous-performance de 5 % ou plus par rapport à leur indice de référence, sur une base pondérée des actifs. Seuls les gestionnaires d’actions allemandes ont réussi à battre leur indice de référence, les fonds de cette catégorie affichant une performance supérieure de 90 points de base à l’indice de référence de S&P Allemagne, sur une base pondérée des actifs. Concernant plus précisément les fonds d’investissement en actions françaises, sur une période d’un an, 90% des fonds d’actions français gérés activement ont enregistré des performances inférieures à l’indice S&P France BMI, dont la composition n’est pas détaillée dans l'étude. Sur la période de 10 ans, 90% ont enregistré une performance inférieure à celle de l’indice de référence. Les fonds actifs investissant en actions françaises ont réalisé un rendement moyen pondéré de 5,5% inférieur à l’IMC de S&P France sur un an et de 2,6% inférieur à l’IMC annualisé sur dix ans. Le taux de rendement moyen pondéré des actifs indique la performance d’un investisseur moyen et atténue l’influence des fonds plus petits. Pour les fonds d’investissement américains, sur une période d’un an, 81 % des fonds d’actions américains libellés en euros et gérés activement ont enregistré une performance inférieure à celle du S&P 500. Ce chiffre passe à 93 % et 98 % sur les périodes de cinq et dix ans. Pour les fonds d’investissement mondiaux, sur une période d’un an, 82 % des fonds d’actions mondiales libellés en euros et gérés activement ont enregistré une performance inférieure à celle du S&P Global 1200. Ce chiffre augmente sur une période de cinq et dix ans pour atteindre respectivement 94 % et 98 %. Enfin, les fonds des marchés émergents sont ceux qui s’en sortent le mieux et progressent par rapport à 2018. Sur une période d’un an, seulement 50 % des fonds d’actions des marchés émergents libellés en euros et gérés activement ont enregistré un rendement inférieur à celui du S&P/IFCI. Ce chiffre passe à 89 % et 96 % respectivement sur un horizon de cinq et dix ans. Par contre, 64% des fonds émergents libellés en livre sterling (GBP) sur-performent le benchmark en 2019. «Des performances supérieures auraient au moins permis d’amortir les turbulences qui, nous le savons maintenant, se sont prolongées. On ne sait pas encore si les mêmes fonds actifs ont tenu compte des signes avant-coureurs de Covid-19 au début de 2020. Un positionnement défensif sur des actions de qualité, ou sur les secteurs des produits de base, des soins de santé ou des services publics aurait pu au moins fournir une certaine protection contre les chutes observées sur les marchés au cours des dernières semaines. Mais il est possible que les gestionnaires actifs aient été piqués une fois de plus par leur penchant persistant pour les actions de plus petite capitalisation. Les gérants value sont probablement ceux qui ont le plus souffert, étant donné la sous-performance alarmante de ces actions par rapport à l’indice de référence des grandes capitalisations depuis le début de 2020", commente Andrew Innes, EMEA Head of Global Research & Design chez S&P Dow Jones Indices.
Tout au long de l’expansion de la pandémie de Covid-19, les sociétés de gestion ont su maintenir leur activité tout en mettant à l’abri leurs forces vives. Mais, à l’heure du confinement, faut-il fermer les marchés financiers ? Comme toutes les autorités de marché, l’AMF a refusé ce 17 mars une telle éventualité. Les gérants d’actifs, eux, semblent pencher davantage pour le oui. En près d’un mois, le CAC 40 aura perdu 36,5%, une chute vertigineuse d’une célérité jusqu’ici jamais observée. Les autres Places mondiales ont également accusé le coup : le S&P 500 a baissé de 29,5%, le Nikkei de 27,6%, la Bourse de Milan de 41,1%... La violence de ces chiffres, et une certaine nervosité des acteurs de marché, poussent des gérants français à demander une pause. «Il est normal que les marchés baissent car les gérants revalorisent leurs scenarios macroéconomiques. Mais nous évaluons dans une incertitude extrême. Nous ne connaissons pas encore l’impact réel de la crise», estime Gérald Grant, responsable de la gestion des portefeuilles dédiés au sein de la banque privée d’Edmond de Rothschild AM France. Pour l’heure, les régulateurs de plusieurs pays européens se sont bornés aux coupes-circuits et la limitation partielle puis totale des ventes à découverts. L’AMF a ainsi interdit l’usage des «shorts» sur 92 valeurs dès lors que le prix aura perdu 10% lors de la séance du 17 mars, puis banni totalement la pratique jusqu’au 26 mars. L’Autorité européenne des marchés financiers (Esma) a pour sa part forcé les shorters à se déclarer dès lors qu’ils vendaient à découvert plus de 0,1% du capital d’un titre coté. Mais aucune annonce en vue pour une fermeture pure et simple. «Les valorisations des actions ont très fortement chuté avec une volatilité extrême, mais ces marchés sont restés liquides, avec des volumes de transactions exceptionnellement élevés et des valorisations dont rien ne permet de dire qu’elles sont sans rapport avec les incertitudes économiques actuelles», a justifié Robert Ophèle, président de l’AMF, chez nos confrères de BFM Business. L’opérateur de places boursières Euronext a lui tenu à rassurer les investisseurs en déclarant qu’il avait la «capacité d’opérer, dans le contexte actuel, de manière à maintenir une activité de marché équitable, ordonnée et efficace et la bonne fin des contrats. Temps boursier et temps politique Une partie des gérants n’a pourtant pas la même lecture que le président de l’AMF. Parmi les principales critiques émises, beaucoup d’entre eux s'étonnent que les marchés restent ouverts alors que les gouvernements programment la quasi-extinction temporaire de l'économie. Le «quoi qu’il en coûte» du Président Macron a mis un doute abyssal dans la tête des investisseurs, puisque les modalités économiques de sortie de la crise sanitaire ne sont pas encore connues. Comment anticiper sans aucune information ? «Nous sommes face au summum du problème de l’instantanéité des marchés», constate Léonard Cohen, fondateur de Ginjer AM. Mécaniquement, il semble impossible de trouver la moindre valeur refuge, selon Bernard Aybran, directeur de la multigestion d’Invesco. Mais les problématiques de valorisation dans le vide vont bien au-delà des classes d’actifs traditionnelles. Elles touchent aussi certains marchés de dérivés, et des stratégies qui y sont exposées. Notamment certains hedge funds spécialisés sur le crédit structuré, dont les titres utilisés n’ont parfois plus de prix cohérents. La panique, couplée à l’incertitude des entreprises qui seront sauvées, pourrait avoir fait voler en éclat les matrices de valorisation. Pour prémunir ses porteurs de parts, Axiom Alternative Investments a ainsi suspendu tout retrait ou souscription sur son fonds Credit Opportunities, investi sur les tranches seniors d’indices de CDS. Cependant, «casser le thermomètre ne guérit pas un malade», prévient Stéphane Giordano, le président de l ‘Association française des marchés financiers (AMAFI), sans toutefois minimiser une certaine irrationalité. «Je comprends cette position de vouloir fermer les marchés, mais ce n’est pas la bonne solution. Il y a des acteurs exposés qui doivent pouvoir couvrir leurs risques. De plus, cela ajouterait davantage d’incertitude que cela ne calmerait le jeu», prévient-il, en précisant que certaines contreparties, comme les banques d’investissements qui fournissent des dérivés, pourraient en pâtir. L’exemple chinois L’idée de fermer les marchés en cas de crise grave n’est pas nouvelle. Elle a notamment été utilisée après les attentats du 11 septembre 2001 par le régulateur américain, avec un certain succès. Les marchés financiers chinois se sont eux arrêtés fin janvier, sans pour autant réussir à endiguer la chute. Après six séances annulées, l’indice de Shanghai a subi, le 3 février, sa plus lourde perte durant la crise, -7,7% (un chiffre bien loin de ceux expérimentés à Wall Street ou à Londres). Durant un mois et demi, l’indice s’est ensuite repris, avant de voir la hausse presque entièrement effacée. «La non-cotation repousse quelque peu le problème. La vérité des prix réapparaitra à la réouverture. Néanmoins ce temps de fermeture permettra aux investisseurs de réfléchir à leurs anticipations», tempère Ludovic Fechner, fondateur de la société Fundesys. Mais éteindre les marchés ne se coordonne pas au vu et au su de tous. «Une rumeur de fermeture pourrait provoquer un bain de sang en poussant certains investisseurs à liquider leurs portefeuilles», prévient David Kalfon, fondateur de Sanso IS, qui demeure néanmoins partagé sur la pertinence d’une telle décision. Pour être efficace, une fermeture impliquerait également une importante coordination internationale, mais aucun bruit ne fuite à ce sujet. «Une telle décision doit être prise par les autorités de régulation et suppose une coordination pan-européenne, si ce n’est plus large», souligne Euronext. Et elle devrait s'étendre à tout type de produit coté publiquement. Un message de Place pour rassurer les épargnants Certaines maisons de gestion estiment qu’un message de Place, rassemblant l’ensemble de la profession, est nécessaire pour faire pression sur le régulateur. Notamment, cette unité doit permettre d'évoquer un sujet sans que chacun ne communique dans son coin, et risque de propager de la défiance sur la liquidité de ses positions. Newsmanagers a essayé de joindre l’AFG durant cette journée atypique, sans succès. Au Royaume-Uni, des dirigeants de grandes maisons de gestion ont évoqué ce sujet lundi avec le nouveau Gouverneur de la Banque d’Angleterre Andrew Bailey. Les responsables interrogés sont également inquiets de l’image à venir des marchés auprès des investisseurs. «Ces dernières années, les épargnants ont été incités à épargner et investir dans l’économie réelle notamment pour leur retraite, et finalement, ils assistent à la fonte de leur épargne dans un moment de rupture brutale de l’économie. Il est incohérent d’arrêter l'économie mais pas la Bourse. Il faut absolument rassurer les Français pour qu’ils puissent investir sereinement sur le long terme et éviter d’ajouter des problèmes de capitalisation pour nos entreprises», s'étonne par exemple Michael Sfez, fondateur de Kermony Capital, société active dans le non-coté. Cette situation inédite sera en tout cas certainement étudiée par les chercheurs et les étudiants. En l’absence de perspectives futures, et avec une production à court terme annihilée par le gouvernement, les marchés libres sont-ils capables d’anticiper les valeurs des entreprises ? Il s’agit peut-être là d’une nouvelle discipline d’analyse financière.
Les fonds monétaires sont un peu comme Monsieur Jourdain dans le Bourgeois gentilhomme de Molière. Ils déclament parfois, sans même le savoir, de l’ESG dans leur documentation. Et cela pourrait menacer leurs concurrents autoproclamés ESG, selon une analyse de Fitch. Pour l’agence de notation, si les investisseurs se rendaient compte que la plupart des fonds monétaires sans estampe «ESG» avaient un processus de gestion proche de ceux qui s’en enorgueillissent, ils pourraient bien y investir et provoquer la fermeture des véhicules aux noms verdoyants. Pour survivre, un fonds monétaire devra donc prouver la qualité de sa gestion ESG pour conserver ces trois lettres dans son nom. L’enjeu est de taille puisque les encours des fonds monétaires qui se disent ESG ont grossi de 30% en 2019, à 70 milliards d’euros, soit deux fois plus vite que le reste de la classe d’actifs. De grands noms se sont d’ailleurs récemment convertis à l’ESG dans le monétaire, comme BlackRock et DWS. Mais certains concurrents ont trouvé la parade en intégrant des touches d’ESG dans leur rhétorique, sans pour autant s’en réclamer directement. Tels sont les cas de Goldman Sachs IM et JPMorgan AM, selon Fitch, qui ont réussi à répondre à la demande des investisseurs sans toutefois s’astreindre de trop lourds engagements ESG. Fitch souligne que cette tendance n’a pour l’instant aucune incidence de notation. L’agence remarque que l’intégration de l’ESG par petites touches dans la documentation des fonds se fait pour l’instant en ordre dispersé, sans normativité. Selon les données collectées par Fitch, publiées fin février dans un rapport parallèle, les principaux fonds monétaires ESG sont : Amundi Cash Institutions SR (21,3 milliards d’euros d’encours), Ostrum Sustainable Tresorerie (9 milliards), Blackrock ICS Liquid Environmentally Aware Fund (5,9 milliards) et BNP Paribas Mois ISR (5,6 milliards). La moitié des fonds monétaires ESG sont d’anciens véhicules traditionnels qui ont été convertis, pour la plupart, ces trois dernières années.
ShareAction a passé au crible les 75 plus grosses sociétés de gestion du monde sur leur stratégie ESG. La moitié d'entre elles ont une approche « très limitée » concernant la gestion des risques et des impacts ESG.
Les compétences humaines et la transversalité sont désormais nécessaires aux professionnels de l'investissement pour survivre à la puissance des algorithmes, selon le CFA Institute.
Le coronavirus a mis un terme à l’enthousiasme du début d’année. Les investisseurs sont deux fois moins nombreux à anticiper une amélioration de la croissance que le mois précédent (18% net, contre 36% en janvier), selon le dernier Fund Manager Survey de BofA Global Research réalisé entre les 6 et 13 février auprès d’un échantillon de 221 participants, totalisant 676 milliards de dollars d’actifs sous gestion. Les anticipations de hausse d’inflation sur les 12 prochains mois sont aussi en recul, à 40% net, contre 57% un mois plus tôt. Dans le marasme actuel, qu’est-ce qui pourrait alors faire grimper les anticipations d’inflation ? La moitié des gérants évoquent des choix politiques de relance, classés à gauche, avec en tête (26%) une politique de dépense étatique soutenu par la création monétaire, calquée sur la théorie monétaire moderne (Modern Monetary Theory), puis un engagement des pays du G7 à effectuer des dépenses en infrastructures (24%). Sur les marchés, les gérants interrogés ont observé que l’achat d’actions américaines de croissance et de la tech fut la principale stratégie de la semaine (51% des réponses), suivie par les bons du Trésor américain (17%) et les obligations corporates de qualité («investment grade», 13%), corroborant les données du Flow Show publiées la semaine dernière. En termes d’allocation, les positions en cash sont au plus bas depuis depuis avril 2015, à 9% (-5 points). Dans le même temps, la part des actions mondes en portefeuille est au plus haut sur ces 20 derniers mois, à 33% (+1 point), avec des actions américaines à 19% (+3 points). «Le sentiment des investisseurs est moins haussier que le mois dernier et montre une capitulation totale dans les actifs de déflation. Nous restons irrationnellement bullish», a déclaré le stratégiste en chef Michael Hartnett.
Ce label d’Etat, à la fois contraignant pour les gestionnaires et ne répondant pas aux volontés d’exclusion de certains secteurs des investisseurs, a du mal à s’imposer.
Alors que l’OMS (organisation mondiale pour la santé) a décrété jeudi 30 janvier que l’épidémie de Corona virus apparue en Chine était une «urgence de santé publique mondiale», les marchés financiers des pays occidentaux ont effacé cette dernière semaine de janvier tous les gains enregistré depuis mi-décembre. La panique n’est pas encore au rendez-vous mais l’inquiétude est perceptible tant dans l'économie réelle (plusieurs entreprises ont arrêté leur activité en Chine ou les déplacements) que dans les marchés financiers. Le président de la Fed, Jerome Powell, a lui-même qualifié le virus lors de sa conférence de presse, de «problème très sérieux» surveillé par son institution. «Si de nouveaux développements entraînent une réévaluation sensible de nos perspectives, nous réagirons de manière appropriée», a-t-il ajouté. La CHine a elle débloqué plusieurs milliards d’euros pour soutenir son activité, tandis que ls marchés boursiers asiatiques ont dévissé de 9% en moyenne lors de leur ré-ouverture ce lundi après un long week-end de fermeture dû au nouvel an chinois. NewsManagers vous délivre quelques notes de sociétés de gestion parues depuis lundi dernier, au lendemain d’un week-end où les autorités chinoises avaient commencé à prendre de sérieuses mesures. Au dernier décompte, plus de 300 personnes ont trouvé la mort en Chine après avoir contracté le virus. DBRS: - Bien qu’il soit encore trop tôt pour déterminer l’impact économique du virus sur la Chine, étant donné la vitesse à laquelle l’infection s’est propagée, l’impact devrait se faire sentir surtout au premier trimestre. La consommation, en particulier la vente au détail, sera probablement affectée, car les habitants de tout le pays limitent leurs activités en dehors de leur domicile. Dans une moindre mesure, la production sera probablement aussi affectée temporairement par la prolongation des vacances, ainsi que par d'éventuelles mesures de précaution ultérieures sur le lieu de travail pour contenir le virus. - La propagation du coronavirus a incité les entreprises à limiter leurs voyages en Chine, ce qui affectera les hôtels, les restaurants et les transports. Hong Kong et d’autres centres régionaux de tourisme (par exemple, la Thaïlande, Macao) devraient connaître un impact encore plus important. La part croissante de la Chine dans l'économie mondiale, associée à son intégration croissante dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, signifie qu’un ralentissement en Chine dû au virus pourrait avoir des répercussions plus importantes que par le passé. - En 2003, lorsque le SRAS a frappé l'économie chinoise, les retombées mondiales ont été limitées. Le poids du pays dans la croissance mondiale était alors modeste (4 %), alors qu’il représente aujourd’hui 17 % du PIB mondial. AXA IM: - L’Histoire nous montre que le S&P va certainement continuer son ascension, jusqu’à ce qu’une récession soit en vue. Nous n’y sommes pour le moment tout simplement pas encore.» Cependant, une nouvelle d’inquiétude apparait, à travers l’épidémie de coronavirus en Chine. Nous allons suivre attentivement son évolution, la Chine ayant déjà pris des mesures drastiques pour y remédier. Dans un contexte de progression relativement lente de l’économie mondiale, cette menace pourrait modifier nos prévisions. Amundi: En ce début des années 2020, les marchés continuent à être dominés par des questions géopolitiques, avec d’abord des tensions éphémères en Iran, suivies par les nouvelles concernant un accord commercial de phase 1 entre les États-Unis et la Chine. Aujourd’hui, les prévisions de croissance deviennent le principal moteur du marché. C’est pourquoi la récente volatilité due aux nouvelles concernant la propagation du virus corona en Chine est plus élevée que dans le cas des tensions entre les États-Unis et l’Iran, car l'épidémie pourrait nuire à la Chine (et à la croissance mondiale) si elle n’est pas contenue rapidement (ce qui n’est pas notre scénario de base pour le moment). DWS: - (..) les marchés financiers risquent de subir le fardeau du coronavirus pendant un certain temps encore. Au moins jusqu'à ce que le taux de croissance des nouvelles infections se stabilise. - Nous considérons que la base de données actuelle est insuffisante pour faire des prévisions fiables. Il est donc recommandé d’envisager un positionnement un peu plus prudent. - Dans le cas de l'épidémie de SRAS, les effets sur la croissance économique et les marchés boursiers ont été importants à court terme, mais se sont ensuite largement stabilisés. Il convient de rester prudent et de ne pas faire d’amalgame avec le SRAS pour le moment. La Banque Postale AM: - Alors que l’épidémie n’est toujours pas endiguée en Chine, une question importante est de savoir si un ralentissement en Chine pourrait avoir des répercussions en Europe. Premier point important, un ralentissement temporaire dû à une cause extérieure (épidémie, grève, etc…) est souvent compensé par un surcroit de croissance plus tard. Il y a une perte de croissance nette lorsque l’arrêt de l’économie dure trop longtemps. Pour l’instant nous n’y sommes pas. - Qu’elle est l’exposition directe de l’Europe à la Chine? En 2018 les exportations de l’Europe des 28 vers la Chine étaient de 209,9 milliards d’euros, soit 11% des exportations extra-Europe. C’est aussi seulement 1,75% du PIB de la zone. Amplegest : - Depuis la mi-janvier le «coronavirus» venu de Chine douche l’optimisme des marchés qui tablaient sur l’amélioration de l’économie mondiale. Nous ne pouvons pas exclure un trou d’air conjoncturel mais restons confiants dans la poursuite du cycle de croissance. - La crainte du danger est souvent plus terrifiante que le danger présent…En conséquence il est probable que l’économie mondiale soit affectée à court terme, plus ou moins fortement selon l’évolution du virus. Comme le disait il y a quelques jours Bernard Arnault (patron du groupe LVMH), soit l’épidémie est une affaire de quelques semaines ou quelques mois et les effets seront finalement mineurs, soit elle s’installe dans la durée et l’impact sera beaucoup plus significatif. Cet évènement inattendu va inciter les Banques Centrales à redoubler de prudence à court terme. Leur politique va rester très accommodante. - Nous avons réduit tactiquement le risque dans nos fonds flexibles en attendant d’y voir plus clair sur l’évolution du virus et sur son impact économique. Mais nous estimons que toute baisse significative serait un très bon point d’entrée.
Les versements de dividendes des entreprises européennes (indice MSCI Europe)devraient s'élever à environ 359 milliards d’euros en 2020, selon la dernière édition de l'étude sur les dividendes réalisée par AllianzGI.Une augmentation significative de 3,6 %, soit 12 milliards d’eurospar rapport à 2019, une année déjà notée record en matière de rémunération des actionnaires. Selon l’étude («Generating Capital Income with Dividends»), les dividendes ont contribué en moyenne à hauteur de 38 % au rendement total des actions européennes depuis 1974. L’auteur souligne queles entreprises européennes font preuve d’une grande générosité envers leurs actionnaires en comparaison internationale. Leur rendement du dividende s’est établi en moyenne à environ 3,7 % pour l’ensemble du marché. En regard, 60 % des obligations d'État de la zone euro ont un rendement nominal négatif. «Malgré les risques liés au protectionnisme, la croissance économique mondiale a pu rester sur un sentier de croissance étroit grâce à la poursuite de la politique monétaire accommodante des banques centrales. La question de la stabilité de cette trajectoire nous accompagnera au cours de la nouvelle décennie, tout comme la certitude qu’un retour des taux d’intérêt reste irréaliste». Pour lui, une attitude prospective dans un environnement de dividende stable reste donc la devise pour l’année à venir : «Le montant des dividendes qui devraient être distribués en 2020 dépasse le budget fédéral allemand de l’année dernière. C’est un signal fort de la robustesse de l’économie en Europe», a commenté Jörg de Vries-Hippen, CIO Equity Europe chez AllianzGI. Il ne faut pas exclure une possible volatilité sur les marchés en 2020. Toutefois, en ce qui concerne les opportunités et les risques pour les investisseurs, Hans-Jörg Naumer, directeur Global Capital Markets & Thematic Research et auteur de l'étude d’Allianz Global Investors, estime que« en tant qu’alternative à l’absence de taux d’intérêt, les dividendes peuvent stabiliser le portefeuille d’un investisseur de trois manières : en tant que source de revenus régulière, en tant qu’indicateur d’un modèle économique robuste et pour la diversification du portefeuille».
DNCA Investments tenait ce 14 janvier son grand raout annuel, durant lequel les principales figures de la société ont exposé leurs analyses devant une large audience, composée principalement de CGP. Son directeur des gestions, Jean-Charles Mériaux, en a profité pour esquisser les tendances à venir, selon lui, pour la décennie. Dans son discours, il a ainsi utilisé la palette d’outils ISR, auxquels s’est convertie la firme en 2018, pour décrire les enjeux sociaux et écologiques pour la sphère financière. Dans un premier temps, M. Mériaux a ainsi critiqué une croissance qui a «dévasté la planète gratuitement» ces dernières années. Conséquence directe, les politiques de lutte contre le réchauffement climatique impliqueront de fortes conséquences financières, tant du côté des dépressions massives sur les investissements réalisés ces dernières années, que les investissements à réaliser pour respecter les objectifs de l’Accord de Paris. Indirectement, les sociétés qui auront à subir ces coûts risquent fort bien de les répercuter sur les prix des biens et services. Dans un second temps, le directeur des gestions s’est alarmé de la croissance des inégalités, et du risque qu’elle faisait peser sur la démocratie «telle qu’on la connait». Selon lui, les sociétés devront faire preuve de davantage d’inclusion si elles veulent éviter tout mouvement populiste. Les sociétés devront faire preuve de davantage d’inclusion si elles veulent éviter tout mouvement populiste. Jean-Charles Mériaux a également présenté un nouvel ordre du monde économique et financier qui pourrait, selon lui, émerger au cours de la décennie. Ainsi, en matière d'économie politique, les politiques monétaires devraient être remplacées par les politiques budgétaires, les inégalités devraient faire place à la redistribution, la hausse des taux devrait réduire les effets de levier et aboutir à des politiques de désendettement, et la mondialisation devrait se fragmenter. Sur les marchés, les stratégies de momentum, «largement alimentées par la gestion passive», devraient être prochainement «victimes d’un retour à la moyenne», et les stratégies value, que préconise DNCA, devraient remplacer les stratégies de croissance. Par ailleurs, Jean-Charles Mériaux a mis en garde les investisseurs contre la mode des investissements illiquides, citant pêle-mêle en exemple le private equity, les produits structurés, et la pierre-papier. Selon lui, les défis et risques à venir favorisent la liquidité dans l’allocation d’actifs d’un investisseur, qui devra être capable de sortir rapidement si nécessaire.
Un tollé! Le projet de taxe sur les transactions financières porté par Olaf Scholz, le ministre allemand des finances, avait déclenché une avalanche de protestations outre-Rhin. A la veille de Nöel, le ministre avait présenté son projet, à la hussarde, sans vraiment prendre l’avis de son allié autrichien, etfait part de son intention d’introduire en 2021 cette taxe également très controversée au niveau européen. Toutefois, après huit ans de négociations, les dix Etats membres de l’Union européenne encore associés à ce projet sontsur la voie d’un accord, si l’on en croit le ministre. En l’état, il s’agirait d’une taxe de 0,2% à l’occasion de l’achat d’actions. Plus précisément, seraient concernées les actions d’entreprises dont le siège est en Allemagne et dont la capitalisation boursière dépassé le milliard d’euros. En Allemagne, 145 sociétés seraient éligibles; dans les dix Etats partenaires plus de 500 sociétés. A noter toutefois que toutes les transactions sur actions ne seront pas forcément taxées, notamment les dérivés. Le produit de cette taxe devrait s’élever à environ 1,5 milliard d’euros par an, qui serviront à financer la pension de base de l’Etat. Pour mémoire, en France, la taxe sur les transactions financières (TTF) de 0,3% prélevée sur les achats d’actions estappliquée depuis 2012 etconcerne désormais 134 sociétés françaises depuis le 1er décembre 2019, contre 132 auparavant. A l’origine, le projet de taxation avait été adopté par onze pays: outre la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Autriche, le Portugal, la Slovénie, la Grèce, l’Italie, l’Espagne, l’Estonie et la Slovaquie. Depuis, l’Estonie a jeté l’éponge. L’Allemagne relance le projet mais n’en déplaise au ministre des finances, son projet de taxene fait pas l’unanimité. L’association allemande de protection des petits porteurs (DSW) a lancé une pétition sur son site, très critique sur l’impôt «Scholz», qui a déjà réuni près de 30.000 signatures. Les opposants au projet sont de plus en plus nombreux. Et parfois très écoutés en raison de leur notoriété. Bert Flossbach, fondateur de la société de gestion Flossbach von Storch, a ainsi jugé dans une lettre au ministre des finances que « c’est une amère ironie de constater que, comme par hasard, les dérivés devraient être épargnés par la nouvelle taxe». Le responsable évoque également les traders haute fréquence, pas concernés non plus par le projet de taxe. «Ceux qui cherchent à gagner de l’argent à la va-vite seront donc épargnés alors que l’investisseur à long terme sera pénalisé», déplore Bert Flossbach qui compare la taxe à «un impôt bio sur les produits durables». Une absurdité totale, selon lui. Emmerich Müller, patron de la banque privée Metzler, qualifie aussi le projet d’ «absurde» puisqu’il va frapper les actions, une classe d’actifs qui permet justement d’échapper à la permanence lancinante des taux bas, voire négatifs. Les politiques sont également montés au créneau, à l’instar des libéraux du FDP qui ont commandé une étude à l’université de Stuttgart-Hohenheim. Conclusion de l’étude: le projet d’Olaf Scholz ressemble fort àune taxe sur les petits porteurs. Les Verts estiment de leur côté que cet impôt est une «vaste supercherie» qui ne va pas contribuer à limiter la spéculation ou à stabiliser les marchés financiers. Et les conservateurs ne sont pas en reste. Plusieurs membres de la CDU (Union chrétienne-démocrate) critiquent le projet tandis que la CSU (Union chrétienne-sociale), très critique également, propose que les investisseurs de long terme en actions soient exonérés de tout impôt. Les partenaires de l’Allemagne au sein de la coalition des dix ne semblent pas non plus enthousiastes. A commencer par son principal soutien, l’Autriche. Le ministre des finances sortant du gouvernement autrichien, Eduard Müller, ne veut pas du projet allemand qui épargne 99% des transactions financières… Son successeur, Gernot Blümel, est un philosophe de formation qui n’a aucune expérience du secteur financier…Ce qui ne préjuge pas de son point de vue maisjusqu'à l'été dernier, l’Autriche avait soutenu aux côtés de l’Allemagne, le projet de taxe.Olaf Scholz voulait manifestement accélérer l’adoption du projet. Il semble avoir obtenu l’effet inverse...
Les stratégistes de La Banque Postale Asset Management (LBPAM) ont présenté à la presse, mi-décembre, leurs anticipations macroéconomiques pour l’année 2020, avec un scénario central de réaccélération «médiocre» de la croissance. Selon Stéphane Déo, stratégiste au sein des gestions de LBPAM, la croissance de la zone euro pour l’année prochaine devrait se situer aux alentours de 0,9-1%, une faiblesse «qui rend le risque de récession plausible et la capacité à absorber un choc très limitée». Cependant, les signes d’essoufflement sont, selon lui, faibles, et les finances publiques désormais plus saines qu’au début de la décennie. Les marges de manoeuvres budgétaires sont donc désormais conséquentes, selon Stéphane Déo. En matière de politique monétaire, LBPAM s’attend à une possible remise en question de l’assouplissement quantitatif dans les douze prochains mois. Du côté du risque politique, Hervé Goulletquer envisage une sortie prochaine du tunnel concernant les accords commerciaux sino-américains. Un échec des négociations fragiliserait tant M. Trump que M. Xi, selon ses analyses. Dans ce cadre, le soutien du Sénat républicain aux manifestants pro-démocraties de Hong Kong peut être vu comme un véritable caillou dans la chaussure du président américain. L’une des principales craintes du stratégiste se trouve plutôt du côté du choix du candidat démocrate à l'élection présidentielle, les programmes des principales personnalités radicales pouvant affecter de manière importante les marchés actions. Néanmoins, M. Goulletquer a fait remarquer la percée dans les sondages de l’outsider centriste de l’Indiana Peter Buttigieg, dont le positionnement pourrait être fatal tant à Elizabeth Warren et au modéré Joe Biden, qu’au président sortant, s’il venait à être son adversaire. A douze mois, l’allocation d’actifs de LBPAM favorise le crédit, tout en restant positif sur les marchés actions et l’obligataire souverain. Les deux stratégistes soulignent cependant que la communauté financière pourrait s’inquiéter «du tempo de l’activité d’une phase haussière du cycle déjà bien longue». «Un regard sélectif s’imposerait alors en termes d’allocation d’actifs», jugent-ils. Sur les actions, la maison est, à 12 mois, positive sur l’ensemble des places, à l’exception des Etats-Unis et du Japon, envers lesquelles elle se montre neutre. En termes de rendements, LBPAM s’attend à un taux de 1,6% sur le dix ans américain, de -0,5% sur le Bund, et de -0,3% sur l’OAT de mêmes maturités. Le taux du high yield en zone euro est attendu fin 2020 à 3,85%, contre 0,82% pour l’investment grade. Côté actions, le rendement annuel du S&P 500 est estimé à 3%, tandis que l’Euro Stoxx de la zone euro est prévu à 5%. Les marchés émergents pourraient dégager 9%, et le marché chinois 10%, selon leurs anticipations.
Thomas Chaussier, responsable pour la France de Morgan Stanley IM, explique comment le groupe s'est développé dans le pays et entend miser sur les évolutions réglementaires liées à l'épargne.
Une étude menée par PwC Luxembourg et le gestionnaire chilien Sura Investment Management sur l'industrie de la gestion d'actifs et de fortune en Amérique latine estime que les encours vont plus que doubler en six ans dans cette région.
En prenant une participation majoritaire dans BlueOrchard, une société de gestion suisse spécialisée dans la microfinance, le britannique Schroders a mis la main sur une pépite du secteur.
La fédération du secteur financier belge Febelfin et l’agence de labellisation indépendante CLA ont dévoilé, mercredi 6 novembre à Bruxelles, la feuille de route du nouveau label pour les fonds durables Towards Sustainability.