Pékin ne réussit pas à enrayer la surchauffe de l’économie chinoise
Malgré les efforts de Pékin, les risques de surchauffe s’accroissent. Selon les chiffres publiés ce matin par le Bureau national des statistiques, la croissance de l'économie chinoise s’est maintenue à un rythme élevé au premier trimestre, avec une hausse du PIB de 9,7%, contre 9,4% prévu par le consensus des économistes interrogés par Bloomberg. Elle a notamment été tirée par une progression de 14,4% de la production industrielle et de 25% des investissements en capital fixe. Le ralentissement n’est donc que très marginal comparé aux 9,8% de croissance enregistrés au dernier trimestre 2010, et aux 10,3% sur l’ensemble de l’année dernière.
Dans le même temps, la hausse des prix à la consommation s’est accélérée à 5,4% au mois mars, soit son plus haut niveau depuis juillet 2008. Un rythme plus élevé que les 5,2% prévus par le consensus. Sur l’ensemble du premier trimestre, l’inflation a atteint 5%, alors que les autorités chinoises ont fait de la lutte contre l’inflation une priorité absolue et ont multiplié les mesures visant à freiner son ascension. De plus, la hausse des prix à la production, indicateur avancé des pressions inflationnistes futures, s’est légèrement accélérée à 7,3%, contre 7,2% au trimestre précédent.
«Les chiffres du PIB sont meilleurs qu’attendu, traduisant la solide résistance de la demande intérieure, ce qui laisse à la banque populaire de Chine (PBOC) une marge de manœuvre pour poursuivre sa politique de resserrement monétaire» estime Ma Xiaoping, économiste chez HSBC. D’autant que les nouveaux prêts accordés par les institutions financières du pays ont atteint 679,4 milliards de yuans en mars (72 milliards d’euros), selon les chiffres publiés hier par la PBOC (lire également page 2). «Ces chiffres sont supérieurs à nos prévisions, le gouvernement devrait ainsi poursuivre le resserrement monétaire dans les prochains mois» estime Sun Wencun, économiste chez Citic Securities.
L’annonce intervient en marge du sommet qui réunit les BRICS en Chine, dont les membres (Brésil, Russie, Inde, Chine) connaissent eux aussi de fortes pressions inflationnistes. Ces derniers mois, les autorités de ces différents pays ont utilisé l’appréciation de leurs monnaies locales comme arme supplémentaire contre la hausse des prix. Le rythme de la croissance chinoise devrait ainsi fournir une marge de manœuvre supplémentaire dans la poursuite de la réévaluation du yuan.
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