Le rachat de Dexia Banque Belgique pèsera sur les finances de Bruxelles
Les détails apportés sur le sort de Dexia permettent de mieux mesurer les conséquences pour les Etats qui se portent au secours de l'établissement bancaire. La charge la plus lourde sera supportée par la Belgique. Le pays va en effet payer 4 milliards d’euros pour acquérir Dexia Banque Belgique. L’Etat belge - comme la France et le Luxembourg - apportera par ailleurs sa garantie, pendant dix ans, pour les financements émis par Dexia SA et Dexia Crédit Local. Il sera le plus important contributeur, à hauteur de 60,5%, contre 36,5% pour la France et 3% pour le Luxembourg. «La clé de répartition reflète le poids des différentes parties au capital avant le sauvetage de septembre 2008», rappelle un proche du dossier.
Ses garanties n’ont cependant pas de conséquences sur les comptes publics tant qu’elles ne sont pas tirées. Elles sont à l’inverse rémunérées, ce qui devrait rapporter 450 millions d’euros, dont 270 millions à la Belgique. Au total, Bruxelles va s’engager, en net, à hauteur de 3,73 milliards d’euros dans Dexia, ce qui représente 1,2% du PIB. L’opération va donc alourdir le ratio dette / PIB du pays, qui est déjà l’un des plus élevés de la zone euro. Il devrait passer de 97 % à 98 % environ, et restera sous la barre de 100%, a assuré Didier Reynders, ministre des Finances belge.
Dans ce contexte, le nouvel engagement de la Belgique dans Dexia est pris en compte sérieusement par les agences de notation. «Le coût du soutien à Dexia n’est pas insignifiant pour la Belgique», a indiqué hier un analyste de Fitch à Reuters. Dès le 7 octobre, Moody’s a placé la note Aa1 sous surveillance, afin, notamment, d'évaluer le coût du soutien à Dexia.
Les agences de notation ont en revanche confirmé la note AAA de la France, le démantèlement ne prévoyant pas de déboursement de l’Etat pour Dexia. «Pour le moment, il n’y a pas d’impact et nous avons une perspective stable», a déclaré Alexander Kockerbeck, analyste sur la France chez Moody’s, à Reuters. D’après Fitch, ce renflouement ne constitue pas en soi un risque important pour la France.
Sur le marché obligataire, les taux longs français et belges se sont néanmoins tendus de 11 points de base (pb) et de 9 pb à 2,85 % et 4,03 % respectivement. Le coût de la protection contre le risque de défaut de la Belgique s’est également renchéri, de 8 pb à 291 pb tandis que le contrat sur la France se détendait légèrement à 176 pb.
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