« Les spreads des récentes émissions périphériques risquent de s'écarter à moyen terme »
Christine Barbier, responsable crédit corporate cash chez Natixis AM
Publié le
Violaine Le Gall
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L’Agefi: Le retour des émetteurs périphériques sur le marché primaire peut-il être durable ?
Christine Barbier : En octobre, des émetteurs corporates périphériques ont sorti de nouvelles obligations après que les signatures «core» ont testé le marché. Il s’agit d’émetteurs de premier plan uniquement corporates, espagnols ou italiens. Leur succès sur le marché primaire tient tant à la prime attractive offerte par rapport au marché secondaire qu'à l’appétit des investisseurs sevrés par une période estivale sans émissions. Le choix des maturités a contribué positivement puisqu’elles sont calées sur l’horizon 3-7 ans qui convient aux investisseurs. Leurs spreads se sont resserrés en raison de la prime à l’émission et d’un marché actions en hausse. Cependant, on peut s’interroger sur la pérennité de cette accalmie car à moyen terme les spreads de ces émissions sont susceptibles de s’écarter, en sympathie avec ceux de leurs emprunts d’Etat tant que la crise européenne actuelle n’est pas résolue. D’autre part, les émetteurs financiers périphériques sont absents de ce marché primaire en raison de leurs spreads trop élevés de même que ceux des petits pays périphériques. C’est un signe de fragilité sur le potentiel d'émission de ces groupes.
Dans ce contexte, quelle est votre stratégie ?
Vis-à-vis de ces émissions, notre stratégie est de sous-pondérer les crédits périphériques dans le secteur des utilities. Ces crédits seront fragilisés par les crises d’austérité budgétaire et la force de rappel vers le rating de la dette de leur Etat d’origine, à un ou deux crans près. Dans le secteur télécoms, nous sommes plus constructifs et privilégions les émetteurs diversifiés géographiquement en termes de revenus.
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