Mizuho Financial Group a signalé jeudi un nouveau dysfonctionnement de son système, entraînant l’arrêt de certaines transactions financières, un mois seulement après que les autorités de régulation ont réprimandé le troisième prêteur japonais pour une série de défaillances techniques. Les problèmes techniques de Mizuho cette année sont survenus malgré une refonte de 3,6 milliards de dollars (3,2 milliards d’euros) de ses systèmes en 2019 et ont entraîné une réprimande de l’Agence des services financiers (FSA) le mois dernier. Le directeur général de la banque, son président et le responsable de la principale unité bancaire vont tous quitter leurs fonctions d’ici avril.
Harris Associates, troisième plus gros actionnaires de Credit Suisse, a déclaré jeudi qu’il soutenait «à 100%» le président du conseil d’administration Antonio Horta-Osorio, après qu’une enquête interne de la banque a révélé qu’il avait enfreint une deuxième fois le protocole sanitaire. Le banquier a assisté à la finale de tennis de Wimbledon à Londres en juillet dernier sans respecter les règles de quarantaine imposées en Grande-Bretagne. Le dirigeant avait violé les règles suisses en novembre. «Nous considérons que ces infractions mineures ne sont rien d’autre que des distractions et que l’accent doit être mis sur le problème majeur qui se pose : le redressement de Credit Suisse», a réagi Harris Associates. Le principal journal helvétique, le Tages-Anzeiger, a appelé jeudi à la démission d’Antonio Horta-Osorio après moins d’un an à ce poste. Le sujet est particulièrement embarrassant pour le président du conseil d’administration, dans la mesure où il a été chargé de redorer l’image de la banque entachée par les affaires Archegos et Greensill Capital.
Les actionnaires de Banca Popolare di Sondrio ont approuvé mercredi le changement de statut de la banque, de mutuelle en société par actions ordinaire. Popolare di Sondrio est ainsi la dernière des dix grandes banques mutuelles du pays à se conformer à la réforme de 2015 visant à améliorer la gouvernance de ces établissements et à les rendre plus attractifs pour des investisseurs potentiels. Des actions en justice ont retardé l’application de la réforme. Popolare di Sondrio est considérée comme un partenaire de fusion possible pour sa rivale BPER Banca, dont l’actionnaire principal, UnipolSAI, est également actionnaire de Pop Sondrio avec une participation de 9,5%. La banque distribue en outre les produits d’assurance d’UnipolSAI.
Le régulateur financier allemand, BaFin, a annoncé mercredi avoir infligé une amende de 8,66 millions d’euros à Deutsche Bank pour des contrôles insuffisants sur le taux interbancaire en euros, Euribor. «La banque n’avait pas toujours mis en place des systèmes, contrôles et politiques de prévention efficaces», a expliqué la BaFin. La banque allemande a déclaré qu’elle acceptait l’amende et qu’elle avait mis en place des mesures pour améliorer ses contrôles concernant l’Euribor. «Deutsche Bank n’a aucune indication que le problème sanctionné par l’amende ait conduit à des soumissions incorrectes à l’administrateur de l’indice de référence», a ajouté la banque.
Banca IFIS a annoncé mardi que sa société mère, La Scogliera, une société holding appartenant à la famille Fuerstenberg, avait obtenu le feu vert pour transférer son siège social en Suisse en janvier. Cette opération permettra à Banca IFIS d’ajouter environ 4,5 points de pourcentage à ses ratios de fonds propres en annulant l’impact négatif lié aux règles bancaires de l’Union européenne. «Bien que la direction ait exclu toute distribution de capital extraordinaire, un ratio CET1 d’environ 16% lèvera toute incertitude sur les réserves de capital nécessaires pour soutenir la croissance et donnera une bonne visibilité sur les dividendes dans les années à venir», apprécient les analystes d’Equita SIM.
La banque allemande Aareal Bank a déclaré lundi que son directoire et son conseil de surveillance recommandaient aux actionnaires d’accepter l’offre de rachat faite par les sociétés américaines Advent International et Centerbridge Partners, estimant que l’offre était équitable. Les deux fonds proposent de racheter le prêteur allemand pour 1,7 milliard d’euros. La période d’acceptation de l’offre a débuté le 17 décembre et expirera le 19 janvier 2022.
Les salariés de BNL, la banque italienne de BNP Paribas, se sont mis en grève lundi pour la première fois depuis les années 90, afin de protester contre des réductions de personnel dans les services administratifs et informatiques. Les syndicats bancaires italiens ont déclaré que la grève était «un grand succès». Les chiffres officiels sur la mobilisation n'étaient pas disponibles et un représentant de BNL n’a fait aucun commentaire, selon Reuters. L’appel à la grève visait à protester contre la décision de BNL de recourir à des sous-traitants extérieurs dans les services informatiques et le back-office, une réorganisation qui concerne, selon les syndicats, 900 salariés sur un effectif total de 11.500 en Italie. Les syndicats dénoncent aussi la vente à Worldline d’une participation de 80% dans la filiale italienne d’Axepta, spécialisée dans le traitement des paiements par carte.
Piraeus Bank a annoncé lundi la vente d’une partie de ses créances douteuses titrisées à Intrum et Serengeti Asset Management. Cette transaction s’inscrit dans le cadre du programme de transformation Sunrise de la banque grecque. Le portefeuille Sunrise II comprend environ 47.000 prêts aux particuliers et aux entreprises, pour une valeur comptable brute de 2,7 milliards d’euros. Lors de l’annonce de la mise en vente début novembre, Piraeus Bank avait déclaré que la valorisation implicite correspondait à 47,4% de la valeur comptable brute du portefeuille. La banque conservera 5% des obligations mezzanine et junior de Sunrise II, conformément aux exigences réglementaires applicables, et la totalité des obligations senior.
Starling Bank s’apprête à acheter une entreprise de prêt pour tenter d’alimenter sa croissance avant son entrée en bourse. La banque numérique est à la recherche de sociétés allant des prêteurs aux petites entreprises aux fournisseurs de prêts hypothécaires, a expliqué au Mail on Sunday Anne Boden, sa fondatrice et directrice générale. Lancée en 2014, Starling est une banque sans agence, basée sur une application, qui fournit des services numériques à ses clients. Rentable, la banque, qui compte notamment Goldman Sachs parmi ses actionnaires, envisage une introduction en bourse dès la fin de l’année prochaine, à Londres.
Le Fonds de résolution du Portugal a injecté 112 millions d’euros dans Novo Banco, issu de l’effondrement de Banco Espirito Santo (BES) en 2014. Novo Banco est détenue depuis 2017 à 75 % par la société américaine de capital-investissement Lone Star mais le Fonds de résolution détient encore 25 % de la banque. Le contrat de vente stipule que le Fonds doit injecter jusqu'à 3,9 milliards d’euros en cas de pertes dans un portefeuille d’actifs toxiques hérité de BES. Le Fonds a déjà fourni plus de 3 milliards d’euros de capital depuis 2018. Ces injections sont destinées à maintenir les ratios de solvabilité de la banque aux niveaux requis par les régulateurs.
Credit Suisse cherche à obtenir des informations par le biais des tribunaux américains, ce qui pourrait l’amener à engager une action en justice en Grande-Bretagne contre le japonais SoftBank pour récupérer des fonds qu’elle estime être en droit de réclamer après la faillite de la société de financement Greensill, selon des documents judiciaires américains. La banque suisse vise les 2,3 milliards de dollars (2 milliards d’euros) de prêts accordés par Greensill à trois contreparties, dont Katerra, soutenue par SoftBank, et pour lesquels des retards de paiement se sont accumulés. Elle cherche à établir ce que les dirigeants de SoftBank savaient des plans de restructuration de Katerra.
Santander prévoit de contester la décision de justice qui l’a condamnée à verser 68 millions d’euros à Andrea Orcel pour avoir changé d’avis sur sa nomination au poste de directeur général de la banque, indique Reuters. Santander a 20 jours ouvrables pour faire appel suivant la publication de la décision du 10 décembre. Le jugement - bien que financièrement abordable - a été un coup dur pour la présidente de Santander, Ana Botin, qui avait personnellement courtisé le dirigeant italien et s'était ensuite présentée au tribunal pour défendre le changement de cap de la banque.
Plusieurs fonds s’estimaient lésés par le refus du Conseil de résolution unique d’effectuer une valorisation de la banque après sa reprise par Santander.
La Banque centrale européenne (BCE) n’a fait aucune annonce sur une éventuelle nouvelle série d’opérations de refinancement ciblé à long terme (TLTRO), alors que la dernière tranche de la troisième série s’est terminée jeudi matin, avec 52 milliards d’euros levés pour trois ans par 159 banques. Mais elle a annoncé qu’elle s’attend à ce que les conditions d’emprunt spéciales (-1%) applicables aux opérations TLTRO 3 prennent fin en juin 2022… «Comme annoncé», alors que le vice-président Luis de Guindos avait indiqué que ce ne serait pas un sujet pour ce Conseil. «La BCE tente de rassurer sur le fait qu’elle surveillera les conditions de financement bancaire avec l’arrivée à échéance des grandes opérations de TLTRO (1.300 milliards en juin par exemple) ainsi que le cadre de son ‘tiering’ (mécanisme de rémunération des réserves bancaires à deux niveaux) afin d'éviter tout resserrement injustifié des conditions de liquidité», a commenté Frederik Ducrozet chez Pictet WM.
Projections. Dans le cadre de son nouveau plan stratégique, UniCredit prévoit d’accroître de façon significative son bénéfice net, de plus de 3,3 milliards d’euros en 2021 à plus de 4,5 milliards d’euros en 2024, soit une croissance annuelle moyenne de 10 %. Le rendement des fonds propres devrait atteindre à cet horizon 10 %, contre 7 % en 2021. La banque italienne entend par ailleurs choyer ses actionnaires via 16 milliards d’euros de distribution, sous forme de rachats d’actions ou de dividendes d’ici à 2024. « UniCredit affiche un plan assez ambitieux en termes d’efficacité opérationnelle et de rentabilité », perçoit le bureau d’études Octo Finances. La banque entend par ailleurs simplifier son organisation avec notamment une segmentation en quatre régions (Italie, Allemagne, Europe centrale et Europe de l’Est).