La Chine dose subtilement croissance et risque inflationniste
La locomotive économique mondiale avance toujours à un rythme soutenu. Malgré les mesures restrictives mises en place par Pékin pour éviter tout risque de surchauffe, l’économie a affiché un rythme annuel de croissance de 9,6% au troisième trimestre, contre 10,3% au deuxième trimestre et 11,9% au premier. Les marchés craignaient qu’un ralentissement plus fort affecte l’économie mondiale.
Pourtant, les autorités chinoises multiplient leurs efforts pour enrayer tout risque de formation de bulles spéculatives, notamment immobilière. Outre la mise en place de règles restrictives sur les transactions immobilières (augmentations des apports de liquidités, interdiction d’octroi de crédits au-delà du second achat immobilier), le resserrement du crédit a permis de contenir le volume des nouveaux prêts octroyés par les banques. Si ces nouveaux dispositifs ont pesé sur l’économie, Aurel BGC précise cependant que «la croissance de la consommation restera forte et les salaires devraient accélérer ces prochains mois» sous l’effet des mesures d’incitation à consommer mises en place.
Cependant, ce qui inquiète le plus Pékin, c’est l’inflation, comme en témoigne la hausse surprise mardi de 25 points de base des taux directeurs chinois. A 3,6% en septembre, la hausse des prix à la consommation (CPI) est au plus haut depuis 23 mois. Or, l’objectif défini par les autorités chinoises est de 3%. En outre, comme le souligne Natixis, «le réel risque inflationniste pourrait être plus important que celui traduit par l’évolution du CPI. D’ailleurs, un certain nombre de facteurs structurels indiquent des hausses futures des prix».
La Chine s’est dite à cette occasion inquiète des effets déstabilisants de la politique monétaire américaine: flux de capitaux de taille excessive, dépréciation du dollar, et risques de bulles. Dans une interview publiée aujourd’hui par le Wall Street Journal, le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, exhorte les pays du G20 à s’orienter vers des «normes» sur la politique de changes.
Alors que les marchés anticipent une hausse progressive du yuan, Natixis souligne que «la substituabilité entre produits chinois et produits américains étant faible, l’appréciation du RMB a surtout comme effet d’accroître les prix des produits chinois importés aux Etats-Unis, donc l’excédent commercial de la Chine vis-à-vis des Etats-Unis».
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