Les tensions interbancaires réveillent le spectre de la crise de liquidité post-Lehman
Le spectre de la crise de liquidité post-Lehman ressurgit sur le marché interbancaire en zone euro. La déprime des marchés rend les banques européennes plus réticentes à se prêter de l’argent entre elles. C’est ce que traduit la hausse du différentiel entre l’Euribor et le swap eonia sur la maturité 3 mois. Publiés vendredi à 1,53% et 1%, l'écart entre les deux taux ressort ainsi à un niveau de 53 pb, contre un 55,8 pb la veille, et s’approche de la zone de danger. Depuis la mi-juin, sous l’effet des craintes accrues sur la Grèce, il s’est tendu de 37 pb. L’écart de taux avoisinait les 63 pb la veille de la chute de Lehman Brothers et avait touché un record de 189,5 pb le 27 octobre 2008.
Ce signe de tension sur le marché interbancaire, en zone euro, intervient dans un contexte de dégradation de la perception de la qualité de crédit du secteur bancaire. L’indice iTraxx qui suit l’évolution des CDS des dettes seniors bancaires en Europe s’est creusé depuis début juillet de 50 pb à 210 pb vendredi. Alors que les banques des pays périphériques restent sous perfusion de la BCE, celle-ci, en raison du regain de tension sur certains marchés financiers, a décidé de reconduire ses opérations de refinancement principales sous la forme d’appels d’offres à taux fixe, aussi longtemps que nécessaire et au moins jusqu’à la fin de la dernière période de constitution de réserves de 2011, le 17 janvier 2012. Elle a aussi annoncé une nouvelle opération de refinancement de 6 mois (LTRO) qui sera adjugée le 10 août. Enfin, trois opérations LTRO interviendront le 26 octobre, le 30 novembre et le 21 décembre. Mercredi, les banques ont été moins nombreuses (168 contre 193 une semaine plus tôt) à demander des fonds à 7 jours de la BCE. Toutefois, elles en ont demandé pour 172 milliards d’euros, soit 8 milliards de plus que les 164 milliards de fonds échus le même jour. Un signe de tension.
Obtenir du financement en dollars pour les banques de la zone pourrait aussi devenir problématique si la crise de la dette venait à durer. Pour l’heure, aux Etats-Unis, la situation n’est pas au même niveau de stress. La semaine dernière, l'écart entre le Libor et le swap OIS à 3 mois, en dollars, ne s’est creusé que de 6 pb à 18 pb, bien loin des 86 pb observés la veille de la faillite de Lehman et du pic de 364 pb du 10 octobre 2008.
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