Le partage de la valeur ajoutée est similaire en France, en Allemagne et au Royaume-Uni
A la veille de la saison des assemblées générales, L’Hebdo des AG dévoile la quatrième édition de son étude sur le partage de la valeur ajoutée au sein du SBF 120. Sur les 220 milliards d’euros de trésorerie du SBF 120 fin 2014, 55% ont été consacrés aux investissements de production, 23% aux dividendes et rachats d’actions, 7% aux acquisitions, 2% au désendettement et 13% restent disponibles.
«En termes de partages de valeur ajoutée, les entreprises allemandes et britanniques affichent des stratégies assez comparables, avec un quart de la trésorerie consacrée au retour aux actionnaires, un gros tiers de disponibilités, et le solde en investissement de production, explique Bénédicte Hautefort, éditrice de L’Hebdo des AG. En revanche, aux Etats-Unis, une partie des liquidités est consacrée au désendettement ».
En France, de fortes disparités apparaissent entre le CAC 40 (avec 57% d’investissements de production et près d’un tiers de retour aux actionnaires) et le Next 80 (avec plus d’un quart de la trésorerie consacré aux acquisitions, et seulement 17% retournés aux actionnaires). A la différence du CAC 40, les sociétés du Next 80 sont davantage concentrées sur un métier et ont moins d’actifs à céder pour financer leur croissance externe.
De fait, les activités opérationnelles ont couvert 84% des besoins de trésorerie du CAC 40 et 66% de ceux du Next 80. Le solde est assuré par les augmentations de capital (18% pour le Next 80 et 5% pour le CAC 40), par les cessions (8% pour le CAC 40) ou par l’endettement (16% pour le Next 80). Conséquence de ces politiques, le CAC 40 devrait verser des dividendes en hausse de 23% cette année et le Next 80 en recul de 16%. Pour le premier, «le défi est d’être perçu tout de même comme des sociétés en croissance » et pour le second «l’enjeu est d’adopter un positionnement boursier de société en croissance, grâce aux acquisitions récentes notamment», poursuit Bénédicte Hautefort.
Plus largement, les entreprises devront expliciter l’écart entre le bénéfice net (+33% pour le CAC 40 et +200% pour le Next 80) et le cash flow opérationnel (-5% pour le CAC 40 et +15% pour le Next 80). « La croissance du BFR est un point sensible, souligne l'étude. Les entreprises peuvent notamment l’expliquer par leur internationalisation, avec des délais de paiements beaucoup plus longs en Asie ».
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