L’IFA invite les conseils à améliorer leur évaluation
L’Institut français des administrateurs (IFA) a présenté vendredi ses propositions pour améliorer l’évaluation du conseil. «Nous nous adressons aux sceptiques qui y vont à reculons car c’est obligatoire, explique Agnès Touraine, présidente de l’IFA. Bien conduite, l’évaluation est une pratique simple, rapide et peu dispendieuse».
Trop souvent en France, cette évaluation est vécue comme une notation, alors qu’elle vise à extraire de la valeur, et est très naturelle chez les anglo-saxons. L’IFA propose ainsi de parler d’«évaluation de la gouvernance et plan d’amélioration de sa contribution à l’entreprise».
Si 100% du CAC 40 et 94% du SBF 120 évaluaient leur conseil en 2013, contre respectivement 89% et 69% en 2009, les valeurs moyennes on encore du chemin à parcourir avec 60% d’évaluation (20% en 2009), selon les chiffres d’EY.
Au-delà des recommandations posées par les codes Afep-Medef et MiddleNext, l’évaluation du conseil permet de le perfectionner et de maintenir son niveau d’efficacité, mais aussi d’améliorer le soutien qu’apporte le conseil au management. Ce travail permet d’identifier les points qui n’ont pas reçu d’attention suffisante lors des derniers conseils, mais également d’anticiper les gestions de crise. Quant à la stratégie, elle doit être définie de manière harmonieuse entre le comité dédié et le conseil. Le conseil ne doit pas déléguer la stratégie au comité, ni repenser entièrement celle présentée par le comité.
Afin de bien pouvoir évaluer le conseil, il faut au préalable définir son rôle. L’évaluation doit permettre de mesurer la contribution personnelle de chacun des membres. Pour Yves Dumont, rapporteur du groupe de travail de l’IFA, chaque administrateur devrait se demander quel a été son apport au conseil, et ce qui manquerait au conseil s’il n’y siégeait pas. Plus qu’un questionnaire fermé, un guide d’entretien paraît plus adapté. Quoi qu’il en soit, les travaux doivent être menés de manière impartiale et dans la plus parfaite confidentialité.
Les résultats seront communiqués au président, puis aux administrateurs, pour pouvoir décider des mesures concrètes à prendre qui seront inscrites au procès verbal du conseil. Un partage avec le management aide à cette amélioration. En revanche, une communication externe soulève davantage de débats. En effet, les résultats complets doivent rester confidentiels, sinon les administrateurs s’autocensureront.
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