Le gouvernement échauffe la compétition sur la vente de Dailymotion par Orange
Emmanuel Macron ne mettra pas son veto à la vente de Dailymotion comme Arnaud Montebourg l’avait fait en mai 2013. Mais le ministre de l’Economie a fait savoir hier qu’il surveillera de près le processus de cession que pourrait engager Orange, propriétaire à 100% du numéro deux mondial des vidéos sur internet après YouTube. «Nous avons demandé à Orange de prendre en compte les éléments de la souveraineté numérique européenne», a indiqué au Monde le ministre de l’Economie.
Ainsi, avant d’engager d’éventuelles négociations exclusives avec un acteur asiatique intéressé, comme le hongkongais PCCW, Orange est fermement incité par son premier actionnaire à examiner des offres émanant d’acteurs européens, voire français. Hier, Orange a confirmé chercher un partenaire pour Dailymotion mais a de nouveau assuré qu’aucune négociation exclusive n’avait été ouverte avec qui que ce soit. «Aucun processus concurrentiel n’a encore été lancé par Orange», a précisé à L’Agefi une source du secteur. Les candidats au rachat de Dailymotion, même partiel, ne devraient pas manquer.
Le nom de Fimalac revient avec insistance. Depuis quelques mois, la holding de Marc Ladreit de Lacharrière rachète quasiment tout ce qui passe dans les médias sur internet (jeuxvideo.com, Allociné, 750 Grammes…). Selon l’AFP, l’annonce récente de discussions entre Orange et PCCW l’aurait incité à accélérer le montage de son offre.
Vivendi, dont les poches sont encore plus garnies que celles de Fimalac, est également à l’affût. «Le groupe est fortement intéressé», assure une source. Dailymotion répondrait à la volonté de développement de Vivendi dans les médias et pourrait également s’appuyer sur Vevo, la plate-forme de diffusion de clips musicaux lancée par Vivendi notamment pour promouvoir les artistes d’Universal Music Group. Selon Le Monde, les allemands Bertelsmann et Axel Springer surveilleraient également le dossier.
Dailymotion a réalisé 70 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2014, dont 90% à l’étranger. Selon une source industrielle, le site de vidéos pourrait valoir autour de 300 millions d’euros. Orange avait acquis 51% du groupe début 2013, pour 61 millions d’euros, en plus des 66 millions déboursés en 2012 pour les premiers 49%.
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