Le nouvel avertissement sur résultats de Bilfinger sape le reste de sa crédibilité
La fiabilité des prévisions de Bilfinger semble désormais inexistante après son nouvel avertissement sur les bénéfices lancé hier, le troisième depuis le début de l’été. La révision en baisse est cette fois particulièrement importante, puisque le groupe de BTP prévoit dorénavant pour l’exercice en cours un résultat d’exploitation avant survaleurs (Ebita) «d’au moins 270 millions d’euros» sur ses activités poursuivies, contre une fourchette comprise entre 340 et 360 millions annoncée début août et une autre de 380 à 400 millions anticipée fin juin. A titre de comparaison, il avait dégagé l’an dernier sur cette même base un résultat de 419 millions d’euros.
Quant au bénéfice net ajusté des opérations poursuivies, il devrait au minimum s’élever à 160 millions, contre une précédente estimation comprise entre 205 et 220 millions et un niveau de 255 millions atteint en 2013. Le groupe allemand passera d’autre part «une dépréciation d’actifs de 30 millions d’euros sur une usine polonaise qui fabrique des pièces en acier destinées à des turbines éoliennes». Sa production annuelle, indicateur équivalent au chiffre d’affaires, devrait ressortir légèrement en dessous de son objectif de 7,7 milliards.
Ces dernières prévisions découlent d’une nouvelle évaluation des risques effectuée par Herbert Bodner, qui assure l’intérim à la présidence du directoire après la démission de Roland Koch voici un mois. «Le changement à la tête du groupe et les nouveaux processus mis en place nécessitent davantage de temps pour faire sentir leurs effets», souligne Bilfinger, en ajoutant que «la situation difficile des marchés pétroliers et gaziers en Europe joue également un rôle». La branche énergétique souffre d’une faiblesse des capacités d’utilisation et du bas niveau des prix dans la région.
En pleine réorganisation destinée à transformer le groupe en fournisseur de services pour l’industrie, Bilfinger projette de communiquer ses objectifs à moyen terme lors de la publication des résultats du troisième trimestre prévue le 12 novembre. L’action a terminé la séance en baisse de 9,5% à 53,9 euros, ce qui porte à 34% sa perte de valeur depuis le début de l’année. Parmi ses actionnaires figurent le fonds Cevian Capital, qui détient environ 20% de l’entreprise, ainsi que Blackrock Asset Management qui possède une participation de 3%.
Plus d'articles du même thème
-
Les entreprises payent plus cher leurs émissions obligataires
Les transactions ont repris la semaine passée sur le marché primaire euro. La demande est là mais exige d'être rémunérée pour un niveau de risque jugé plus élevé. -
Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Le géant américain de la technologie veut continuer à réduire ses effectifs. Il propose un plan de départ volontaire à plus d'un quart de ses salariés. Seuls les Etats-Unis, le Canada, l'Inde et le Royaume-Uni sont concernés. -
La pause attendue de la Fed masque de gros enjeux de communication
Les données récentes sur l’économie et sur l’inflation renforceraient la nécessité d'une nouvelle hausse des taux de la Fed ce mercredi. Mais les rares indications fournies par les responsables de la banque centrale suggèrent une pause, anticipée par les marchés de taux, et transforment ce rendez-vous en point de bascule autour de la communication.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
Contenu de nos partenaires
-
Victoire à la PyrrhusBrésil : pourquoi le nouveau mandat de Lula s'annonce difficile
Le président brésilien de gauche peut se réjouir de sa spectaculaire remontada mais la forte progression du nombre de parlementaires bolsonaristes devrait compliquer son mandat -
EditorialVive la sélection à l’université !
Dans une société qui postule la singularité de chaque individu, la sélection ne peut pas ne pas exister. Et ce n’est pas une mauvaise chose -
Réforme de Parcoursup, rénovations, classes moins chargées : les concessions du gouvernement en réponse aux lycéens
Malgré l'annonce de quinze mille places supplémentaires et de prêts massifs pour rénover les établissements, les syndicats maintiennent la pression et appellent à manifester