Les prix sont au plus haut depuis 2006 sur le mid-market non coté européen

le 19/02/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Sur le segment «upper mid-market», les multiples d'acquisition ont grimpé à 10,6 fois l’Ebitda au quatrième trimestre 2015, selon l’indice Argos Mid-Market.

Le regain de volatilité favorise la croissance des volumes sur le marché secondaire.

Le coup d’arrêt enregistré dès le second semestre 2015 par les Bourses occidentales n’a pas entamé la marche en avant des valorisations dans le non-coté. Selon l’indice Argos Mid-Market, les multiples d'acquisition au sein de la zone euro ont ainsi grimpé à 9,1 fois l'Ebitda au quatrième trimestre, après avoir progressé de 8,3 à 8,5 fois l’Ebitda au troisième trimestre. Ce bond en avant ramène ainsi les valorisations au niveau record constaté à la fin 2006, avant le début des turbulences financières. «L’indice est porté aussi bien par les acquéreurs industriels, dont les prix offerts remontent à 9,2 fois l’Ebitda, que par les fonds de capital-transmission qui continuent de proposer des valorisations à un niveau exceptionnel de 9 fois», constate Argos Soditic.

Activités de M&A en hausse

Le mouvement est particulièrement marqué sur le segment upper mid-market (valeur des fonds propres comprise entre 150 et 500 millions d’euros), où les multiples ont grimpé en fin d’année de 14%, à 10,6 fois l’Ebitda.

Outre des conditions de financement très favorables, les valorisations ont réagi à une activité de M&A en hausse de 45% en valeur et de 7% en volume l’an dernier. «Malgré ce redémarrage, l’activité en Europe demeure en dessous de la forte reprise du M&A mondial», nuance Raphaël Bazin, directeur de participations chez Argos Soditic. A ce facteur s’ajoute la présence accrue des industriels asiatiques, qui ont concentré un record de 28% des opérations tracées par l’indice Argos Soditic.

La trésorerie abondante des grandes entreprises et les stocks croissants de capitaux non investis des fonds de private equity, la poudre sèche – ou «dry powder» – poussent en effet les prix à la hausse. Selon le fournisseur de données Preqin, la «dry powder» a ainsi progressé de 9% en décembre 2014 et juin 2015, à 755 milliards de dollars (680 milliards d’euros).

Sur le front du financement, le constat est similaire. «De plus en plus de fonds de dette britannique se présentent sur le marché français pour proposer des taux d’intérêt beaucoup plus faibles, illustre Raphaël Bazin. Les fonds sont à la recherche de dossiers et on observe de nouveau des structures de financement similaires à celles de 2006, avec des covenants relativement light», ajoute-t-il.

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