Transocean tire les conséquences du ralentissement des forages offshore
Transocean prend des mesures radicales face au ralentissement de la demande pour les forages pétroliers. Après avoir analysé la valeur de ses actifs, le premier opérateur mondial de plates-formes offshore, coté aux Etats-Unis et en Suisse, a l’intention de procéder à une dépréciation «supérieure à 2 milliards de francs suisses» (1,85 milliard d’euros) dans ses comptes statutaires suisses.
Cette dépréciation comptable, sans impact sur la trésorerie, fera néanmoins passer le montant de ses actifs nets en dessous du seuil de 50% des fonds propres (capital social et réserves statutaires). Afin de compenser cette perte, Transocean réduira la valeur nominale de chaque action à 0,10 franc, contre 15 francs actuellement.
Le groupe compte par ailleurs annuler les deux derniers versements d’un dividende annuel fixé à 0,60 dollar par action lors de son assemblée générale de mai dernier. Etant donné que les deux premiers acomptes, équivalent à 0,15 dollar chacun, ont déjà été déboursés, Transocean économisera ainsi 110 millions de dollars (96 millions d’euros). Ces mesures seront soumises à l’approbation des actionnaires convoqués en assemblée générale extraordinaire le 29 octobre prochain. Ces derniers devront également approuver la nomination à la tête du conseil d’administration de Jeremy Thigpen, directeur général du groupe depuis avril 2015.
L’action a chuté de 8% à Zurich hier suite à ces annonces, ce qui porte à près de 39% sa baisse cumulée depuis le début de l’année. La valeur figure ainsi en queue de peloton du Swiss Market Index, qui regroupe les 20 premières capitalisations boursières de la cote helvétique. En début de semaine, Moody’s a placé sous surveillance avec implication négative la note de Transocean et de dix autres opérateurs de forage en eaux profondes, jugeant que la baisse de la demande liée au plongeon des cours pétroliers aura un impact d’autant plus important sur le secteur que des navires nouvellement construits vont s’ajouter à une offre déjà excédentaire. Ces acteurs «feront face à des conditions d’exploitation très difficiles jusqu’en 2017 au moins», a souligné Sajjad Alam, analyste de l’agence américaine.
Propriétaire de la plate-forme Deepwater Horizon qui a explosé en 2010 au large des côtes du Mexique, Transocean a été impliqué, avec BP et Halliburton, dans la marée noire qui a suivi la catastrophe. En mai dernier, il a réglé à l’amiable pour 1 milliard de dollars le contentieux qui en découlait.
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