Deutsche Bank signe une troisième perte annuelle d’affilée
Cette perte en 2017 est la conséquence d’une conjoncture difficile, d’un recul des revenus de la banque d’investissement et de la réforme fiscale américaine.
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Agefi-Dow Jones
Deutsche Bank
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Photo Deutsche Bank.
Deutsche Bank a accusé une perte nette de 2,2 milliards d’euros au quatrième trimestre et sa troisième perte annuelle consécutive en 2017, provoquant une chute de l’action en Bourse vendredi.
La première banque allemande a accusé une perte nette de 512 millions d’euros en 2017, après un déficit de 1,4 milliard d’euros l’année précédente. Sans une charge de 1,4 milliard d’euros liée à la réforme fiscale américaine, le groupe aurait dégagé un bénéfice de 900 millions d’euros en 2017.
Les résultats de Deutsche Bank démontrent qu’elle est «en très bonne voie pour dégager de la croissance et de meilleurs rendements», a déclaré son directeur général, John Cryan, cité dans un communiqué, «en dépit d’un environnement de marché difficile, de faibles taux d’intérêt et d’investissements supplémentaires dans les domaines de la technologie et des contrôles».
Sur la défensive, les dirigeants de la banque ont affirmé aux analystes lors d’une conférence téléphonique que les résultats de 2017 ne réflétaient pas les progrès, durement obtenus, par des activités telles que le conseil en fusions-acquisitions, ou le retour des clients effrayés par les risques judiciaires auxquels était confrontée Deutsche Bank fin 2016. Les investisseurs ne semblent toutefois pas convaincus. Vers 10h55, l’action Deutsche Bank chutait de 5,6% à 13,95 euros.
Les revenus du trading en berne
Au quatrième trimestre, le produit net bancaire (PNB) a par ailleurs chuté de 19%, à 5,71 milliards d’euros, contre près de 7 milliards d’euros à la période correspondante de 2016. Les analystes anticipaient un produit net bancaire de 6,17 milliards d’euros pour le dernier trimestre 2017.
Les cessions prévues d’activités ont contribué à la baisse du PNB, selon la banque. Néanmoins, en excluant l’impact de ces cessions, les revenus trimestriels ont tout de même reculé de 10%, signe que Deutsche Bank continue d'éprouver des difficultés à conserver ses parts de marché dans certains segments clés, comme le trading et la banque d’investissement.
La banque a évoqué une faible volatilité et une activité réduite de la clientèle sur les marchés pour expliquer la baisse de son PNB. Les revenus de la banque de financement et d’investissement ont diminué de 16% au quatrième trimestre, à 2,73 milliards d’euros. Les revenus du trading ont chuté de 27%, à 886 millions d’euros, et les revenus de la division financement ont reculé de 16%, à 522 millions d’euros au quatrième trimestre.
Au quatrième trimestre, le revenu de l’activité de gestion d’actifs s’est contracté de 22% et celui de la banque privée et de dépôts s’est replié de 28%. John Cryan a déclaré, lors de la conférence avec les analystes, que le groupe comptait toujours introduire en Bourse une partie de son activité de gestion d’actifs cette année, dès que possible, sous réserve que les conditions de marché restent favorables.
Aucune décision concernant le dividende
Le directoire de Deutsche Bank n’a pas pris de décision concernant le dividende de 2017, a déclaré le directeur financier, James von Moltke, aux analystes. Les dirigeants ont refusé de dévoiler le contenu des discussions sur le dividence avant une réunion, prévue en mars, du directoire et du conseil de surveillance. Deutsche Bank a suspendu le versement de dividendes fin 2015, afin de préserver sa trésorerie et de mener à bien sa restructuration.
Vendredi, James von Moltke a reconnu que les coûts, un point faible de Deutsche Bank, avaient dépassé les attentes de la banque au quatrième trimestre.
Deutsche Bank avait prévenu début janvier anticiper une légère perte annuelle après impôts. Elle avait également averti que ses revenus du trading avaient reculé d’environ 22% au quatrième trimestre.
Après une longue restructuration, mise en place en 2015 à l’arrivée de John Cryan à sa tête, la banque allemande peine encore à renouer avec la croissance. L’année dernière a été notamment marquée par une augmentation de capital de 8 milliards d’euros.
Jenny Strasburg, The Wall Street Journal (version française Aurélie Henri et Valérie Venck).
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