Le marché s’attend à une demande d’aide imminente de la part du Portugal
Quelques jours après la visite du Premier ministre grec en Allemagne, c’était hier au tour du chef de gouvernement portugais, Jose Socrates, de rencontrer la Chancelière Angela Merkel afin d’évoquer la situation budgétaire du pays et ses projets de réforme. Reconnaissant les réformes déjà effectuées, Angela Merkel a toutefois demandé au Portugal d’en faire davantage. Cette visite intervient alors que les marchés s’attendent à ce que le Portugal demande l’aide de l’Union européenne et du FMI dans des délais de plus en plus brefs.
Pour le responsable taux d’Axa IM, Christopher Iggo, interviewé par Bloomberg, «le coût d’emprunt devient trop élevé. L’Irlande et la Grèce ont demandé un sauvetage lorsque leur coût de financement était à un niveau aussi élevé, donc je m’attends à ce que le Portugal franchisse le pas dans les prochaines semaines». En tous les cas, une intervention extérieure semble inévitable cette année. «Le Portugal se finance actuellement à un niveau bien plus élevé que celui qu’il obtiendrait en allant au guichet européen», soulignait la semaine dernière Ibrahima Kobar, directeur de la gestion taux de Natixis AM. Dans le cadre de leurs plans respectifs, la Grèce se finance à Euribor 3 mois + 350 pb soit 4,6 % pour des prêts à 3 ans, et l’Irlande à 5,8 % sur 7,5 ans environ, tandis que le taux de rendement à 10 ans du Portugal ressortait hier à 7,2%.
Pour l’agence de notation Standard & Poor’s aussi, le Portugal «pourrait se trouver contraint de faire appel à l’EFSFet au FMI, compte tenu de ses importants besoins de financement externe et de ses sources de financement limitées». S&P a maintenu hier la note du Portugal (A- à long terme) sous surveillance négative. L’agence pourrait encore baisser la note du pays de deux crans. Dans le cadre du Mécanisme européen de stabilité (MES), opérationnel à partir de 2013, les créanciers obligataires se trouveraient en effet subordonnés par rapport au MES, précise l’agence qui attend les précisions sur le dispositif à l’issue du sommet européen des 24 et 25 mars.
Jusqu’ici, le Portugal a refusé de faire appel aux autorités européennes et au FMI pour se financer. Le gouvernement appelle l’Union européenne à trouver une réponse commune à la crise de la dette souveraine, ce qui entraînerait, selon lui, une détente sur les spreads.
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