Tensions. Les grandes banques européennes doivent faire face à un recul de leurs bénéfices en 2022, la guerre en Ukraine pesant sur les perspectives économiques du continent, avertit Fitch Ratings. « Les dépréciations de créances, à de bas niveaux, vont s’accroître du fait de la détérioration de la qualité des actifs. Toutefois, la plupart des banques (…) sont bien placées pour absorber ce choc, grâce aux performances solides enregistrées en 2021 », estime l’agence de notation. Au sein du panel des vingt banques retenues par Fitch, la Société Générale et UniCredit présentent les plus importantes expositions russes, mais celles-ci se limitent à environ 2 % de leur bilan et ne devraient dès lors pas engendrer de changement de notation. La capitalisation du secteur reste robuste, avec un ratio de fonds propres CET1 médian de 15 % fin 2021, offrant aux banques un coussin de sécurité par rapport à leurs objectifs de moyen terme et aux contraintes réglementaires.
Il est des aventures marquées du sceau de la fatalité. Lorsqu’en 2006, la Société Générale a jeté son dévolu sur la deuxième banque à capitaux privés de Russie pour en faire le fer de lance de son expansion internationale, les comptes s’y réglaient encore à coups de revolver. Engagé dans une croisade anticorruption, le numéro deux de la banque centrale avait été assassiné en sortant d’un rendez-vous avec le PDG du groupe français. Seize ans plus tard, la maison dirigée par Frédéric Oudéa doit cesser ses activités dans le pays sans avoir jamais réussi à tirer les dividendes de ce coûteux investissement. Par une cruelle ironie, elle apporte pour une bouchée de pain sa filiale Rosbank à l’oligarque Vladimir Potanine, qui la lui avait vendue à l’époque.
Soulagement. La Société Générale baisse un pavillon qui avait suscité grand espoir d’être moteur de croissance : elle a indiqué cesser ses activités de banque et d’assurance en Russie. La banque précise avoir noué un accord, dont la finalisation est attendue dans les prochaines semaines, de cession de la totalité de sa participation dans Rosbank et ses filiales d’assurance dans le pays à Interros Capital, fonds d’investissement russe précédent actionnaire de Rosbank. La Société Générale souligne pouvoir ainsi se retirer « de manière effective et ordonnée de Russie en assurant une continuité pour ses collaborateurs et ses clients ». Cela pour un impact négatif voisin de 20 points de base sur son ratio de capital CET1 « sur la base de la valeur patrimoniale au 31 décembre 2021 ». KBW a jugé ce chiffre « limité » et estimé que la nouvelle a de quoi constituer un « soulagement » pour les actionnaires et soutenir un comblement de la sous-performance boursière du titre dans son secteur depuis le déclenchement du conflit en Ukraine.
Un investisseur a vendu sa position au capital de Deutsche Bank et Commerzbank, avec une forte décote. Un mauvais signal pour le secteur bancaire européen
La Société Générale a annoncé lundi avoir cessé ses activités de banque et d’assurance en Russie, et avoir conclu un accord en vue de céder la totalité de sa participation dans sa filiale russe Rosbank et les filiales d’assurance de cette dernière à Interros Capital. Ce fonds d’investissement russe était le précédent actionnaire de Rosbank.
Crédit Agricole SA a annoncé jeudi avoir acquis une participation de 9,18% au capital de la banque italienne Banco BPM, issue de la fusion en 2017 de Banco Popolare et Banca Popolare di Milano.
Les femmes sont largement sous représentées parmi les plus gros salaires de 10 établissements bancaires londoniens, a rapporté Bloomberg mercredi. D’après des données du gouvernement britannique arrêtées à avril 2021, elles représenteraient seulement 15,5% du quartile des effectifs les mieux payés, contre 14,9% en 2020. Un chiffre inférieur à celui, déjà faible, calculé par Bloomberg pour l’ensemble de l’industrie financière britannique qui ressort à 20,5%. Parmi les 10 banques recensées, Morgan Stanley affiche la pire proportion de femmes dans ses tops salaires, à 10,9% et Goldman Sachs la plus élevée à 22,4%. Du côté des salaires moyens, celui des femmes est 44,1% inférieur à celui des hommes.
La première banque espagnole Santander s’est dite vendredi en bonne voie pour atteindre son objectif de rentabilité pour 2022 et a maintenu ses objectifs à moyen terme. Le groupe a réitéré son objectif d’un rendement des capitaux propres tangibles (ROTE) supérieur à 13%, après 12,7% en 2021, malgré la flambée des prix de l'énergie et les conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Pour 2022, Santander a également maintenu son objectif d’un ratio de fonds propres durs (CET1) d’environ 12%, d’un taux de distribution de dividendes de 40% et d’un coefficient d’exploitation (charges rapportées aux revenus) de 45% contre 46,2% à la fin décembre. Santander n’est pas présente en Russie ou en Ukraine, et ses expositions directes en risque de crédit «sont négligeables, d’environ 80 millions d’euros», rappelle le groupe.
La première banque espagnole Santander s’est dite vendredi en bonne voie pour atteindre son objectif de rentabilité pour 2022 et a maintenu ses objectifs à moyen terme, alors que son assemblée générale annuelle se tient ce vendredi.
D’après Bloomberg, le géant de la technologie travaillerait à une nouvelle structure, entièrement internalisée, pour ses offres de paiement et de services financiers.
La Banque centrale européenne pointe des risques persistants sur le secteur bancaire, même si celui-ci est prêt pour affronter les conséquences de la guerre en Ukraine.
Citoyen. La Banque Postale Consumer Finance se lance dans le paiement fractionné et différé avec une nouvelle filiale baptisée Django. Son objectif ? Diffuser auprès des e-commerçants un ensemble de facilités de paiement « citoyen », c’est-à-dire conforme à son positionnement contre les risques de surendettement adopté il y a dix ans lors de sa création. Paiement en deux, trois ou quatre fois, ou bien à quinze jours, trente jours ou quarante-cinq jours, pour un montant maximal de 6.000 euros d’achat, l’offre se veut à la fois facile à intégrer pour les marchands et facile à utiliser pour les consommateurs. La Banque Postale Consumer Finance estime pouvoir accepter 95 % des candidats au Buy now pay later (BNPL). Actuellement en test auprès d’une dizaine de commerçants, Django fonctionne grâce à Stripe, en tant que prestataire de services de paiement, et à Pledg pour le scoring en remplacement d’Alma, qui a souhaité préserver son propre modèle opérationnel.
Toujours présent en Russie, HSBC a effacé de ses rapports d’analystes le mot « guerre », selon l’exégèse du Financial Times, mise au grand jour dans son édition du 28 mars dernier. La banque se place ainsi volontairement dans la position de la presse locale et de toute personne exprimant l’idée que la Russie agresse l’Ukraine, le pouvoir ayant annoncé des sanctions d’emprisonnement pour ce motif. HSBC laisserait entendre qu’elle veut ainsi protéger ses salariés locaux. Voilà tout de même une occasion perdue de se montrer fidèle à son engagement « ESG » (environnement, social et de gouvernance), ce que le Parlement britannique lui réclame de faire en quittant le pays. Mais apparemment, c’est mal connaître le groupe qui, il y a deux ans déjà, avait affiché un soutien officiel à la loi chinoise de maintien de l’ordre, destinée à réduire au silence les manifestants pro-démocratie de Hong Kong…
Les cinq grandes banques de l’Hexagone disposent, en cumulé, d’un coussin de 130 milliards d’euros pour faire face au conflit, selon une étude de Scope Rating publiée ce jeudi.