L’hypothèse de rachat de Worldpay par Ingenico inquiète le marché
L’hypothèse de rachat de Worldpay par Ingenico inquiète les investisseurs.Le spécialiste de solutions de paiement sécurisées aurait soumis la semaine dernière une offre de rachat, valorisant son concurrent britannique plus de 6 milliards de livres (plus de 8 milliards d’euros), selon des sources proches du dossier. Pour l’heure, l’intéressé s’est refusé à tout commentaire.
Mais sur ces rumeurs, Ingenico a cédé vendredi 7,90% à 11,40 euros, lanterne rouge du SRD. Toutefois, l’action gagne encore 50% sur un an, cinquième meilleure progression du SBF 120. Le groupe français, qui ne se valorise plus que 6,8 milliards d’euros en Bourse, croquerait plus gros que lui. Or, Ingenico n’a pas l’expérience d’opérations aussi importantes, d’autant que Worldpay est toujours déficitaire. Sa dernière acquisition, GlobalCollect, pour 820 millions d’euros, date de l’été 2014.
Le mois dernier, Ingenico se targuait d’avoir une «situation financière solide adaptée au plan de croissance du groupe». Fin juin 2015, le groupe affichait un ratio d’endettement (gearing) de 32% et un ratio dette nette sur Ebitda (excédent brut d’exploitation) de 0,9 fois, contre 1,8 fin 2014. L’endettement net ressort à 441 millions d’euros. En juin, Ingenico avait émis 500 millions d’euros d’obligations convertibles (Oceanes) à échéance 2022, ne portant aucun intérêt. De plus, fin juillet, Ingenico a relevé ses objectifs pour 2015 et anticipe désormais une hausse de 10 à 12% de son chiffre d’affaires en comparables, pour une marge d’Ebitda supérieure ou égale à 22%.
Worldpay, qui appartient aux groupes de capital investissement Advent International et Bain Capital, prévoit plutôt pour le moment de s’introduire sur la Bourse de Londres à l’automne. La valorisation évoquée de 6 milliards de livres, comprenant une dette de 2,3 milliards fin juin, en ferait l’une des plus importantes IPO de l’année. Un groupe qui pourrait alors prétendre à entrer dans le FTSE 100.
Toutefois, les fonds vendeurs pourraient préférer une cession, si une bataille entre potentiels acquéreurs faisait monter les prix. En début de semaine dernière, le marché évoquait déjà l’intérêt du groupe allemand Wirecard pour cette cible. Des investisseurs financiers seraient également sur les rangs, notamment CVC ou encore un consortium regroupant les fonds américains Blackstone et Hellman & Friedman.
Advent et Bain avaient acquis Worldpay en 2010 auprès de Royal Bank of Scotland pour environ 2 milliards de livres.
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