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« Les investisseurs institutionnels victimes de fraude boursière doivent agir dans l’intérêt de leurs souscripteurs »
« Pour les investisseurs victimes de fraude boursière, agir en justice ne se limite pas à un remboursement financier. C’est aussi envoyer un signal fort au marché : vous agissez dans l’intérêt de vos souscripteurs et vous avez un rôle à jouer dans la gouvernance des entreprises. Vous protégez ainsi votre performance et votre réputation » souligne, dans cette interview vidéo, Bruno Rosenbaum, Avocat au barreau de Paris et de New York, Partner et Head of Non-U.S. Litigation au sein du cabinet Kahn Swick & Foti, l’un des principaux cabinets d’avocats américains spécialisés dans le contentieux boursier.
Le cabinet analyse en continu les marchés pour détecter les mouvements de cours suspects, signes possibles de fraudes. « Lorsqu’une action chute brutalement, c’est peut-être le signe qu’une information cachée vient d’être révélée. Dans ce cas, nous enquêtons : y a-t-il eu des informations mensongères ? Depuis quand ? Le cabinet compare ensuite le prix artificiellement gonflé (dû à la fausse information) à la valeur réelle après la chute, pour estimer le préjudice » détaille Bruno Rosenbaum.
Devenir « lead plaintiff » : un intérêt procédural et financier
Dans ce contexte, aux États-Unis, la class action permet à un « lead plaintiff » de défendre l’ensemble des actionnaires lésés, sans que ces derniers n’aient à s’impliquer. Les investisseurs peuvent rester passifs et bénéficier du résultat obtenu par le lead plaintiff. Mais, en étant passifs, ils dépendent entièrement des arguments avancés par ce dernier et de la manière dont ses avocats choisissent de conduire le dossier. Or une erreur fréquente consiste à croire que les intérêts du lead plaintiff sont forcément alignés avec ceux de chaque actionnaire. Ce n’est pas toujours le cas : les priorités, les théories juridiques retenues ou l’étendue des pertes mises en avant peuvent diverger. Devenir lead plaintiff peut alors constituer un avantage important pour sécuriser une approche adaptée à ses propres intérêts, surtout en cas de pertes significatives : « Être lead plaintiff, c’est comme être à la tête du comité de pilotage d’un projet stratégique. Vous validez la direction, et à la fin, vous récoltez les fruits de la procédure » indique Bruno Rosenbaum.
Retenir les affaires pertinentes
L’objectif est de ne retenir que les affaires pertinentes et les frais de procédures sont entièrement pris en charge par le cabinet. En 2024, le cabinet Kahn Swick & Foti a ainsi obtenu plus de 250 millions de dollars au bénéfice de ses clients, avec seulement six affaires. « Notre approche repose sur l’efficacité, la sélectivité et les résultats » affirme ainsi Bruno Rosenbaum, qui recommande de consulter plusieurs cabinets afin de comparer leurs analyses : « Avoir un seul cabinet, c’est comme avoir un seul médecin. Pour l’investisseur institutionnel, il est crucial de comparer les avis. »
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