L’Eonia devrait se détendre sous le taux refi
La normalisation du marché monétaire est-elle en bonne voie? Difficile de répondre. En tout cas, l’évolution actuelle de l’Eonia en donne l’impression. De fait, depuis la hausse du taux de refinancement de 25pb à 1,25% annoncée par la BCE début avril, l’Eonia a suivi le chemin emprunté par le taux directeur. Mieux, le taux au jour le jour dépasse depuis près de dix jours, le taux refi.
Alors que l’Euribor à 3 mois poursuit sa tension graduelle pour s’établir autour des 1,3450, l’Eonia qui a touché les 1,434% le 21 avril, a été publié jeudi encore au dessus des 1,25% à 1,282%. Si elle ne laissera probablement pas insensible la BCE qui se réunira jeudi, cette tension de l’Eonia s’explique en partie par des facteurs techniques. Selon BNP Paribas, le long week-end de Pâques étant tombé en même temps que la période de maintenance des réserves des banques européennes en cours [13 avril au 10 mai, ndlr], la course à la liquidité a été plus intense logiquement après des marchés fermés pendant quatre jours, celle-ci s’ajoutant à l’accumulation des réserves par les banques qui intervient généralement en première partie d’une période de maintenance. En date du 28 avril, les injections nettes dans le système atteignaient 423 milliards d’euros, incluant les récentes offres de fonds de 117,9 milliards à 7 jours, de 83,7 milliards à 28 jours et de 63,4 milliards à 3 mois. Un des montants les plus élevés atteint en avril.
De plus, la BCE n’a réussi qu’à drainer 71,4 milliards via une offre inversée à 7 jours et visant à annuler les effets des 76,1 milliards d’achats de dettes souveraines. «Un extra de 4,6 milliards d’euros est resté dans l’Euro-système», note BNP Paribas. Barclays, suite aux dernières opérations, a estimé la hausse de l’encours de liquidité total de 18 milliards d’euros. Les détentions de liquidités courantes s’élèvent ainsi à 217,7 milliards d’euros, contre 208,3 milliards d’exigence de réserves moyenne. Ce qui porte le surplus de liquidités, à jeudi, selon nos calculs, à environ 9,5 milliards d’euros.
Du coup, l’Eonia, qui a amorcé une détente, a encore de la marge à la baisse vu que les banques sont en avance sur leur processus de constitution des réserves avant l’entame de la deuxième partie de la période de maintenance. BNP Paribas et Barclays voient le taux baisser à 1-1,10%.
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