Le gouvernement japonais veut s’attaquer aux tarifs des opérateurs télécoms
A leur place, les opérateurs de télécoms français seraient blasés. En revanche, les groupes japonais n’étaient absolument pas préparés à une telle ingérence publique dans leurs affaires. Lors d’une conférence organisée en fin de semaine dernière, le Premier ministre Shinzo Abe a jugé les prix des télécoms trop élevés dans l’Archipel au point de peser de plus en plus sur le budget des ménages.
La facture téléphonique des Japonais, fixe et mobile, représentait 4,9% des dépenses annuelles d’un ménage en 2014 contre 4,1% il y a dix ans, indique le gouvernement. Engagé dans une bataille pour relancer la consommation au Japon, Shinzo Abe ferait donc désormais des télécoms une arme pour améliorer le pouvoir d’achat des Japonais.
En moyenne 62 dollars mensuels
Akira Amari, le ministre de l’Economie, a été officiellement chargé par le Premier ministre de réfléchir à la façon de faire baisser les prix dans les télécoms. «Certaines personnes estiment que la structure à trois acteurs est devenue si solide que la concurrence ne fonctionne plus», a expliqué le ministre de l’Economie. En France, l’argument consumériste avait été poussé par le gouvernement Fillon de l’époque pour motiver l’attribution d’une quatrième licence de téléphonie mobile à Free en 2010.
Shinzo Abe osera-t-il aller aussi loin? La perspective de la création d’un nouvel opérateur n’est pas évoquée pour l’instant. Même s’il n’a pas de pouvoir direct pour intimer aux opérateurs une baisse de leurs prix, le gouvernement pourrait faire pression pour obtenir une plus grande différenciation dans les tarifs. L’arrivée des smartphones et du très haut débit mobile a tiré les prix des abonnements vers le haut alors que certains consommateurs n’utilisent pas ces nouveaux services. Le gouvernement a calculé qu’un Tokyoïte paye 7.500 yens (62 dollars) par mois pour utiliser son smartphone, contre 5.400 yens pour un Coréen du Sud.
Les déclarations de Shinzo Abe ont été prises au sérieux. Lundi, le cours de NTT DoCoMo a chuté de 9,8%. Son concurrent KDDI a plongé de 8,58% et Softbank a perdu 5,5%.
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