L’Etat encaisse les premiers bénéfices de la loi Florange
Critiqués par de nombreux actionnaires, les droits de vote double instaurés par la loi dite Florange de mars 2014 constituent un excellent outil de valorisation du patrimoine de l’Etat actionnaire. Quelques semaines après l’assemblée générale d’Engie (ex-GDF Suez) qui a validé le principe des droits de vote double, l’Agence des participations de l’Etat engage avantageusement la cession d’une partie du capital du groupe d’énergie sans pour autant perdre de son influence.
La vente au fil de l’eau, dans un délai de 3 mois maximum, de 0,9% du capital va faire descendre la participation de l’Etat de 33,24% à 32,34%. Mais grâce au dispositif instauré par la loi Florange, son poids en droits de vote restera toujours au-dessus des 33,33%, seuil que la loi de privatisation de GDF lui interdit de franchir à la baisse. En théorie, l’Etat a même la possibilité de descendre un peu plus bas. En effet, la loi Florange accepte que la participation de l’Etat puisse temporairement être inférieure au seuil légal de détention à condition qu’il repasse au-dessus de ce niveau, en capital ou des droits de vote, dans un délai de deux ans. Or, la loi Florange accorde les droits de vote double au bout de deux années de détention au porteur ou 2 ans après sa promulgation si ceux-ci étaient détenus antérieurement.
«Cette cession s’inscrit dans le cadre d’une politique de gestion active des participations de l’Etat, qui doit permettre de préserver les intérêts patrimoniaux et stratégiques de l’Etat tout en dégageant des ressources pour contribuer à l’effort de désendettement et réinvestir dans des entreprises de secteurs porteurs de développement économique», explique le communiqué des ministres de l’Economie et des Finances. Au cours d’hier, la part de 0,9% dans Engie est valorisée environ 370 millions d’euros. Sa cession ne suffira donc pas à couvrir les besoins totaux de recapitalisation d’Areva.
En choisissant la voie d’un placement au fil de l’eau, l’Agence des participations de l’Etat, qui mène la cession, s’évite les quelques points de décote qu’elle aurait eu à subir en cas d’un placement accéléré des actions sur le marché. Plusieurs banques ont été mandatées pour vendre les 22 millions d’actions concernées à leur entière discrétion.
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